Psychologue, psychothérapeute, psychopraticien : l’essentiel
En France, psychiatre, psychologue et psychothérapeute sont des titres protégés par la loi. Le psychiatre est médecin, le psychologue a un diplôme universitaire de psychologie de haut niveau, le psychothérapeute est inscrit à un registre national après une formation en psychopathologie clinique. Psychopraticien, Gestalt-thérapeute ou hypnothérapeute ne sont pas des titres réglementés : ce qui compte alors, c’est la formation suivie, le travail personnel du praticien et le code de déontologie auquel il adhère.
Je précise d’emblée d’où j’écris : je suis Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute, je ne suis ni psychologue, ni psychothérapeute, ni médecin. Cette page explique ce que chaque titre garantit, et ce qu’il faut vérifier quand le praticien n’en porte aucun, ce qui est mon cas.
Les trois titres protégés : que garantit chacun ?
Un titre protégé, c’est un nom de métier que seules les personnes remplissant des conditions fixées par l’État ont le droit d’utiliser. Celui qui s’en sert sans droit commet un délit. L’article 433-17 du Code pénal punit cet usage d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
Le psychiatre
C’est un médecin qui s’est spécialisé en psychiatrie après ses études de médecine. Il pose des diagnostics, il est le seul des quatre à pouvoir prescrire des médicaments, et il peut proposer une hospitalisation, ou la demander quand la sécurité de la personne l’exige. Sa consultation est remboursée par l’Assurance maladie, comme celle des autres médecins.
Le psychologue
L’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 réserve l’usage professionnel du titre aux titulaires d’une formation universitaire « de haut niveau en psychologie », dont la liste est fixée par décret. Dans les faits, cela correspond à cinq ans d’études à l’université. Le même article renvoie à l’article 433-17 du Code pénal en cas d’usurpation. Le psychologue ne prescrit pas de médicaments ; il peut faire passer des tests et proposer un accompagnement psychologique.
Le psychothérapeute
Le titre existe en droit depuis l’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004. Il est « réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes », tenu par l’agence régionale de santé (ARS). Le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 fixe la formation exigée : 400 heures minimum en psychopathologie clinique et un stage de cinq mois. Les médecins, les psychologues et les psychanalystes enregistrés dans l’annuaire de leur association en sont dispensés en tout ou partie.
Un point surprend souvent : la loi réserve l’accès à cette formation aux titulaires d’un doctorat de médecine ou d’un master de psychologie ou de psychanalyse. Le psychothérapeute est donc le plus souvent un psychiatre, un médecin ou un psychologue qui a ajouté ce titre. À titre transitoire, le décret de 2010 a aussi permis d’inscrire des praticiens qui justifiaient déjà de cinq ans de pratique de la psychothérapie. Cyrille Bouvet et Abdel Halim Boudoukha, professeurs de psychologie clinique, notent que les études de psychologie n’offrent « au mieux » que les bases de la psychothérapie. Ils jugent très souhaitable de se former ensuite dans une école spécialisée (Les 22 grandes notions de la psychologie clinique et de la psychopathologie, Dunod, 2021).
| Professionnel | Formation exigée | Prescrit des médicaments | Remboursement | Texte |
|---|---|---|---|---|
| Psychiatre | Études de médecine, spécialité psychiatrie | Oui | Oui, comme une consultation médicale | Code de la santé publique (profession médicale) |
| Psychologue | Diplôme universitaire de psychologie de haut niveau (bac + 5) | Non | Seulement avec Mon soutien psy, chez un psychologue partenaire | Loi n° 85-772, art. 44 |
| Psychothérapeute | Inscription au registre national après 400 h de psychopathologie et 5 mois de stage, ou dispense | Non, sauf s’il est aussi médecin | Non, sauf s’il est aussi médecin ou psychologue partenaire | Loi n° 2004-806, art. 52 ; décret n° 2010-534 |
| Psychopraticien, Gestalt-thérapeute, hypnothérapeute | Aucune exigence légale ; formation propre à chaque école | Non | Non par l’Assurance maladie | Aucun titre réglementé |
Psychopraticien, Gestalt-thérapeute, hypnothérapeute : des métiers sans titre réglementé
Le mot « psychothérapie » est libre : la loi protège le titre, pas l’activité. Beaucoup de praticiens formés dans des écoles privées exercent donc la psychothérapie sans pouvoir se dire psychothérapeutes. Ils utilisent alors le nom de leur méthode (Gestalt-thérapeute, hypnothérapeute, thérapeute de couple) ou le terme de psychopraticien.
Le psychanalyste est dans une situation proche : son titre n’est pas réglementé non plus, même si les mêmes auteurs rappellent qu’un professionnel sérieux sort d’une école de psychanalyse (Bouvet et Boudoukha, ouvrage cité).
L’absence de titre ne dit rien, à elle seule, de la qualité du travail. Elle veut dire que l’État ne contrôle pas la formation à votre place, si bien que c’est à vous de poser les questions, et au praticien d’y répondre clairement. Dans la préface de Ma bible des psychothérapies, ouvrage collectif de praticiens de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P), l’autrice rapporte la question la plus posée au premier rendez-vous. « Est-ce pareil que chez le psychiatre ou chez le psychologue ? » Sa réponse est non.
Qu’est-ce qui est remboursé, et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
La consultation chez un psychiatre est prise en charge par l’Assurance maladie, comme chez tout médecin.
Chez un psychologue, le dispositif Mon soutien psy s’adresse, selon ameli.fr (page mise à jour le 16 septembre 2026), aux personnes en souffrance psychique d’intensité légère à modérée. Il permet jusqu’à 12 séances par année civile à 50 euros, remboursées à 60 % par l’Assurance maladie. Il est ouvert dès 3 ans, et l’on peut y aller directement ou passer par son médecin ou sa sage-femme. Seuls les psychologues partenaires de l’Assurance maladie y participent.
Les séances chez un Gestalt-thérapeute, un hypnothérapeute ou un psychopraticien ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie. Certaines mutuelles prévoient un forfait pour ces accompagnements : le seul moyen de le savoir est de lire votre contrat ou d’appeler votre mutuelle. Mes tarifs sont affichés sur la page de la thérapie individuelle à Paris 12.
Comment vérifier le sérieux d’un praticien ?
Quand le titre ne garantit rien, ce sont des faits précis qui renseignent. Vous pouvez poser ces questions à tout praticien, moi compris :
- Où vous êtes-vous formé, et combien de temps ? Un cursus en plusieurs années dans une école identifiée n’a rien à voir avec un stage de quelques week-ends.
- Avez-vous fait vous-même une thérapie ? En Gestalt, c’est une condition de base, et Gordon Wheeler et Lena Axelsson jugent inquiétant que certaines écoles allègent cette exigence, car on ne peut accompagner l’histoire d’un autre sans avoir traversé la sienne (Gestalt Therapy, American Psychological Association, 2015).
- Êtes-vous supervisé ? La supervision, c’est le regard d’un praticien expérimenté sur le travail en cours, sous le même secret professionnel. Pour ma part, je suis en supervision, avec plus de 250 heures de supervision cumulées.
- À quelle fédération adhérez-vous, et quel code de déontologie suivez-vous ? Un code de déontologie écrit vous donne aussi un recours en cas de problème.
- Que se passe-t-il si je vais mal entre deux séances, ou si je prends un traitement ? Un praticien sérieux connaît ses limites et sait vers qui vous orienter.
Phil Joyce et Charlotte Sills, deux formateurs britanniques en Gestalt, insistent sur le contrat posé dès le début (Skills in Gestalt Counselling & Psychotherapy, Sage, 2014). On y dit ce qui reste confidentiel, les limites de ce secret en cas de danger grave pour vous ou pour autrui, et les conditions d’arrêt. Méfiez-vous d’un praticien qui promet une guérison, vous demande d’arrêter un traitement ou rend la relation floue.
Et moi, qui suis-je ?
Je ne porte aucun des trois titres protégés. Je ne suis pas inscrit au registre national des psychothérapeutes, je ne suis pas psychologue et je ne suis pas médecin. Je n’emploie donc aucun de ces titres sur ce site.
Ce que je suis, et que vous pouvez vérifier :
- Gestalt-thérapeute, formé aux quatre cycles de l’IFFP (Institut français de formation psychocorporelle), après cinq années de travail personnel en Gestalt-thérapie ;
- hypnothérapeute certifié en hypnose ericksonienne et humaniste par l’IFHE ;
- praticien en PNL ;
- membre de la FF2P, dont j’applique le code de déontologie de la psychothérapie ;
- secouriste en santé mentale ;
- en supervision, plus de 250 heures cumulées à ce jour.
Un praticien qui n’est pas médecin ne pose pas de diagnostic médical, ne prescrit pas de médicament et ne modifie pas un traitement : cela reste le rôle du médecin. En séance, on parle de ce que vous vivez et de la façon dont vous le vivez, avec la Gestalt-thérapie et, quand c’est utile, l’hypnose thérapeutique. Mon parcours complet est sur la page quel thérapeute est Stéphane Wioland.
Comment je pose le cadre en première séance
Le cadre est toujours le même : parler de soi, et pas de l’autre. Parler de ce que vous vivez, et de la façon dont vous le vivez.
De son côté, le code de déontologie de la FF2P demande à tout praticien d’indiquer dès le début de la thérapie la méthode employée, les conditions de travail et d’annulation, les honoraires et le secret professionnel.
Quand consulter d’abord un médecin ou un psychiatre ?
Certaines situations demandent un avis médical avant tout accompagnement, ou en même temps :
- des idées noires, l’envie de ne plus être là, des pensées de suicide ;
- une tristesse ou un épuisement qui durent depuis des semaines et vous empêchent de fonctionner ;
- des crises d’angoisse répétées, des troubles du sommeil ou de l’alimentation importants ;
- un traitement en cours que vous voudriez arrêter ou modifier.
Si vous pensez au suicide, ou si vous vous inquiétez pour un proche, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 heures sur 24. En cas d’urgence vitale, appelez le 15. Les questionnaires d’auto-évaluation en santé mentale peuvent aider à faire le point, mais ils ne remplacent pas un avis médical. Pour l’angoisse au quotidien, la page sur la thérapie de l’anxiété et du stress explique comment je travaille.
Et à l’étranger ?
Les règles changent d’un pays à l’autre. Au Québec, d’après l’Ordre des psychologues du Québec, le titre de psychothérapeute et l’exercice même de la psychothérapie sont réservés : une personne qui n’est ni médecin ni psychologue doit détenir un permis délivré par cet ordre. Le Règlement sur le permis de psychothérapeute (RLRQ, c. C-26, r. 222.1, art. 6), consultable sur LégisQuébec, précise toutefois que « l’intervention conjugale et familiale » n’est pas de la psychothérapie. En Belgique, en Suisse ou ailleurs, renseignez-vous auprès de l’autorité de santé de votre pays : je préfère vous renvoyer vers elle plutôt que de résumer des règles que je n’ai pas vérifiées.
Questions fréquentes
Un psychopraticien peut-il se dire psychothérapeute ?
Non, sauf s’il est inscrit au registre national des psychothérapeutes de l’ARS. Sans cette inscription, utiliser le titre expose aux peines de l’article 433-17 du Code pénal. Il peut en revanche dire qu’il pratique la psychothérapie, car l’activité n’est pas protégée.
Quelle est la différence entre un psychologue et un psychiatre ?
Le psychiatre est médecin : il pose des diagnostics, prescrit des médicaments et sa consultation est remboursée. Le psychologue a fait cinq ans d’études de psychologie à l’université ; il ne prescrit pas, et ses séances ne sont remboursées que dans le cadre de Mon soutien psy.
Les séances chez un Gestalt-thérapeute sont-elles remboursées ?
Pas par l’Assurance maladie. Certaines mutuelles prévoient un forfait annuel pour ce type d’accompagnement : vérifiez votre contrat avant de commencer.
Le titre de psychanalyste est-il protégé ?
Non. Un psychanalyste sérieux a suivi la formation d’une école de psychanalyse, et beaucoup sont aussi psychiatres ou psychologues, mais la loi n’impose pas de diplôme pour se dire psychanalyste.
Pourquoi consulter un praticien qui n’a pas de titre protégé ?
Parce que la méthode et la relation comptent autant que le titre. La Gestalt-thérapie ou l’hypnose s’apprennent dans des écoles spécialisées, rarement à l’université. Ce qui doit vous rassurer, c’est une formation longue que le praticien peut nommer, son propre travail personnel, un code de déontologie écrit, et sa capacité à vous orienter vers un médecin quand c’est nécessaire.
Qui écrit ? Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg, 82 rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 12, et en visio. Son parcours est détaillé sur la page Stéphane Wioland, formation et façon de travailler.
Mis à jour le 26 octobre 2026. Textes de loi relus sur Légifrance et conditions de Mon soutien psy relues sur ameli.fr à cette date.
Cette page informe, elle ne remplace pas un avis médical. La Gestalt-thérapie et l’hypnose ne remplacent pas un suivi ou un traitement médical. En cas de détresse, parlez-en à votre médecin ou appelez le 3114.