Hypnose et arrêt du tabac : l’essentiel
Les études ne permettent pas d’affirmer que l’hypnose, à elle seule, aide davantage à arrêter de fumer qu’un autre accompagnement. La revue Cochrane de 2019 conclut à des preuves insuffisantes et, s’il existe un bénéfice, il serait au mieux petit. L’hypnose peut en revanche s’ajouter à un arrêt bien préparé, avec les aides dont l’efficacité est démontrée : l’accompagnement par un professionnel et les substituts nicotiniques.
Pour ces aides validées, votre médecin, votre pharmacien ou Tabac Info Service (39 89) sont les bons interlocuteurs. La séance d’hypnose dure 80 minutes et coûte 100 €, au cabinet à Paris 12 ou en visio.
Que conclut la revue Cochrane sur l’hypnose contre le tabac ?
La collaboration Cochrane rassemble des chercheurs qui relisent toutes les études publiées sur un traitement et en tirent un bilan. Sa revue sur l’hypnose et l’arrêt du tabac a été mise à jour en 2019 par Joanne Barnes et ses collègues de l’université d’Auckland. Elle ne retient que des essais où les fumeurs sont tirés au sort et suivis au moins six mois (Barnes et al., Cochrane, 2019).
Les auteurs ont trouvé 14 études, avec 1 926 participants en tout. Ces études comparaient l’hypnose à 22 groupes de comparaison différents : aucun traitement, des conseils brefs, un accompagnement de même durée, des médicaments. Elles étaient si différentes qu’un calcul commun à toutes n’a pas pu être fait.
La plupart des études ne trouvent pas de différence nette sur l’arrêt du tabac à six mois. Celles qui en trouvent ont souvent des défauts de méthode : une seule des quatorze études a été jugée à faible risque de biais. Quand l’hypnose est comparée à un accompagnement d’une durée égale, aucune différence nette n’apparaît, et la certitude de ce résultat est jugée faible.
La conclusion des auteurs tient en deux phrases. Les preuves ne suffisent pas pour dire si l’hypnose aide mieux à arrêter que d’autres formes de soutien ou qu’un arrêt sans aide. Et s’il existe un bénéfice, il est au mieux petit. La revue note aussi qu’aucune étude n’a montré d’effet nuisible, tout en précisant que les effets indésirables ont été peu recherchés.
Pourquoi les résultats sont-ils si discutés ?
Vous lirez en ligne des chiffres très élevés en faveur de l’hypnose, et ailleurs des pages qui la disent inutile, alors que les deux camps simplifient ce que montrent les études. Trois raisons expliquent ce flou.
Des études petites et de qualité inégale
Beaucoup d’essais portent sur quelques dizaines de personnes. Une seule étude de 40 participants trouve un net avantage à l’hypnose face à l’absence de toute aide, mais la revue Cochrane juge ce résultat de très faible certitude. Avec si peu de participants, quelques arrêts de plus ou de moins suffisent à changer la conclusion.
Des fumeurs déjà très motivés
Une personne qui prend rendez-vous chez un hypnothérapeute a souvent déjà mûri sa décision. Jane Ogden, chercheuse en psychologie de la santé, dans Psychologie de la santé (2014), décrit l’ambivalence : vouloir et ne pas vouloir la même chose en même temps. Tant que ce tiraillement reste fort, l’envie d’arrêter a du mal à devenir une vraie décision. Quand une étude recrute des volontaires déjà motivés, une partie de ce qu’elle mesure tient donc à leur motivation, ce qui rend l’effet propre de la méthode difficile à isoler.
L’effet de l’accompagnement lui-même
Être écouté, préparer une date et savoir qu’on reverra quelqu’un aident déjà, et c’est pour cette raison que la comparaison juste oppose l’hypnose à un accompagnement d’une même durée. Dans ce cas, la différence disparaît presque. Ce qui aide, dans une séance d’hypnose, tient peut-être autant à la relation et au temps passé qu’à la transe. Le tabac n’est qu’un des usages évalués : voyez l’ensemble des conclusions de l’Inserm sur l’hypnose.
Qu’est-ce qui aide le plus à arrêter de fumer selon les données ?
En France, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié en 2014 une recommandation sur l’arrêt du tabac. Elle place en première intention l’accompagnement par un professionnel (soutien psychologique, conseil, thérapies cognitives et comportementales) et les substituts nicotiniques : patchs, gommes, pastilles, inhaleurs. Pour une meilleure efficacité, elle recommande d’associer les substituts à cet accompagnement (HAS, Arrêt de la consommation de tabac, 2014).
D’autres médicaments existent, sur prescription médicale. La HAS les place en seconde intention, en raison de leurs effets indésirables possibles, après des substituts bien conduits. C’est à voir avec votre médecin.
En 2021, une autre revue Cochrane a regroupé 312 essais sur l’accompagnement non médicamenteux, avec plus de 250 000 participants. Le conseil par un professionnel, quelle que soit sa forme, augmente les chances d’arrêt, avec un niveau de preuve élevé. Les contenus centrés sur la motivation et sur la manière concrète d’arrêter semblent aussi utiles, avec des preuves moins solides (Hartmann-Boyce et al., Cochrane, 2021).
Le plus simple pour commencer est souvent d’appeler le 39 89. Tabac Info Service met en relation avec des professionnels de l’arrêt du tabac, propose une application et aide à trouver un tabacologue près de chez vous (tabac-info-service.fr). Votre pharmacien peut aussi vous conseiller sur les substituts nicotiniques.
Que peut apporter l’hypnose en complément ?
Sur ce point, la HAS écrit que le bénéfice de l’hypnothérapie dans l’arrêt du tabac « n’est pas établi ». Elle ajoute que cette approche n’a pas montré de risque majeur et qu’elle peut s’ajouter aux traitements recommandés. Selon elle, rien ne justifie d’en dissuader un patient qui le souhaite. La HAS demande aussi que l’on informe d’emblée la personne des aides dont le bénéfice est établi : c’est ce que fait cette page.
La revue Cochrane de 2019 va dans le même sens. Quand l’hypnose s’ajoute à un autre traitement, cinq petites études réunies, 224 personnes en tout, trouvent plus d’arrêts que sans hypnose. Les auteurs demandent de lire ce résultat avec prudence, car quatre de ces études présentent un risque élevé de biais.
Concrètement, l’hypnose peut être utilisée de plusieurs façons, sans que l’on puisse en promettre l’effet.
- Clarifier et renforcer vos raisons d’arrêter. Henri-Jean Aubin, Patrick Dupont et Gilbert Lagrue, dans Comment arrêter de fumer ? (2003), conseillent d’écrire ses quatre motivations principales sur un petit carton gardé sur soi, à relire dans les moments de doute.
- Traverser les envies de fumer. Les mêmes auteurs décrivent l’envie comme une vague faite de sensations dans le corps et de pensées, souvent déclenchée par une situation : le café, la fin du repas, l’alcool, la colère ou l’ennui.
- Vous voir autrement que comme un fumeur qui se prive. L’hypnothérapeute Jean-Luc Roquet, dans Libérez-vous de la cigarette ! (2017), précise que sa démarche n’a rien de « magique » et qu’il mêle en consultation pédagogie, bon sens, hypnose et autohypnose.
Pour savoir comment se passe une transe et ce qu’elle n’est pas, la page sur les mythes et le déroulement d’une séance d’hypnose répond aux questions les plus fréquentes.
Comment je travaille l’arrêt du tabac à Paris 12
En général, je propose une seule séance. Elle dure le plus souvent 80 minutes, selon l’expérience de la personne dans son sevrage, son expérience de l’hypnose et ses résistances inconscientes.
Après la séance, la personne expérimente seule sa capacité à arrêter, ou à recommencer à fumer.
D’expérience, la plupart des personnes constatent un effet en 1 à 3 séances, mais je ne peux pas le garantir.
Je ne parle pas des substituts nicotiniques en séance. Selon le niveau d’addiction, la personne peut aussi être accompagnée par un addictologue.
Combien de séances d’hypnose pour arrêter de fumer ?
Aucune étude ne permet de fixer un nombre. Les essais rassemblés par la revue Cochrane utilisaient des formats très différents, et aucun ne prouve qu’une séance unique suffise. Méfiez-vous donc des promesses d’arrêt garanti « en une séance » : aucune donnée publiée ne permet de garantir un tel résultat. Pour l’hypnose en général, la page combien de séances d’hypnose faut-il ? détaille la question.
La HAS conseille, pour l’aide à l’arrêt en général, des consultations dédiées, d’abord chaque semaine puis chaque mois. Elle recommande aussi de garder un accompagnement quand une personne choisit une approche dont le bénéfice n’est pas établi, pour pouvoir lui proposer les aides validées si besoin. Une séance d’hypnose peut donc s’ajouter à ce suivi, sans le remplacer.
Pour réserver une séance consacrée au tabac, au cabinet ou en visio, la page arrêter de fumer avec l’hypnose à Paris 12 présente l’accompagnement proposé au cabinet.
Prise de poids, manque, rechute : à quoi s’attendre ?
Le manque
Irritabilité, nervosité, difficulté à se concentrer, moral en baisse : ce sont des signes de manque de nicotine. D’après Aubin, Dupont et Lagrue, l’irritabilité passe en général en quelques jours ou quelques semaines, rarement plus de trois. Les envies de fumer sont les plus fortes dans les premiers jours, puis s’espacent. Les substituts nicotiniques, à dose suffisante, réduisent nettement ces signes : c’est une raison de plus de ne pas s’en priver.
Ces auteurs rappellent aussi que la détente procurée par la cigarette vient surtout du soulagement du manque. Les personnes qui arrêtent sont souvent moins anxieuses quatre semaines après l’arrêt qu’avant. Si vous fumez surtout pour faire face au stress, la page sur la thérapie de l’anxiété et du stress peut vous intéresser.
La prise de poids
Elle n’est pas systématique. Dans les données citées par Aubin, Dupont et Lagrue, environ un tiers des personnes ne prennent pas de poids en arrêtant. Les autres retrouvent en moyenne le poids qu’elles auraient eu sans tabac, avec de grandes différences d’une personne à l’autre. Les auteurs déconseillent de commencer un régime strict en même temps que l’arrêt : mieux vaut un objectif à la fois. Les substituts nicotiniques aident aussi à limiter cette prise de poids. Si le rapport à la nourriture vous pèse déjà, voyez la page sur la perte de poids et ce qui vous pèse.
La rechute
La HAS comme Aubin et ses coauteurs distinguent le faux pas de la rechute. Le faux pas, c’est une ou quelques cigarettes, suivies d’un retour immédiat à l’arrêt. La rechute, c’est le retour à une consommation quotidienne. Un faux pas n’efface pas l’effort fourni. Une rechute non plus : selon ces auteurs, elle apprend beaucoup sur ses propres situations à risque, et l’arrêt du tabac passe souvent par plusieurs essais. Ce que vous apprenez à chaque tentative vous servira pour la suivante.
Questions fréquentes sur l’hypnose et le tabac
L’hypnose pour arrêter de fumer est-elle reconnue par la HAS ?
Non, elle ne fait pas partie des traitements recommandés. La HAS juge que son bénéfice n’est pas établi, mais elle ne la déconseille pas : il n’y a pas de contre-indication à l’utiliser en plus des aides recommandées.
Peut-on faire de l’hypnose tout en utilisant des patchs ?
Oui. La HAS précise qu’il n’y a pas de contre-indication à associer ces approches aux traitements recommandés. Les substituts nicotiniques se discutent avec votre médecin ou votre pharmacien.
L’hypnose contre le tabac est-elle dangereuse ?
Les études réunies par Cochrane n’ont pas montré d’effet nuisible, et la HAS n’y voit pas de risque majeur. Les auteurs de la revue Cochrane signalent toutefois que ces effets ont été peu étudiés.
Pourquoi certains sites annoncent-ils des taux de réussite très élevés ?
Un taux de réussite n’a de sens que comparé à un groupe de fumeurs qui n’ont pas reçu d’hypnose, suivis aussi longtemps. Les essais construits ainsi, réunis par Cochrane, ne retrouvent pas de différence nette face à un accompagnement d’une même durée.
Une séance d’hypnose pour le tabac est-elle remboursée ?
Non. La séance d’hypnose coûte 100 € pour 80 minutes, au cabinet ou en visio. Les substituts nicotiniques, eux, sont pour la plupart remboursés à 65 % sur prescription (Assurance Maladie).
Pour aller plus loin sur l’hypnose en général, la page hypnose thérapeutique à Paris 12 et en visio présente la pratique du cabinet, et le blog du cabinet rassemble les autres articles.
Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio. Mise à jour le 27 octobre 2026.
L’hypnose ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. Pour les aides à l’arrêt du tabac, parlez-en à votre médecin, à votre pharmacien ou appelez Tabac Info Service au 39 89. Si votre moral baisse fortement après l’arrêt, consultez votre médecin ; en cas d’idées noires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.