Quand consulter en thérapie de couple : l’essentiel
Il est utile de consulter quand les mêmes disputes reviennent sans issue, quand vous n’arrivez plus à vous retrouver tous les deux, ou quand l’un de vous souffre de la situation. Inutile d’attendre que la crise soit installée : venir plus tôt laisse plus de marge pour changer ce qui coince.
S’il y a des coups, des menaces, des violences sexuelles, ou si l’un a peur de l’autre, la première étape est votre sécurité : le 3919, gratuit et anonyme, vous écoute et vous oriente. Une séance de couple dure 1 h 20 et coûte 140 € au cabinet (Paris 12e) ou 120 € en visio.
8 signes qu’il est temps d’en parler à deux
Aucun de ces signes, pris seul, ne veut dire que votre couple va mal. C’est leur durée, et le fait qu’ils reviennent malgré vos efforts, qui doivent vous alerter. Si votre couple traverse une période agitée, la page sur les différentes crises dans le couple aide à mettre un nom sur ce que vous vivez.
1. Les disputes tournent en boucle
Le sujet change (les courses, la belle-famille, l’argent), mais la scène est toujours la même et personne n’en sort apaisé. Vous pourriez presque écrire à l’avance ce que l’autre va répondre. Quand une dispute ne règle plus rien et use les deux partenaires, c’est souvent le premier motif qui amène un couple à consulter.
Pour comprendre pourquoi la même scène se rejoue, voyez la page sur les disputes qui reviennent sans cesse dans le couple. Pour apprendre à dire un besoin plutôt qu’un reproche, voyez cinq exemples de phrases en communication non violente. Quand la confiance se fissure et que la jalousie revient sans cesse, voyez comment comprendre la jalousie dans le couple.
2. L’un des deux se tait pour éviter le conflit
Le silence a l’air de calmer le jeu, mais ce qui n’est pas dit continue de peser. L’un renonce à parler de ce qui compte pour lui, l’autre a l’impression de parler à un mur, et la distance grandit sans bruit.
3. Les critiques et le mépris s’installent
Le reproche ne porte plus sur un fait (« tu as oublié ») mais sur la personne (« tu es toujours comme ça »). Le ton se fait moqueur, et les soupirs finissent par remplacer les phrases. Une étude américaine a suivi 73 couples mariés de 1983 à 1987. Ceux dont les échanges comptaient plus de négatif que de positif, avec plus de défense et de repli, étaient plus nombreux, quatre ans plus tard, à envisager la séparation ou à s’être séparés (Gottman et Levenson, 1992). Ce résultat décrit une tendance sur un groupe ; il ne dit rien de l’avenir de votre couple. La page sur le fait de se disputer tout le temps en couple décrit la critique, le retrait et la fuite, et ce qu’ils protègent.
4. Le désir s’est éteint
La tendresse et la sexualité ont disparu, et vous n’arrivez plus à en parler sans gêne ou sans reproche. Le désir varie au fil des années dans tous les couples. C’est le silence autour de ce sujet, et la souffrance de l’un des deux, qui méritent d’être regardés.
5. La confiance est blessée
Une infidélité, un mensonge découvert, un secret d’argent : la confiance est atteinte et chaque échange ravive la blessure. La page sur le couple après une infidélité décrit les étapes que traversent souvent les couples dans cette épreuve.
6. Une décision importante reste bloquée
Avoir un enfant ou non, déménager, partir vivre à l’étranger, se marier : l’un veut avancer, l’autre freine, et chaque discussion finit dans une impasse. Il ne s’agit pas de trancher à votre place, mais de comprendre ce que chacun protège en disant oui ou non. Quand l’un a déjà suivi l’autre à l’étranger et perd pied, voyez ce que vit le conjoint suiveur en expatriation.
7. Un changement de vie bouscule le couple
Une naissance, une maladie, une perte d’emploi, le départ des enfants ou la retraite changent la place de chacun. L’arrivée d’un enfant en est un exemple. Selon le chapitre sur le couple de l’ouvrage dirigé par Woldt et Toman, quand le couple doit aussi fonctionner comme un couple de parents, la tentation est grande de se replier sur les besoins de l’enfant et de délaisser le lien à deux (Gestalt Therapy: History, Theory, and Practice, 2005, p. 339). Ce qui se joue pour le couple dans les mois qui suivent une naissance est détaillé dans la page sur le couple après l’arrivée d’un bébé.
8. Vous ne vous reconnaissez plus
Vous vivez côte à côte comme deux colocataires, et vous ne savez plus très bien ce que vous faites ensemble, ni ce que l’autre attend de vous. Ce sentiment de ne plus se retrouver est, à lui seul, une bonne raison de prendre rendez-vous.
Si l’un de vous propose de faire une pause, c’est souvent le bon moment pour consulter : voyez les règles d’une pause qui aide le couple.
Pourquoi les couples attendent-ils avant de consulter ?
Beaucoup de couples ne demandent de l’aide qu’une fois leurs difficultés devenues lourdes. Une équipe de l’université de Californie a voulu comprendre ce délai en interrogeant 147 couples mariés qui étaient en train de chercher une thérapie (Doss, Atkins et Christensen, 2003).
Les chercheurs ont repéré trois étapes, assez indépendantes les unes des autres :
- reconnaître qu’il y a un problème ;
- envisager une thérapie ;
- faire la démarche de la demander.
Dans ces couples, les épouses franchissaient en moyenne chaque étape avant leur mari. L’étude, publiée en 2003, porte sur des couples mariés américains : elle ne dit rien de tous les couples, ni des couples d’aujourd’hui. Elle montre surtout qu’il est fréquent que les deux partenaires n’en soient pas au même point. Si vous lisez cette page seul ou seule, avant d’en parler à l’autre, vous êtes peut-être simplement une étape en avance.
Consulter quand tout va bien, est-ce utile ?
Oui, et ce n’est pas rare : des couples viennent sans crise, souvent au début de leur relation, pour renforcer ce qu’ils ont construit et éviter les pièges qu’ils voient venir. D’autres consultent pour préparer un mariage ou un projet d’enfant, avant que la vie ne change d’échelle.
Le même chapitre distingue d’ailleurs deux usages : la thérapie, quand la difficulté est installée, et l’enrichissement de la relation, quand elle ne l’est pas encore (Woldt et Toman, p. 351-352). Consulter tôt ne garantit rien, mais cela donne le temps de se parler avant que les habitudes ne se figent.
Est-il trop tard pour une thérapie de couple ?
Même au bord de la séparation, une thérapie peut être utile. Son but n’est pas toujours de sauver le couple : elle peut aussi aider chacun à décider en conscience, à se séparer sans se détruire ou à reconstruire sur d’autres bases. La page renforcer son couple ou se séparer aborde cette question.
Il arrive qu’une décision de rupture soit déjà prise en silence par l’un des deux. Le travail commence alors par la rendre visible. La page sur la première séance de thérapie de couple explique comment cette question du « trop tôt » ou « trop tard » se pose dès le premier rendez-vous. Si la séparation a déjà eu lieu, la page sur la rupture amoureuse peut vous accompagner.
Quand la sécurité passe avant le couple
Quand il y a des coups, des menaces, des violences sexuelles, ou quand vous avez peur de votre partenaire, la question n’est plus d’abord celle du couple, mais celle de votre sécurité. Le violentomètre, conçu par des observatoires des violences faites aux femmes, aide à situer les comportements en trois zones, de la relation saine jusqu’au danger.
Les auteurs d’un manuel de thérapie centré sur le traumatisme rappellent que la sécurité passe en premier. Face à une relation dangereuse, on cherche d’abord des ressources extérieures : aide spécialisée en violences conjugales, lieu d’hébergement sûr (Anderson, Sweezy et Schwartz, Internal Family Systems Skills Training Manual, 2017, p. 23-25).
- Violences conjugales, physiques ou psychologiques : appelez le 3919 (Violences Femmes Info), gratuit, anonyme et joignable jour et nuit, ou consultez arretonslesviolences.gouv.fr. En cas de danger immédiat, appelez le 17, ou envoyez un SMS au 114.
- Idées noires ou pensées suicidaires, chez vous ou chez votre partenaire : appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit (3114.fr), ou parlez-en à votre médecin.
- Addiction qui pèse sur le couple (alcool, drogues, jeux) : parlez-en à votre médecin, qui peut vous orienter vers un addictologue.
Et si mon partenaire ne veut pas venir ?
C’est fréquent, et ce n’est pas une impasse : vous pouvez commencer seul ou seule, en travaillant sur votre façon d’être dans la relation. La page sur la thérapie de couple quand on vient seul explique ce que permet ce travail et ses limites.
Comment je travaille cela en séance
Pour moi, le signe qu’il est temps de consulter, c’est quand les disputes deviennent récurrentes, que le couple n’arrive plus à se retrouver, ou que l’un des deux souffre de la situation.
Je reçois aussi des couples qui vont bien, notamment au début de leur relation. Ils viennent renforcer leur relation et éviter les pièges, ou bien dans le cadre d’une préparation au mariage ou d’un projet parental. Entre les séances, ou sans thérapie, un bilan de couple hebdomadaire entretient ce travail.
Comment se passe ensuite une thérapie de couple ?
Une séance dure 1 h 20. Elle a lieu au Cabinet du Faubourg, à Paris 12e, pour 140 €, ou en visio pour 120 €, et chacun peut se connecter depuis un lieu différent. Le déroulé des séances est décrit sur la page comment se déroule une thérapie de couple, et l’ensemble de l’accompagnement sur la page thérapie de couple à Paris 12 et en visio.
Questions fréquentes
Combien de temps les couples attendent-ils avant de consulter ?
La recherche montre que beaucoup de couples consultent une fois leurs difficultés devenues lourdes, et que les deux partenaires n’avancent pas au même rythme vers la demande d’aide (Doss, Atkins et Christensen, 2003).
Faut-il être d’accord tous les deux pour consulter ?
C’est préférable pour une thérapie de couple, mais il n’est pas nécessaire d’avoir les mêmes attentes. Si l’un vient « pour l’autre », cette différence devient souvent le point de départ du travail. Si votre partenaire refuse, vous pouvez commencer seul ou seule.
Une thérapie de couple en visio, est-ce pareil ?
Le travail porte sur la même chose : la façon dont vous vous parlez et ce qui se joue entre vous. Les études disponibles sont présentées sur la page la thérapie de couple en ligne est-elle efficace.
Combien coûte une séance de thérapie de couple ?
Une séance dure 1 h 20 et coûte 140 € au cabinet, à Paris 12e, ou 120 € en visio. Le règlement se fait par carte, au moment de la réservation en ligne.
Sources
- Doss B. D., Atkins D. C. et Christensen A. (2003). Who’s dragging their feet? Husbands and wives seeking marital therapy. Journal of Marital and Family Therapy, 29(2), 165-177. doi.org/10.1111/j.1752-0606.2003.tb01198.x
- Gottman J. M. et Levenson R. W. (1992). Marital processes predictive of later dissolution: behavior, physiology, and health. Journal of Personality and Social Psychology, 63(2), 221-233. doi.org/10.1037/0022-3514.63.2.221
- Woldt A. L. et Toman S. M. (dir.) (2005). Gestalt Therapy: History, Theory, and Practice. Sage, p. 339 et 351-352.
- Anderson F. G., Sweezy M. et Schwartz R. C. (2017). Internal Family Systems Skills Training Manual. PESI, p. 23-25.
- Gouvernement français, arretonslesviolences.gouv.fr (3919) ; 3114.fr, numéro national de prévention du suicide.
Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute, thérapeute de couple au Cabinet du Faubourg (Paris 12e) et en visio. Il est en supervision, avec plus de 250 heures cumulées. Mise à jour le 27 octobre 2026.
Cet accompagnement ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. En cas de détresse importante, parlez-en à votre médecin ou appelez le 3114 (prévention du suicide, joignable depuis la France). En cas de violences conjugales, appelez le 3919. Hors de France, contactez les secours locaux.