L’hypnose peut aider certaines personnes à aborder une phobie, souvent à côté d’un travail d’exposition progressive à ce qui fait peur. Les preuves de son efficacité quand on l’utilise seule restent faibles. Pour une phobie précise, le traitement qui a le plus de preuves est la thérapie comportementale par exposition graduée, et votre médecin peut vous orienter.
Cette page vaut pour toutes les phobies, de l’avion aux araignées en passant par les piqûres. Elle dit ce qu’est une phobie, ce que montrent les études, ce qu’une séance d’hypnose peut apporter et quand voir un médecin d’abord. Pour l’hypnose au Cabinet du Faubourg en général, voyez la page hypnose thérapeutique à Paris 12 et en visio.
Hypnose et phobies : l’essentiel
Une phobie est une peur intense et durable, centrée sur un objet ou une situation précise, qui pousse à l’éviter au point de gêner la vie.
Le traitement le mieux étudié est l’exposition graduée, proposée dans les thérapies cognitives et comportementales (TCC). Elle peut commencer en imagination quand la peur est trop forte.
Pour l’hypnose seule, les études restent rares et peu concluantes. Elle a de meilleurs résultats pour calmer l’anxiété pendant une chirurgie dentaire.
Une séance d’hypnose peut aider à revivre la situation redoutée en sécurité, à retrouver des ressources et à préparer un moment précis. Elle ne promet pas de faire disparaître la phobie.
Voyez d’abord un médecin si la peur vous empêche de vous soigner ou de travailler, si vous faites des attaques de panique, ou s’il s’agit d’un enfant.
Peur ou phobie : quelle différence ?
Tout le monde a peur de quelque chose. On parle de phobie quand la peur devient disproportionnée, qu’elle dure, et qu’elle pousse à organiser sa vie pour éviter ce qui la déclenche. L’Assurance maladie la décrit comme « une peur intense et durable » pour des situations ou des objets bien définis, comme les araignées ou les transports publics (ameli.fr).
Le manuel diagnostique de l’Association américaine de psychiatrie (DSM-IV-TR, traduction française) distingue plusieurs types de phobies spécifiques, dont quatre principaux :
- les animaux et les insectes ;
- les éléments naturels, comme l’orage, les hauteurs ou l’eau ;
- le sang, les piqûres et les soins médicaux ;
- certaines situations, comme l’avion, l’ascenseur, les tunnels, la voiture ou les endroits clos.
Le même manuel rappelle que les peurs sont très fréquentes, surtout chez l’enfant. Elles ne deviennent une phobie que si elles gênent nettement la vie sociale, scolaire ou professionnelle, ou si elles font beaucoup souffrir.
La phobie sociale, peur d’être observé, jugé ou humilié, est un trouble à part, que l’on appelle aussi anxiété sociale. Les attaques de panique répétées relèvent d’autre chose encore : la personne redoute surtout la crise elle-même et finit par éviter les lieux où elle pourrait survenir. Le DSM note que la frontière avec une phobie de l’avion ou de la voiture est parfois difficile à tracer. Les gestes utiles pendant une crise sont décrits dans la page crise d’angoisse : que faire, sur le moment et ensuite ?
Quel traitement a fait ses preuves ?
Pour l’Assurance maladie, la psychothérapie est recommandée dans tous les troubles anxieux, et la TCC y est décrite comme efficace. Elle repose en partie sur l’exposition progressive aux situations redoutées, qui désensibilise la peur peu à peu. Cette exposition se fait en situation réelle, seul ou avec le thérapeute. Si l’appréhension est trop forte, elle commence en imagination, très progressivement (ameli.fr, 2025). La même page précise que les antidépresseurs, traitement de fond des autres troubles anxieux, ne sont pas efficaces pour les phobies.
Une méta-analyse de 33 essais a comparé les approches psychologiques des phobies spécifiques (Wolitzky-Taylor et al., 2008). Les traitements par exposition y font nettement mieux que l’absence de traitement, mieux que les placebos et mieux que les autres psychothérapies. Le contact réel avec l’objet de la peur fait mieux que l’exposition en imagination juste après le traitement, mais l’écart disparaît au suivi. Le type de phobie ne change pas ces résultats.
Pour comparer la TCC avec d’autres façons de travailler, voyez la page sur les différences entre Gestalt, TCC et psychanalyse.
Et l’hypnose, que disent les études ?
Beaucoup de sites promettent de « reprogrammer » une phobie en quelques séances. Les synthèses publiées sont plus prudentes. Les écoles d’hypnose citent souvent les phobies parmi leurs indications, l’IFHE comprise. Une indication revendiquée n’est pas encore une indication prouvée.
| Étude | Ce qui a été étudié | Ce qu’on peut en dire |
|---|---|---|
| Pelissolo, 2016 | Revue des études publiées de 1980 à 2015 sur l’hypnose dans six familles de troubles anxieux | Trois études contrôlées seulement, aucune sur les phobies ; preuves négatives ou insuffisantes, phobies comprises |
| Inserm, 2015 | Évaluation de l’hypnose dans cinq familles d’usages médicaux | Les phobies n’ont pas été évaluées ; chez l’adulte très anxieux face aux soins dentaires, pas de bénéfice face aux autres traitements |
| Wolf et al., 2022 | 19 essais sur l’anxiété et la phobie dentaires, dont 5 réunis en méta-analyse | Résultats contrastés pour l’hypnose ; la TCC a le plus de preuves |
| Steenen et al., 2024 | 173 essais sur l’anxiété chez le dentiste | L’hypnose réduit l’anxiété pendant une chirurgie dentaire ; pour la phobie dentaire, les preuves vont à la TCC |
La revue d’Antoine Pelissolo, psychiatre à l’hôpital Henri-Mondor, est la plus nette (La Presse médicale, 2016). En trente-cinq ans de publications, il ne trouve que trois études contrôlées, une sur le trouble panique et deux sur le stress post-traumatique. Les autres sont des études sans groupe de comparaison ou des récits de cas, dont on ne peut pas tirer de règle générale. Il conclut que les preuves manquent pour soutenir l’hypnose dans les troubles anxieux durables, phobies comprises, et demande des études pour savoir quelles personnes pourraient en bénéficier.
Le rapport de l’Inserm (2015) n’a pas évalué les phobies : il ne dit rien sur elles, ni pour ni contre. Il est résumé dans la page sur ce que dit l’Inserm de l’efficacité de l’hypnose.
Chez le dentiste, la revue de Wolf et al. (2022) trouve des études encourageantes et d’autres à l’effet faible, voire légèrement négatif, avec des méthodes trop différentes pour trancher. Celle de Steenen et al. (2024) fait la part des choses. L’hypnose aide à traverser une chirurgie dentaire redoutée, avec un niveau de certitude jugé modéré. Pour une peur du dentiste installée depuis longtemps, ce sont les thérapies cognitives et comportementales qui ont les preuves. La page hypnose et anxiété : ce que montrent les études détaille ce travail.
Rien ne montre donc que l’hypnose seule guérit une phobie. Elle peut aider pendant une chirurgie dentaire redoutée et, peut-être, à aborder plus calmement un travail d’exposition.
Comment l’hypnose peut-elle aider face à une phobie ?
Un aide-mémoire d’hypnose paru chez Dunod, coordonné par Isabelle Célestin-Lhopiteau et Antoine Bioy, décrit son intérêt dans le chapitre consacré au stress et à l’anxiété. L’exposition demande souvent de multiplier les situations : pour la peur de l’ascenseur, il faut s’habituer à un étage, puis deux, puis à une cabine plus étroite, avec ou sans miroir. Et certaines peurs ne se recréent pas en consultation, comme la peur de l’orage ou celle de vomir.
Sous hypnose, la personne peut « revivre » la situation redoutée et s’y exposer par étapes, dans un cadre où elle se sent en sécurité. Le même chapitre décrit des ressources : faire intervenir un « soi » plus âgé qui rassure la personne d’aujourd’hui, ou une figure bienveillante du passé, un parent, une amie. Il rapporte le cas publié d’une femme de 73 ans que la peur de tomber empêchait de marcher seule. En séance, elle a retrouvé le souvenir d’une enfance où elle courait sans crainte dans la forêt, puis s’est autorisée à ressentir ces sensations dans son corps actuel.
L’hypnose permet aussi de prendre un peu de distance avec l’émotion. Un autre chapitre du même ouvrage décrit ce travail : observer la peur qui est là, sans la nier, et découvrir qu’on éprouve de la peur sans être cette peur.
Enfin, l’autohypnose sert à se préparer à un moment précis : une prise de sang, un vol, un rendez-vous chez le dentiste. Elle s’apprend avec un praticien, comme l’explique la page apprendre l’autohypnose : comment s’y prendre, et ses limites.
Ces outils restent proches de ce que fait l’exposition, avec l’imagination comme terrain. La Gestalt-thérapie regarde la même peur sous un autre angle. Dans Skills in Gestalt Counselling & Psychotherapy, Phil Joyce et Charlotte Sills décrivent un travail en deux temps. On comprend d’abord avec la personne comment l’évitement entretient le problème. Puis on s’approche pas à pas de ce qui fait peur, en restant avec ce que l’on ressent. Aucune de ces approches n’est une preuve d’efficacité à elle seule.
Comment je travaille une phobie au cabinet
J’accompagne des personnes en hypnose depuis 2014, l’année de mon diplôme à l’Institut Français d’Hypnose Ericksonienne et Humaniste (IFHE), et j’ai mené plus de 2 000 séances depuis.
Je travaille les phobies avec un mélange d’hypnose et de mouvements oculaires, au cas par cas : cela dépend vraiment de la personne.
Les mouvements oculaires viennent de l’EMDR, que je pratique depuis environ quatre ans, sans certification EMDR, et seulement au cabinet, jamais en visio. Entre l’EMDR, l’hypnose et la Gestalt, c’est souvent la personne qui choisit. Ce que disent les études sur l’EMDR est expliqué dans la page l’EMDR à Paris 12.
La peur de perdre le contrôle est légitime. Ma façon de pratiquer l’hypnose permet justement que la personne reste actrice de son changement : elle a juste besoin de faire appel à son imagination, qui n’a pas de limite, pour les métaphores isomorphiques, ces histoires dont la structure ressemble à ce qu’elle vit.
Pendant les séances, j’explique à la personne, dans son processus, ce qu’elle peut faire au quotidien : c’est une autohypnose personnalisée. Idéalement, je propose une séance tous les 15 à 20 jours. Quand rien ne change après une ou deux séances, il y a d’autres chemins à explorer, notamment le transgénérationnel.
Pour une phobie, aucun nombre de séances n’est fixé à l’avance : cela dépend de la peur et de ce qu’elle empêche au quotidien. Le rythme est expliqué dans combien de séances d’hypnose prévoir.
Avion, araignées, aiguilles : ce qui change selon la phobie
La méta-analyse de Wolitzky-Taylor ne trouve pas de différence de résultats selon le type de phobie. Quelques points pratiques changent tout de même.
Le sang, les piqûres, les soins
Cette phobie a une particularité : après une brève accélération, le cœur peut ralentir et la tension chuter, avec un risque de malaise. Le DSM-IV-TR la décrit ainsi et note qu’elle pousse parfois à éviter des soins nécessaires, chez le médecin comme chez le dentiste. Prévenez le soignant avant une prise de sang ou un soin. Chez l’enfant et l’adolescent, une revue Cochrane de 39 essais montre que la distraction et l’hypnose réduisent la douleur et la détresse lors des piqûres (Uman et al., 2013).
L’avion et les endroits clos
Le DSM classe la peur de l’avion et celle des endroits clos parmi les phobies de situation. Il note qu’on les distingue parfois mal d’un trouble panique, où la personne redoute surtout de faire une crise à bord : un médecin aide à faire la différence. Pour un examen en IRM, parlez de votre peur au médecin qui le prescrit et à l’équipe, avant le jour de l’examen.
Les animaux
Chiens, araignées, oiseaux : ces peurs commencent souvent dans l’enfance, d’après le DSM. L’exposition se construit alors par étapes, d’une image à l’animal réel. L’hypnose peut aider à aborder les premières étapes en imagination.
Quand voir un médecin d’abord ?
Parlez-en à votre médecin traitant avant tout accompagnement, ou en même temps, si :
- la peur vous empêche de vous soigner, de travailler ou de sortir de chez vous ;
- vous faites des attaques de panique, même en dehors de la situation redoutée ;
- vous vous sentez triste ou découragé depuis plusieurs semaines ;
- vous prenez de l’alcool ou des médicaments pour « tenir » face à la situation ;
- il s’agit d’un enfant.
Si vous prenez déjà un traitement, ne l’arrêtez jamais seul. En cas d’idées noires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.
Questions fréquentes sur l’hypnose et les phobies
Une seule séance d’hypnose suffit-elle pour une phobie ?
Personne ne peut le promettre. Aucune étude solide ne montre qu’une séance unique d’hypnose fait disparaître une phobie, et une promesse de ce genre doit vous alerter. Pour l’exposition, la méta-analyse de Wolitzky-Taylor note que plusieurs séances donnent des résultats un peu meilleurs qu’une seule.
Je prends l’avion dans un mois : l’hypnose peut-elle m’aider ?
Elle peut aider à préparer le vol, par exemple avec une autohypnose à utiliser le jour J, sans garantie. Si vous pensez avoir besoin d’un médicament pour voyager, c’est à votre médecin d’en décider : l’Assurance maladie rappelle que les anxiolytiques agissent vite mais se prennent sur de courtes durées.
Peut-on travailler une phobie en visio ?
L’hypnose, oui : les séances ont lieu au cabinet ou en visio sur Zoom, avec un bon son et une image de la personne. Les mouvements oculaires de l’EMDR, en revanche, se pratiquent seulement au cabinet. Le cadre de la visio est décrit dans la page sur la thérapie en visio.
Hypnose ou TCC pour une phobie ?
Sur les preuves, la TCC par exposition arrive en tête, et c’est souvent un bon premier choix. L’hypnose peut venir à côté, pour aborder la peur en imagination ou préparer un moment précis.
Et pour un enfant qui a une phobie ?
Commencez par en parler au pédiatre ou au médecin traitant. Un ouvrage de psychopathologie paru chez Dunod (Bonnet et Fernandez) rappelle que beaucoup de peurs font partie du développement normal, comme la peur du noir ou des animaux, et s’atténuent souvent d’elles-mêmes. Elles inquiètent quand elles sont intenses, durent, et gênent la vie de l’enfant.
Sources
- Pelissolo A. (2016). L’hypnose dans les troubles anxieux et phobiques : revue des études cliniques. La Presse médicale, 45(3), 284-290. doi.org/10.1016/j.lpm.2015.12.002
- Wolitzky-Taylor K. B., Horowitz J. D., Powers M. B., Telch M. J. (2008). Psychological approaches in the treatment of specific phobias: a meta-analysis. Clinical Psychology Review, 28(6), 1021-1037. doi.org/10.1016/j.cpr.2008.02.007
- Wolf T. G., Schläppi S., Benz C. I., Campus G. (2022). Efficacy of Hypnosis on Dental Anxiety and Phobia: A Systematic Review and Meta-Analysis. Brain Sciences, 12(5), 521. doi.org/10.3390/brainsci12050521
- Steenen S. A., Linke F., van Westrhenen R., de Jongh A. (2024). Interventions to reduce adult state anxiety, dental trait anxiety, and dental phobia: a systematic review and meta-analyses of randomized controlled trials. Journal of Anxiety Disorders, 105, 102891. doi.org/10.1016/j.janxdis.2024.102891
- Uman L. S. et al. (2013). Psychological interventions for needle-related procedural pain and distress in children and adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD005179. doi.org/10.1002/14651858.CD005179.pub3
- Inserm (2015). Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose. inserm.fr
- Assurance maladie. Traitement des troubles anxieux de l’adulte (2025) ; Symptômes et diagnostic des troubles anxieux (2025). ameli.fr
- American Psychiatric Association. DSM-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, traduction française coordonnée par J. D. Guelfi et M.-A. Crocq, chapitre « Troubles anxieux ».
- Célestin-Lhopiteau I., Bioy A. (coord.) (2014). L’aide-mémoire d’hypnoanalgésie et d’hypnosédation en 43 notions. Dunod, Paris (notion 34, « Hypnoanalgésie et gestion du stress et de l’anxiété »).
- Joyce P., Sills C. (2014). Skills in Gestalt Counselling & Psychotherapy, 3e édition. Sage, Londres, chapitre « Working with anxiety ».
- Bonnet A., Fernandez L. (2017). 23 grandes notions de psychopathologie. Dunod, Paris.
Pour l’hypnose au cabinet dans son ensemble, revenez à la page l’hypnose thérapeutique au Cabinet du Faubourg. Ce qui se passe vraiment pendant une séance, et les idées reçues, sont décrits dans les mythes et la réalité de l’hypnose.
Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio. Mise à jour le 5 novembre 2026.
Une première séance permet de parler de votre peur, de ce qu’elle vous empêche de vivre, et de voir avec vous si l’hypnose a sa place, seule ou à côté d’un autre accompagnement. Une séance d’hypnose dure 80 minutes et coûte 100 €, au Cabinet du Faubourg ou en visio (Zoom).
L’hypnose ne remplace pas un avis ou un traitement médical. Si une peur vous empêche de vous soigner ou s’aggrave, consultez votre médecin ; en cas d’idées noires, appelez le 3114.