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Première séance de thérapie de couple : comment elle se passe

Première séance de thérapie de couple : l’essentiel

La première séance de thérapie de couple sert à faire connaissance et à poser la demande. Chacun dit, à son tour, ce qui l’amène et ce qu’il espère, et le thérapeute regarde aussi comment vous vous parlez. À la fin de la séance, vous faites le point ensemble et vous décidez s’il est utile de continuer, et à quel rythme.

La séance dure 1 h 20. Elle a lieu au cabinet, à Paris 12 (140 €), ou en visio (120 €).

Avant la séance : qui réserve, et faut-il en parler avant ?

L’un des deux peut réserver pour le couple. La réservation se fait en ligne, et le règlement par carte bancaire, via Stripe, au moment de réserver.

Faut-il en parler avant, à la maison ? Un peu, oui : assez pour que chacun sache qu’il vient et pourquoi l’autre a envie de consulter. Inutile, en revanche, de refaire la dispute dans la voiture pour « préparer » la séance.

En général, les deux partenaires viennent ensemble, dès la première fois. Arriver avec des envies très différentes n’empêche rien : cet écart sert souvent de point de départ au travail.

Un cas fait exception : la violence. Si l’un de vous vit dans la peur de l’autre, ou subit des gestes violents, des menaces ou des paroles qui rabaissent, une séance à deux n’est pas un lieu sûr pour commencer. Le 3919, Violences Femmes Info, écoute et oriente sans frais, sans que vous ayez à donner votre nom, à toute heure. Face à un danger immédiat, c’est le 17 qu’il faut composer.

Le déroulé de la première séance, étape par étape

L’accueil et le cadre

La séance commence par le cadre. Chacun parle de ce qu’il vit lui-même et de la façon dont il le vit, plutôt que de décrire l’autre. Le thérapeute veille à ce que chacun puisse aller au bout de sa phrase sans être coupé. Ce cadre est rappelé dès le début, parce que c’est lui qui rend la suite possible.

La charte de déontologie de la FF2P, fédération dont Stéphane Wioland est membre, demande aussi de préciser dès le début les conditions de travail et le secret professionnel (code de déontologie de la FF2P). Ce qui se dit dans la pièce reste dans la pièce.

La parole de chacun

Ensuite, chacun dit ce qui l’amène. Souvent, ce n’est pas la même chose. L’un parle des disputes, l’autre de la fatigue, ou d’un silence qui s’est installé. Les deux versions sont légitimes. Personne n’a à prouver qu’il a raison.

Phil Joyce et Charlotte Sills, deux formateurs en Gestalt-thérapie, décrivent la première rencontre comme une évaluation mutuelle. Le thérapeute se demande si son travail peut vous aider, et vous vous demandez si ce thérapeute vous convient (Skills in Gestalt Counselling & Psychotherapy, Sage, 2014, p. 15 et 22-23). Vous avez donc le droit, vous aussi, de vous faire une idée.

Ce qui se passe entre vous

Très vite, le thérapeute s’intéresse moins à l’histoire racontée qu’à ce qui se passe dans la pièce. Qui parle en premier ? Qui regarde qui ? Qu’est-ce qui se tend quand l’autre prend la parole ? Joseph Zinker et Sonia Nevis sont cités sur ce point dans l’ouvrage dirigé par Ansel Woldt et Sarah Toman (Gestalt Therapy: History, Theory, and Practice, Sage, 2005, p. 342-343). Ils conseillent au thérapeute de prendre un peu de recul pour voir le couple comme une « troisième entité », qui n’est ni l’un ni l’autre.

Souvent, au lieu de raconter au thérapeute ce que l’autre fait, vous êtes invités à vous le dire directement. C’est un moment parfois inconfortable, et souvent le plus riche de la séance.

Le retour du thérapeute et la suite

En fin de séance, on fait le point : ce que chacun en retire, ce qu’il souhaite approfondir, le rythme qui conviendrait. Il n’y a aucun engagement de durée. Vous pouvez aussi repartir en vous donnant quelques jours pour en reparler à deux.

Pour le parcours complet après cette première rencontre, le nombre de séances et le tarif, voyez la page comment se passe une thérapie de couple dans son ensemble.

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Comment je travaille cela en séance

Je reçois les deux partenaires ensemble, sauf cas exceptionnel. Le cadre est toujours le même : parler de soi et pas de l’autre, et c’est moi qui en suis le garant.

D’abord, je ramène chacun au moment présent. Il peut alors exprimer ce qu’il vit dans sa situation de couple, ses souffrances et ses manques, afin de les transformer en besoins. C’est pour moi le plus gros du travail : un travail individuel et personnel d’harmonisation à l’autre. Pour passer du reproche au besoin entre deux séances, la page sur la communication non violente en couple donne des exemples. Quand chacun arrive pour prouver qu’il a raison, voyez comment sortir d’une lutte de pouvoir à deux.

Quand la même dispute revient à chaque fois, on peut décomposer à deux ce qui fait tourner la dispute en boucle.

Il y a une question que je pose presque toujours : « qu’est-ce que la situation que vous vivez vous rappelle ? » Elle touche à l’imago, cette image mentale du couple que chacun projette et qui est liée à son éducation.

Quand l’un des deux se tait, ou dit « je suis venu pour lui » ou « pour elle », je leur demande pourquoi ils sont venus. C’est toujours intéressant de savoir ce qui les anime.

Je suis en supervision, avec plus de 250 heures de supervision cumulées.

Quelles questions sont posées en première séance ?

La séance commence souvent par une question simple, celle des trois « portes » présentée sur la page thérapie de couple à Paris 12 ou en visio. Chacun y répond seul, sans se concerter :

  • « Je viens parce que j’ai envie que mon couple fonctionne. »
  • « Je viens parce que j’ai des doutes. »
  • « J’ai tellement de doutes que j’envisage la séparation. »

Il arrive souvent que les deux partenaires ne choisissent pas la même porte. Entendre la réponse de l’autre déplace déjà quelque chose.

Le reste de la séance part de ce que vous apportez. Joyce et Sills conseillent d’écouter pourquoi la personne vient et de poser, dès le début, quelques questions de sécurité, pour vérifier que le travail proposé convient et ne met personne en danger (p. 15 et 18).

Vous n’êtes pas obligés de tout dire. Si une question vous gêne, vous pouvez le dire, et c’est une information utile.

Ce que le thérapeute ne fait pas

Il ne prend pas parti, et la recherche va dans ce sens : Myrna Friedlander et ses collègues ont réuni 48 études sur le lien de confiance entre les patients et le thérapeute, en thérapie de couple et de famille. Dans sept groupes où ce lien avait été mesuré pour chaque membre, plus il était déséquilibré, moins la thérapie donnait de bons résultats (Friedlander et al., Psychotherapy, 2018).

Il ne juge pas. Personne n’est désigné comme le coupable de la boucle dans laquelle vous êtes pris. On cherche plutôt ce que vous fabriquez à deux.

Il ne décide pas à votre place. Son rôle n’est pas de dire s’il faut rester ensemble ou se séparer. Il vous aide à comprendre ce qui se joue, pour que vous puissiez choisir en connaissance de cause.

Il ne promet pas de résultat. Aude Saint Martino Sene résume l’objectif d’une thérapie de couple dans Ma bible des psychothérapies (chapitre « Le couple en thérapie », p. 276). Il s’agit d’améliorer la relation en soutenant chacun, et en l’aidant à repérer ce qui se réactive en lui et pose problème entre vous.

Et si l’un de nous ne veut pas parler ?

C’est fréquent. L’un a pris le rendez-vous, l’autre est venu « pour faire plaisir », ou parce qu’il n’avait plus le choix. Il reste silencieux, ou répond par un mot.

Ce silence n’empêche pas la séance. Il fait partie de ce qui se passe entre vous, au même titre que les mots. Le chapitre consacré aux couples dans l’ouvrage de Woldt et Toman insiste sur un point : le thérapeute doit respecter le besoin de distance d’un couple, sans imposer le sien (p. 355). Un partenaire qui ne se sent pas forcé à parler finit souvent par le faire, à son rythme.

Si votre partenaire refuse de venir, la page sur le déroulement d’une thérapie de couple aborde aussi ce cas. Vous pouvez aussi commencer une thérapie de couple seul.

Venir « trop tôt » ou « trop tard » ?

Beaucoup de couples se demandent s’ils ne viennent pas trop tôt (« ce n’est pas si grave ») ou trop tard (« c’est fichu »). Le chapitre « Factors specific to couples therapy » de l’ouvrage de Woldt et Toman (p. 351-352) apporte un éclairage utile.

Quand un couple vient « trop tard », il arrive qu’un accord tacite de rupture existe déjà. L’un attend alors un miracle du thérapeute, l’autre s’attend à ce qu’il échoue. Les couples qui viennent « tôt », avant que la difficulté se soit figée, en tirent souvent un enrichissement : la séance les aide à passer un cap et à retrouver de la proximité.

Autrement dit, il n’y a pas de seuil de gravité à atteindre. Une première séance sert justement à voir où vous en êtes. Si la relation traverse une période agitée, la page sur les différentes crises dans le couple peut vous aider à mettre des mots sur la situation. Si vous n’êtes pas sûrs que ce soit le moment, la page quand faire une thérapie de couple peut vous aider à décider.

Au cabinet ou en visio, la première séance change-t-elle ?

Non, le cadre reste le même. La première séance peut se faire au cabinet, au 82 rue du Faubourg Saint-Antoine (métro Ledru-Rollin), ou en visio. Les séances ont lieu du lundi au mercredi, de 14 h à 23 h, au cabinet ou en visio, et le jeudi en visio uniquement.

En visio, vous pouvez être ensemble devant le même écran, ou chacun chez soi si vous vivez dans deux villes ou deux pays : la séance se fait alors à trois écrans. Ce cas est détaillé sur la page thérapie de couple quand chacun vit dans un lieu différent. L’idéal, dans tous les cas, est un lieu calme où chacun peut être totalement disponible à la séance.

Vous pouvez aussi commencer au cabinet et faire la séance suivante en visio, selon vos contraintes. La visio se fait par Zoom, choisi pour sa sécurité et la confidentialité des échanges. Si vous doutez de la visio, la page ce que disent les études sur la thérapie de couple en ligne fait le point sur la recherche.

Questions fréquentes

Que dire lors d’une première séance de thérapie de couple ?

Ce que vous vivez, vous, dans la relation, et ce que vous aimeriez voir changer. La règle est de parler de soi et pas de l’autre.

Faut-il venir à deux dès la première séance ?

En général, oui : les deux partenaires sont présents ensemble, sauf cas exceptionnel. Si vous n’avez pas les mêmes attentes, venez quand même : cette différence est souvent le point de départ du travail.

Doit-on s’engager pour plusieurs séances dès la fin de la première ?

Non, rien ne vous engage. Vous décidez ensemble, à votre rythme, s’il est utile de revenir.

La première séance peut-elle se faire en visio ?

Oui, ensemble devant le même écran ou chacun depuis son propre lieu. Vous pouvez ensuite alterner cabinet et visio selon vos contraintes.

Comment se règle la première séance ?

Elle se règle en ligne, par carte, quand vous réservez. La séance de 1 h 20 coûte 140 € au cabinet et 120 € en visio.

Sources

  • Friedlander M. L., Escudero V., Welmers-van de Poll M. J., Heatherington L. (2018). Meta-analysis of the alliance-outcome relation in couple and family therapy. Psychotherapy, 55(4), 356-371. doi.org/10.1037/pst0000161
  • Joyce P. et Sills C. (2014). Skills in Gestalt Counselling & Psychotherapy. Sage.
  • Woldt A. L. et Toman S. M. (dir.) (2005). Gestalt Therapy: History, Theory, and Practice. Sage.
  • Saint Martino Sene A. « Le couple en thérapie », dans Colia J.-L. et coll., Ma bible des psychothérapies, p. 276.
  • Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P). Code de déontologie.

Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute, thérapeute de couple au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio. Mise à jour le 27 octobre 2026.

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La thérapie de couple ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. En cas de détresse importante ou d’idées noires, parlez-en à votre médecin ou appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.

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