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Hypnose ericksonienne et hypnose humaniste : quelles différences ?

L’hypnose ericksonienne vient du psychiatre américain Milton Erickson : le praticien parle de façon indirecte, avec des images et des histoires, et laisse l’inconscient de la personne trouver ses propres solutions. L’hypnose humaniste, créée en France par Olivier Lockert, se pratique dans un état de conscience élargi où la personne reste lucide, parle avec le praticien et participe à ce qui se passe. Les deux visent le même but, avec une façon différente de faire travailler la conscience.

Hypnose ericksonienne et humaniste : l’essentiel

En hypnose ericksonienne, le praticien suggère sans imposer. Il s’appuie sur la façon d’être de la personne, ses mots et ses images, et une partie du changement peut se faire sans que la personne sache comment.

En hypnose humaniste, la personne travaille en conscience sur son inconscient, à travers des symboles et des métaphores, et échange avec le praticien pendant toute la séance.

Aucune étude publiée ne permet de dire que l’une marche mieux que l’autre. Le choix dépend surtout de la personne et du praticien. Stéphane Wioland est diplômé de l’IFHE en hypnose ericksonienne et en hypnose humaniste ; la séance d’hypnose dure 80 minutes et coûte 100 €, au cabinet à Paris 12 ou en visio.

D’où vient l’hypnose ericksonienne ?

Milton H. Erickson (1901-1980) était un psychiatre américain. Il a beaucoup pratiqué l’hypnose en consultation, mais il se méfiait des grandes constructions théoriques et en a peu écrit. Thierry Servillat et ses coauteurs, dans Comprendre et maîtriser l’hypnose profonde (2022), relèvent qu’Erickson encourageait ses élèves à inventer pour chaque patient une thérapie différente, et même une théorie différente.

L’article de 1952 sur la transe profonde est l’un de ses rares textes théoriques. Erickson y décrit une idée simple, que Servillat résume ainsi : chacun porte une partie inconsciente pleine de ressources, prise dans une gangue plus ou moins épaisse de croyances limitantes. Le travail consiste à rejoindre ces ressources.

Une transe qui fait partie de la vie

Pour Erickson, la transe n’a rien d’exceptionnel. Tout être humain en bonne santé passe une bonne partie de sa vie dans des moments de ce genre : absorbé dans un livre, ou perdu dans ses pensées sur un trajet que l’on connaît par cœur. On parle de « transe commune de la vie quotidienne ». Les ericksoniens actuels voient d’ailleurs la transe comme un mouvement, avec des moments plus légers, plus profonds et des retours à l’éveil, plutôt que comme un état fixe (Servillat, 2022, p. 122-123). Ce que le cerveau fait pendant cette transe est décrit dans l’effet de l’hypnose sur le cerveau, d’après l’imagerie.

Des suggestions qui laissent le choix

Erickson a transmis l’usage de suggestions dites « permissives » : le praticien propose, la personne prend ce qui lui convient. Il peut par exemple proposer une sensation de chaleur ou de fraîcheur, ou toute autre sensation que la personne est seule à percevoir. L’aide-mémoire d’hypnoanalgésie et d’hypnosédation en 43 notions (Dunod) décrit aussi le travail par la métaphore : une image ou une histoire construite à partir des mots du patient, pour lui ouvrir d’autres possibles.

L’IFHE décrit l’hypnose ericksonienne comme une hypnose stratégique et indirecte, qui accepte et utilise le fonctionnement psychologique du patient (IFHE, Quelle hypnose choisir ?, page lue le 27/10/2026).

D’où vient l’hypnose humaniste ?

Selon l’Institut Français d’Hypnose Ericksonienne et Humaniste (IFHE), l’hypnose humaniste a été créée en France par Olivier Lockert en 1986, puis formalisée en 2000. Elle a été enrichie en 2007 par les travaux de Patricia d’Angeli, avec la Thérapie symbolique avancée. Les descriptions qui suivent viennent de l’IFHE, c’est-à-dire de l’école qui enseigne cette méthode : il faut le garder en tête.

L’IFHE la définit comme une hypnose « symbolique et participative », qui permet au patient de travailler en conscience sur son inconscient. Les inductions visent une « ouverture de conscience », un état augmenté plutôt qu’une transe où l’on s’absente. Le travail passe par des symboles et des métaphores, avec des échanges actifs entre le praticien et la personne pendant tout le protocole. L’école la présente aussi comme une approche qui réunit trois inspirations : la psychanalyse de Jung pour la compréhension, la thérapie brève pour l’efficacité, et la thérapie existentielle pour la recherche de sens.

Le mot « humaniste » fait écho au courant de psychologie humaniste, qui place la personne et son expérience au centre du travail, comme le fait aussi la Gestalt-thérapie, thérapie dite de troisième génération.

Ce qui les distingue vraiment

La place de la conscience

En hypnose ericksonienne, une partie du travail se fait à l’écart de la conscience. Servillat rapporte qu’Erickson tenait une guérison pour possible sans que l’esprit conscient en saisisse le mécanisme, et jugeait même cela préférable dans bien des cas. La personne peut alors vivre la séance comme un moment où elle « décroche », avant de remarquer plus tard que quelque chose a bougé.

En hypnose humaniste, la personne reste présente à ce qu’elle vit. Elle voit apparaître des images ou des sensations, et elle les décrit au praticien. On parle parfois d’association. L’IFHE oppose cet état à d’autres formes d’hypnose qui, selon elle, dissocient la personne, avec une perte de la conscience du corps pendant la séance.

Le langage du praticien

Le praticien ericksonien parle beaucoup et de façon indirecte : histoires, métaphores, phrases ouvertes, parfois volontairement floues ou surprenantes. Ce langage cherche à passer à côté des croyances conscientes qui bloquent.

Le praticien humaniste pose plutôt des questions et guide un dialogue. Il propose une image, demande ce que la personne perçoit, et construit la suite à partir de sa réponse.

Le rôle de la personne pendant la séance

Dans un style ericksonien, la personne peut rester silencieuse du début à la fin, les yeux fermés, en se laissant porter. Dans un style humaniste, elle parle souvent, décrit ce qui se passe et prend des décisions dans l’expérience. Dans les deux cas, elle garde la main : une suggestion qui ne lui convient pas ne s’applique pas.

Hypnose ericksonienne Hypnose humaniste
Origine Milton H. Erickson, psychiatre américain (1901-1980) Olivier Lockert, France, 1986, formalisée en 2000 (selon l’IFHE)
État visé Transe plus ou moins profonde, vécue comme un mouvement Conscience élargie, la personne reste lucide
Langage du praticien Indirect, fait de métaphores et d’histoires Un dialogue où les images proposées sont explorées ensemble
Rôle de la personne Elle peut se laisser porter en silence Elle parle, décrit, participe à chaque étape
Indications citées par l’IFHE Phobies, troubles du sommeil, gestion de la douleur, automatismes Les indications de la Nouvelle Hypnose, plus un travail en profondeur sur la structure psychologique et identitaire
À savoir Le changement peut se faire sans que l’on comprenne comment Il faut accepter de parler pendant la séance

Pour la douleur qui dure depuis des mois, voyez ce que l’hypnose peut faire pour une douleur chronique.

Pour le sommeil, voyez l’hypnose face à l’insomnie.

Une même situation, deux façons de faire

Prenons un exemple composite, inventé pour illustrer et sans lien avec une personne réelle. Une femme de 35 ans a peur de prendre la parole en réunion. Elle sent sa gorge se serrer dès qu’on lui donne la parole et finit par se taire.

Dans un style ericksonien, le praticien pourrait l’inviter à se rappeler un moment où elle parlait sans y penser, avec une amie par exemple. Il lui raconterait ensuite l’histoire d’une rivière qui trouve son chemin entre les pierres, en glissant au passage des suggestions ouvertes sur la voix qui circule librement. Elle n’aurait pas besoin de répondre. À la sortie, elle ne saurait peut-être pas dire ce qui a changé.

Dans un style humaniste, le praticien l’aiderait à entrer dans un état de détente où elle reste consciente, puis lui demanderait comment se présenterait cette peur si elle prenait une forme. Elle pourrait voir une boule serrée dans la gorge, la décrire, lui demander ce qu’elle protège. Le dialogue se construirait à partir de ses réponses, et elle repartirait avec une image qu’elle a elle-même trouvée.

Ni l’une ni l’autre de ces façons de faire ne garantit un résultat. Elles montrent seulement deux chemins vers la même demande.

L’hypnose ericksonienne est-elle dangereuse ?

En séance thérapeutique, la personne ne perd pas le contrôle d’elle-même. L’aide-mémoire d’hypnoanalgésie rappelle que l’hypnose, au contraire de l’hypnose de spectacle, repose sur une relation de confiance et d’échange, sans domination. Le même ouvrage la décrit comme un état de veille où l’attention est accrue, bien loin du sommeil.

Le refus du patient y est cité comme une contre-indication majeure. Un état psychotique est parfois évoqué comme contre-indication ; selon les auteurs, l’hypnose reste possible dans ce cas si un praticien spécialiste de ces troubles l’adapte. Servillat distingue de son côté la dissociation choisie et passagère, normale en hypnose, de la dissociation subie et durable, qui relève de la pathologie. Les contre-indications concernent aussi le praticien : sortir de son champ de compétence, ou vouloir faire adhérer la personne à un dogme.

En 2015, l’Inserm a jugé rassurantes les études sur la sécurité de l’hypnose. Il a aussi mis en garde contre les dérives possibles liées aux techniques de suggestion (Inserm, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, 2015). Si vous suivez un traitement psychiatrique ou si vous traversez une crise aiguë, parlez-en d’abord à votre médecin. Pour les idées reçues sur la transe, la page sur les mythes de l’hypnose et le déroulement d’une séance répond aux questions les plus courantes.

Proche de l’hypnose par certains aspects, l’EMDR au cabinet de Paris 12 a sa page.

Comment j’utilise les deux approches en séance

Je choisis au cas par cas, car tout dépend des croyances de la personne. Les métaphores que j’utilise sont adaptées à ses préférences, pour qu’elle puisse s’en emparer et devenir actrice de son changement. Très souvent, j’apprends aussi à la personne à devenir autonome, avec l’hypnose comme outil.

Je suis diplômé de l’IFHE en hypnose ericksonienne et en hypnose humaniste, et je pratique l’hypnose depuis 2014, avec plus de 2 000 séances d’hypnose.

Cette autonomie passe souvent par l’apprentissage de l’autohypnose.

Comment choisir ?

Si vous aimez comprendre ce qui se passe et mettre des mots sur ce que vous vivez, le dialogue de l’hypnose humaniste vous parlera sans doute. Si vous préférez vous laisser porter sans avoir à répondre, le style ericksonien peut vous convenir. Un praticien formé aux deux peut d’ailleurs passer de l’une à l’autre.

L’étiquette compte moins que le cadre dans lequel vous êtes reçu. Avant de choisir, vous pouvez vérifier la formation du praticien et son appartenance à une fédération, et vous demander si vous vous sentez en confiance avec lui dès le premier échange. Si votre demande touche au stress, la page sur la thérapie de l’anxiété et du stress à Paris 12 présente la façon dont l’hypnose et la Gestalt s’y complètent. Pour le nombre et le rythme des séances, voyez combien de séances d’hypnose faut-il ? Pour une indication précise, la page hypnose et anxiété fait le point sur les études.

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Questions fréquentes sur l’hypnose ericksonienne et humaniste

Laquelle est la plus efficace, l’hypnose ericksonienne ou l’hypnose humaniste ?

On ne peut pas le dire. Les évaluations publiées, comme le rapport de l’Inserm de 2015, portent sur l’hypnose en général, indication par indication, sans comparer une école à une autre. Le choix tient surtout à la personne, à sa demande et au praticien. Ce que le rapport a évalué, et ce qu’il n’a pas pu trancher, est résumé dans l’hypnose est-elle prouvée ? le rapport de l’Inserm.

Peut-on refuser une suggestion pendant la séance ?

Oui. En hypnose thérapeutique, la personne garde le contrôle d’elle-même et peut ne pas suivre une suggestion qui ne lui convient pas. Le refus du patient est même cité comme une contre-indication majeure à l’hypnose.

La Nouvelle Hypnose, c’est quoi ?

Selon l’IFHE, le nom a été donné en 1979 par Daniel Araoz, sexologue et hypnothérapeute, et l’idée a été développée en France dans les années 1990 par Olivier Lockert. L’école la décrit comme une hypnose intégrative, fondée sur l’hypnose classique et ericksonienne, avec une collaboration active entre la personne et le praticien.

Et la PNL, quel rapport avec l’hypnose ericksonienne ?

La programmation neuro-linguistique (PNL) n’est pas une forme d’hypnose. Ses fondateurs, Richard Bandler et John Grinder, ont toutefois étudié le langage de Milton Erickson dans les années 1970 et en ont tiré des modèles de communication, ce qui explique que les deux soient souvent enseignés ensemble.

Pour découvrir la pratique du cabinet, la page hypnose thérapeutique à Paris 12 et en visio présente le déroulé des séances, et le blog du cabinet rassemble les autres articles sur l’hypnose.

Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio, diplômé de l’IFHE en hypnose ericksonienne et humaniste. Mise à jour le 27 octobre 2026.

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L’hypnose ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. Si vous traversez une période de grande détresse, consultez votre médecin ; en cas d’idées noires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.

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