La Gestalt-thérapie est née à New York au début des années 1950, avec le livre Gestalt Therapy (1951) de Fritz Perls, Ralph Hefferline et Paul Goodman, et avec le travail de Laura Perls, qui a longtemps dirigé le premier institut, fondé en 1952. Ses idées viennent de Berlin et de Francfort dans les années 1920. Elle s’est fait connaître en Californie dans les années 1960, puis elle est arrivée en France au début des années 1970.
L’histoire de la Gestalt-thérapie : l’essentiel
Cinq dates suffisent pour s’y retrouver. Vers 1926, Fritz Perls rencontre Lore Posner, la future Laura Perls, alors qu’il devient l’assistant du neurologue Kurt Goldstein à Francfort. Puis viennent 1951, l’année du livre fondateur, et 1952, l’ouverture de l’Institut de New York. Dans les années 1960, Fritz Perls rend la méthode célèbre à Esalen. En 1980 enfin, Serge et Anne Ginger fondent l’École parisienne de Gestalt.
Quatre noms reviennent sans cesse : Fritz Perls, Laura Perls, Paul Goodman et, plus discret, Isadore From. La Gestalt que l’on pratique aujourd’hui doit davantage à la patience de Laura Perls et à la théorie de Goodman qu’aux démonstrations spectaculaires de Fritz : c’est ce qui explique qu’une séance soit aujourd’hui un dialogue, à votre rythme.
Cette page raconte l’histoire par ses dates, ses lieux et ses institutions. Pour faire connaissance avec les trois fondateurs eux-mêmes, leur parcours et leurs idées, lisez les portraits des trois fondateurs de la Gestalt-thérapie sur la page de présentation de l’approche.
La frise de la Gestalt-thérapie, date par date
Chaque ligne indique ses sources. Quand elles ne s’accordent pas sur une année, la frise l’écrit avec « vers » ou le signale sous le tableau.
| Année | Lieu | Ce qui se passe | Sources |
|---|---|---|---|
| 1926 | Francfort | Fritz Perls devient l’assistant de Kurt Goldstein, qui étudie les soldats blessés au cerveau. Lore Posner, la future Laura Perls, prépare un doctorat en psychologie de la forme. | Skottun et Krüger 2021, p. 35 ; Bowman 2005, chap. 1 |
| 1933 | Amsterdam | Après l’arrivée des nazis au pouvoir, le couple, marié depuis 1929, s’exile aux Pays-Bas avec sa fille. | Bowman 2005, chap. 1 ; Wikipédia (notice Fritz Perls) |
| Vers 1934 | Johannesburg | Installation en Afrique du Sud. Les Perls y ouvrent leurs cabinets et un institut de formation à la psychanalyse. Ils y restent plus de dix ans. | Bowman 2005, chap. 1 ; Wheeler et Axelsson 2015, p. 27 ; Wikipédia |
| 1936 | Marienbad (Tchécoslovaquie) | Au congrès international de psychanalyse, Fritz Perls présente ses idées sur les « résistances orales ». Elles sont rejetées. | Bowman 2005, chap. 1 ; Wheeler et Axelsson 2015, p. 27-28 |
| 1947 | Londres | Parution d’Ego, Hunger and Aggression chez Allen & Unwin, sous le seul nom de Fritz Perls, alors que Laura en a écrit deux chapitres. | Wheeler et Axelsson 2015, p. 27-28 ; Bowman 2005, chap. 1 ; compte rendu du Journal of Mental Science (1948) |
| 1951 | New York | Parution de Gestalt Therapy: Excitement and Growth in the Human Personality (Julian Press), signé Perls, Hefferline et Goodman. | Perls, Hefferline et Goodman 1951 ; Wheeler et Axelsson 2015 |
| 1952 | New York | Fondation du New York Institute for Gestalt Therapy, d’abord dans l’appartement des Perls. | Site du New York Institute for Gestalt Therapy ; Wheeler et Axelsson 2015, p. 50 |
| 1954 | Cleveland | Date de fondation que retient le Gestalt Institute of Cleveland, créé par des élèves des fondateurs (voir la note sous le tableau). | Site du Gestalt Institute of Cleveland ; Brownell 2010, p. 48-50 |
| 1960 | Californie | Fritz Perls quitte New York pour la côte Ouest. Laura reste à New York et dirige l’institut. | Wheeler et Axelsson 2015, p. 49-50 ; Bowman 2005, chap. 1 |
| 1964 | Esalen, Big Sur | Fritz Perls s’installe à l’institut d’Esalen et y anime ses ateliers publics jusqu’en 1969. | Bowman 2005, chap. 1 ; Wikipédia (notice Fritz Perls) |
| 1970 | Chicago | Mort de Fritz Perls, le 14 mars. | Wikipédia ; page Gestalt du site |
| Début des années 1970 | États-Unis, puis France | Serge Ginger se forme à la Gestalt aux États-Unis, à Esalen notamment, puis anime ses premiers stages en France. | Brownell 2010, p. 52-53 ; nécrologie de Serge Ginger par Gianni Francesetti |
| 1975 | Belgique | Jean-Marie Robine commence sa formation avec des formateurs francophones de l’institut de Cleveland. | Brownell 2010, p. 51-52 ; page Gestalt du site |
| 1980 | Paris | Serge et Anne Ginger fondent l’École parisienne de Gestalt. | Brownell 2010, p. 52-53 ; nécrologie de Serge Ginger par Gianni Francesetti (voir la note) |
| 1990 | Pforzheim (Allemagne) | Mort de Laura Perls, le 13 juillet, dans sa ville natale. Elle a dirigé l’Institut de New York presque jusqu’à la fin. | Wheeler et Axelsson 2015, p. 50 ; Wikipédia (notice Laura Perls) |
Trois dates sont discutées. Pour Cleveland, l’institut retient 1954, mais Philip Brownell décrit un groupe qui s’organise vers 1955 et ne prend son nom actuel qu’en 1957 ou 1958. Pour l’École parisienne de Gestalt, Brownell donne 1980 et la nécrologie de Serge Ginger par Gianni Francesetti 1981. Enfin, certains catalogues datent d’Afrique du Sud, vers 1942, une première version d’Ego, Hunger and Aggression ; faute de l’avoir vérifié, la frise retient l’édition de Londres de 1947, celle que citent les historiens.
Avant la Gestalt-thérapie : Berlin, Francfort et la psychologie de la forme
Le mot « Gestalt » appartenait à la psychologie bien avant de désigner une thérapie. Au début du XXe siècle, Max Wertheimer, Kurt Koffka et Wolfgang Köhler étudient la façon dont nous percevons des ensembles plutôt qu’une addition de détails. Gestalt veut simplement dire « forme » ou « configuration » en allemand, rappellent Gordon Wheeler et Lena Axelsson dans Gestalt Therapy (American Psychological Association, 2015).
À Francfort, dans les années 1920, Kurt Goldstein applique ces idées au corps entier. En soignant des blessés au cerveau, il comprend qu’on ne peut pas réparer une fonction isolée sans tenir compte de tout l’organisme et de son milieu. À la même époque, Kurt Lewin commence à décrire la personne dans son « champ », c’est-à-dire dans l’ensemble des forces qui l’entourent.
Le lien passe par Laura. Wheeler et Axelsson le disent sans détour : si elle n’avait pas étudié avec Wertheimer et Gelb, Fritz Perls n’aurait peut-être jamais vu le rapport entre ses intérêts et cette psychologie. Charles Bowman, dans l’ouvrage dirigé par Ansel Woldt et Sarah Toman (2005), ajoute un détail : exilé à New York, Goldstein prendra plus tard des cours d’anglais avec un tuteur, Paul Goodman.
L’exil sud-africain et le premier livre
En Afrique du Sud, les Perls retrouvent une vie confortable et du temps pour écrire. Gro Skottun et Åshild Krüger (Gestalt Therapy Practice, Routledge, 2021) décrivent un livre qui rassemble des idées venues de partout : le holisme du Premier ministre et philosophe Jan Smuts, les polarités du philosophe Salomo Friedlaender, l’organisme selon Goldstein, la perception selon les gestaltistes.
Le livre de 1947, Ego, Hunger and Aggression, se présente encore comme une révision de la théorie de Freud. Il part d’une observation très concrète, que les Perls tirent de l’alimentation et du sevrage de leurs enfants : on peut « avaler » sans mâcher, de la nourriture comme des idées toutes faites. Bowman rappelle que Laura a écrit deux chapitres de ce livre, et que la mention de sa contribution a même disparu de l’édition de 1969.
La rupture avec la psychanalyse est donc progressive. La page qui compare la Gestalt, les TCC et la psychanalyse explique ce que la Gestalt a gardé de Freud et ce qu’elle a changé.
New York, 1951 : le livre fondateur et le premier institut
À New York, Fritz Perls rencontre Paul Goodman. Selon Wheeler et Axelsson, leur point de départ est un manuscrit inachevé que Perls avait rapporté d’Afrique du Sud, aujourd’hui perdu. Laura Perls tient un rôle de formatrice essentiel dans la mise au point de leurs idées.
Goodman écrit l’essentiel de la théorie du livre de 1951, Hefferline sa partie pratique, faite d’exercices d’attention (Skottun et Krüger, p. 37), un partage que la page de présentation de la Gestalt-thérapie détaille. C’est dans ce livre que naissent des notions comme le contact, la frontière entre soi et le monde, ou l’awareness, la conscience de ce qui se passe maintenant.
Le groupe d’étude réuni autour du livre devient en 1952 le New York Institute for Gestalt Therapy. Laura Perls et Isadore From y forment, selon Wheeler et Axelsson, deux générations de Gestalt-thérapeutes venus d’Amérique du Nord et d’Europe. Ni l’une ni l’autre n’a beaucoup écrit : From refusait même d’écrire. Leur influence est passée par leurs élèves. Laura Perls insistait sur le corps et ses appuis, la respiration, la façon de se tenir debout. From restait très proche du texte de 1951. Pour voir les mouvements de contact décrits en 1951 un par un, une page leur est consacrée.
À Cleveland, la Gestalt devient enseignable
Le Gestalt Institute of Cleveland se présente aujourd’hui comme fondé en 1954 par les premiers élèves de Fritz et Laura Perls, d’Isadore From et de Paul Goodman. Philip Brownell (Gestalt Therapy: A Guide to Contemporary Practice, Springer, 2010) raconte des débuts plus progressifs. Fritz Perls et Paul Weisz lancent un groupe de formation à Cleveland même, qui s’organise vers 1955 et, selon Edwin Nevis, prend son nom actuel en 1957 ou 1958.
Le groupe de Cleveland a une couleur particulière. Plusieurs de ses fondateurs viennent de la psychologie sociale et des organisations, et enseignent dans les laboratoires créés par Kurt Lewin pour étudier les groupes. Ils veulent transmettre la Gestalt à des publics variés : thérapeutes, enseignants, consultants. Isadore From vient de New York pour y former la première promotion, deux fois par mois pendant dix ans, raconte Brownell.
De ce travail sortent des livres que l’on lit encore : Gestalt Therapy Integrated d’Erving et Miriam Polster (1973), Creative Process in Gestalt Therapy de Joseph Zinker (1977), puis les travaux d’Edwin Nevis sur les organisations. On doit aussi à Cleveland le schéma du cycle de contact, du besoin au retrait, qui a rendu la théorie de 1951 beaucoup plus facile à enseigner.
Esalen et les années 1960 : la célébrité et ses malentendus
En 1960, Fritz Perls part pour la Californie. Selon Wheeler et Axelsson, il quitte bientôt la pratique clinique pour se consacrer aux démonstrations publiques et aux ateliers, à Esalen et ailleurs. C’est à ce moment que la Gestalt devient connue du grand public. Skottun et Krüger (p. 38) relient à ces démonstrations la naissance de plusieurs instituts, à Cleveland, Miami, San Francisco et Los Angeles, et jusque sur l’île de Vancouver, au Canada.
Le revers est connu. Devant un public, Perls travaille vite, souvent avec une seule personne assise face à lui, sur ce qu’on a appelé la « chaise chaude ». Skottun et Krüger (p. 191) rappellent qu’il poussait parfois ses clients à exprimer leur colère par la force, en criant ou en frappant des coussins. Beaucoup de gens ont alors retenu de la Gestalt un spectacle, une suite de techniques et la recherche de la percée émotionnelle. La technique de la chaise vide, née de ces ateliers, a bien changé depuis : lisez la page sur la chaise vide telle qu’on la pratique aujourd’hui.
Pendant ce temps, à New York, Laura Perls continue un travail plus lent, plus dialogué, attentif aux appuis de chacun. L’histoire de la Gestalt n’est donc pas celle d’un seul homme. Paul Goodman, de son côté, quitte lui aussi la clinique dans les années 1960 pour un rôle d’écrivain et de penseur public.
Après les fondateurs : le tournant relationnel
Wheeler et Axelsson résument l’évolution en une phrase forte : le demi-siècle suivant doit davantage à l’héritage de Paul Goodman et de Laura Perls qu’à celui de Fritz Perls, tout en gardant son intuition de départ. Le livre de 1951 était riche en théorie, mais pauvre en outils et presque muet sur la formation des thérapeutes, sauf sur un point : le futur thérapeute doit d’abord avoir fait lui-même l’expérience de la thérapie.
Les élèves des fondateurs ont donc comblé les vides. Gary Yontef a développé le dialogue en séance et la relation dite « je-tu » (1993) : une rencontre où chacun est pris comme une personne entière, avec son histoire, plutôt que comme un cas. Malcolm Parlett a approfondi la théorie du champ. Lynne Jacobs et Richard Hycner ont travaillé la relation et l’intersubjectivité, c’est-à-dire ce qui se crée entre deux personnes qui s’influencent l’une l’autre (2009). Gordon Wheeler, formé à Cleveland, a écrit sur la honte et le soutien.
Pour ces auteurs, une personne ne change pas seulement par un effort de volonté ou une prise de conscience. Elle change quand elle trouve de nouveaux appuis autour d’elle et en elle, qui rendent le nouveau comportement possible. Wheeler et Axelsson voient dans cette recherche d’appuis l’un des apports les plus utiles de la Gestalt, et l’un des plus négligés en thérapie. Cette évolution rapproche aussi la Gestalt des autres thérapies humanistes, centrées sur la personne et la relation.
Et la Gestalt-thérapie en France ?
La Gestalt arrive en France par deux voies. La première passe par la Californie. Serge Ginger, ancien psychanalyste et psychodramatiste, découvre la Gestalt à Esalen puis à San Francisco, se forme ensuite auprès des Polster, de Zinker et d’autres, et rentre en France avec ce bagage. L’École parisienne de Gestalt, qu’il ouvre avec Anne Ginger au tout début des années 1980, puis la FORGE, une fédération internationale d’écoles, en sont les fruits.
La seconde vient de Cleveland, par la Belgique. Brownell décrit Jean-Marie Robine suivant, dès le milieu des années 1970, l’enseignement des formateurs francophones de l’institut de Cleveland, puis travaillant avec Isadore From lors de ses séjours en Europe. Robine s’attache à prolonger la théorie de Goodman et de From, dans ses livres et dans les deux revues de langue française qu’il a créées.
Aujourd’hui, les Gestalt-thérapeutes français sont formés dans des écoles privées et beaucoup adhèrent à une fédération. Je suis membre de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P), qui a adopté le code de déontologie de l’Association européenne de psychothérapie (EAP) : c’est ce code qui encadre ma pratique. Gestalt-thérapeute n’est pas un titre réglementé : la page qui explique la différence entre psychologue, psychothérapeute et psychopraticien dit quoi vérifier avant de choisir un praticien.
Ce que cette histoire change dans une séance aujourd’hui
Connaître cette histoire aide à savoir à quoi s’attendre. Si vous avez vu des vidéos de Fritz Perls à Esalen, la séance d’aujourd’hui vous surprendra sans doute par son calme. Le thérapeute ne cherche pas à provoquer une crise devant vous. Il regarde avec vous comment les choses se passent, maintenant, dans votre corps, dans vos mots et dans la relation avec lui.
De Laura Perls vient l’attention au soutien : avant de vous inviter à prendre un risque, on vérifie sur quoi vous pouvez vous appuyer. De Goodman vient l’idée que l’on se construit dans le lien et dans son milieu, si bien que votre couple, votre travail ou votre exil font partie de la séance. Goodman appelait ces solutions trouvées en chemin des ajustements créateurs. De Cleveland vient une façon pédagogique de repérer où votre élan s’arrête. Et le tournant relationnel fait de la relation thérapeutique elle-même un lieu d’expérience.
Où je me situe dans cette histoire
Je me suis formé à la Gestalt-thérapie à l’IFFP, de 2012 à 2017, en quatre cycles. L’IFFP se rattache à la Gestalt-thérapie que Serge et Anne Ginger ont fait connaître en France.
Parmi les fondateurs, j’ai un penchant pour Paul Goodman, pour son côté pédagogique. Pour le reste, la Gestalt que je pratique est une émanation personnelle, le fruit de mon expérience, qui reste unique.
À quelqu’un qui hésite entre plusieurs approches, je dis que le processus dans lequel la personne s’inscrit compte davantage que l’outil. L’analyse cherche le pourquoi, alors que la Gestalt s’oriente plutôt vers le comment.
Pour voir comment ce travail se déroule concrètement au cabinet, lisez la page Gestalt-thérapie au cabinet de Paris 12 ou celle consacrée à la thérapie individuelle à Paris 12 et en visio.
Questions fréquentes
Qui a inventé la Gestalt-thérapie ?
La réponse courte tient en trois noms : Fritz Perls, Laura Perls et Paul Goodman. Sur la couverture du livre de 1951, on lit Perls, Hefferline et Goodman. Laura n’y apparaît pas, alors qu’elle travaillait déjà la méthode avec Fritz en Afrique du Sud et qu’elle a ensuite tenu l’Institut de New York, ouvert en 1952.
Pourquoi le mot « Gestalt » ?
« Gestalt » est un mot allemand qui veut dire « forme » ou « configuration ». Il vient de la psychologie de la forme, née en Allemagne au début du XXe siècle, qui montre que nous percevons des ensembles avant les détails. Les fondateurs ont repris le mot pour une thérapie qui regarde la personne comme un tout, en lien avec son milieu.
Laura Perls est-elle une fondatrice de la Gestalt-thérapie ?
Oui, et les historiens de la Gestalt le disent aujourd’hui clairement. Son nom manque sur le livre de 1947, dont elle avait pourtant écrit deux chapitres. À New York, c’est elle qui fait vivre l’institut, de 1952 jusqu’aux dernières années de sa vie. Comme elle transmettait surtout par la formation et écrivait peu, on a mis longtemps à mesurer sa place.
La Gestalt de Fritz Perls à Esalen, est-ce celle qu’on pratique aujourd’hui ?
En grande partie, non. Les démonstrations publiques d’Esalen ont fait connaître la Gestalt, mais elles en ont donné une image de spectacle et de techniques rapides. La Gestalt d’aujourd’hui garde l’attention au présent et au corps. Elle travaille plus lentement, dans le dialogue, en s’appuyant sur les ressources de la personne, dans la lignée de Laura Perls, de Goodman et de leurs élèves.
La Gestalt-thérapie est-elle reconnue en France ?
Aucune loi ne reconnaît une méthode de psychothérapie en particulier. Depuis 2004, c’est le titre de psychothérapeute qui est réglementé, et « Gestalt-thérapeute » n’est pas un titre protégé : il faut donc regarder la formation, le travail personnel et la fédération du praticien. Côté recherche, la Gestalt a été moins étudiée que les TCC, mais des travaux récents vont dans le sens d’un effet réel : ils sont résumés sur la page consacrée à l’efficacité de la Gestalt-thérapie selon les études.
Sources
- Perls F. S., Hefferline R. F., Goodman P. (1951). Gestalt Therapy: Excitement and Growth in the Human Personality. Julian Press.
- Perls F. S. (1947). Ego, Hunger and Aggression: A Revision of Freud’s Theory and Method. Allen & Unwin. Compte rendu dans le Journal of Mental Science (1948), Cambridge University Press.
- Wheeler G. et Axelsson L. (2015). Gestalt Therapy. American Psychological Association, chapitres « History » et « Theory » (p. 25-28, 49-51 et 66-67).
- Bowman C. E. (2005). The History and Development of Gestalt Therapy. Dans Woldt A. L. et Toman S. M. (dir.), Gestalt Therapy: History, Theory, and Practice. Sage, chapitre 1.
- Skottun G. et Krüger Å. (2021). Gestalt Therapy Practice: Theory and Experiential Learning. Routledge, chapitre sur les fondateurs (p. 35-38) et p. 191.
- Brownell P. (2010). Gestalt Therapy: A Guide to Contemporary Practice. Springer, chapitre 3 « The Growth of Gestalt Therapy » (p. 47-57).
- New York Institute for Gestalt Therapy, présentation de l’institut (fondation en 1952).
- Gestalt Institute of Cleveland, histoire de l’institut (fondation en 1954).
- Wikipédia, notices Fritz Perls et Laura Perls (en anglais), consultées le 28 octobre 2026 pour recouper les dates.
- Francesetti G., nécrologie de Serge Ginger, Quaderni di Gestalt, FrancoAngeli.
La Gestalt s’est construite dans la rencontre, et la meilleure façon de la comprendre reste d’en faire l’expérience. Je reçois en séance individuelle de 45 minutes, 75 € au Cabinet du Faubourg, à Paris 12, ou 70 € en visio par Zoom.
Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio, formé à l’IFFP et membre de la FF2P. Mise à jour le 29 octobre 2026.
La Gestalt-thérapie ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. En cas de détresse importante ou d’idées noires, parlez-en à votre médecin ou appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.