Pendant l’hypnose, le cerveau ne dort pas et ne s’éteint pas : l’imagerie montre surtout une alarme de l’attention qui se calme et un cortex préfrontal qui communique davantage avec les régions qui perçoivent le corps. Ces résultats viennent de petites études chez des personnes en bonne santé, et les chercheurs ne trouvent pas encore de « signature » unique de l’hypnose.
Cette page rassemble ce que les études d’imagerie ont mesuré, région par région, et ce qu’elles ne permettent pas de dire. Pour l’hypnose au Cabinet du Faubourg en général, voyez la page hypnose thérapeutique à Paris 12 et en visio.
Hypnose et cerveau : l’essentiel
- Le cortex préfrontal, la partie du cerveau qui planifie et décide, reste actif pendant l’hypnose.
- Une région qui sert d’alarme à l’attention se calme : on est moins distrait par l’extérieur, plus absorbé.
- Ce n’est pas un sommeil. La personne reste éveillée.
- La plupart des personnes se souviennent de la séance ; un oubli peut être suggéré, dans un but précis.
- Face à la douleur, une suggestion peut faire baisser son côté désagréable, avec un effet très variable d’une personne à l’autre.
- Ces résultats viennent de petites études, qui concordent encore mal entre elles.

Que se passe-t-il dans le cerveau pendant l’hypnose ?
L’étude la plus citée a mesuré trois changements : une région de l’alarme attentionnelle qui se calme, un cortex préfrontal plus relié à l’insula, et un préfrontal moins relié au réseau qui s’active quand on pense à soi.
En 2017, une équipe de l’université Stanford, autour de Heidi Jiang et David Spiegel, a passé à l’IRM fonctionnelle 57 personnes en bonne santé. Elles avaient été choisies parmi 545, parce qu’elles étaient soit très réceptives, soit très peu réceptives à l’hypnose (Jiang et al., 2017). Pendant l’hypnose, les chercheurs ont observé :
- moins d’activité dans le cortex cingulaire antérieur dorsal, une région qui repère ce qui mérite notre attention ;
- plus d’échanges entre le cortex préfrontal dorsolatéral, qui planifie et contrôle, et l’insula, qui perçoit l’état intérieur du corps ;
- moins d’échanges entre ce même préfrontal et le cortex cingulaire postérieur, une pièce du réseau de la rêverie et des pensées sur soi.
Les auteurs y voient la trace de ce qui caractérise l’état hypnotique : une attention concentrée, un meilleur contrôle du corps et des émotions, et moins de regard sur soi-même. Une lecture possible, en mots simples : la partie qui décide dialogue davantage avec la partie qui ressent.
Il faut aussi le dire : les personnes étudiées étaient des volontaires en bonne santé. Rien ne garantit que le cerveau de patients réagisse de la même façon, et une seule étude ne suffit pas à établir une règle. En 2017, Mathieu Landry et ses collègues de l’université McGill ont rassemblé les études d’imagerie sur l’hypnose. Ils constatent que peu de motifs cérébraux fiables se retrouvent d’une étude à l’autre (Landry et al., 2017). Leur méta-analyse fait ressortir une activation du gyrus lingual, une région de la vision qui sert aussi à se représenter des images. Cela s’accorde avec la place de l’imagination dans l’hypnose.
Le rapport de l’Inserm sur l’hypnose (2015) disait déjà que l’imagerie permet de constater des changements dans le cerveau, sans encore expliquer complètement le phénomène. Le rapport est résumé dans ce que dit l’Inserm sur l’efficacité de l’hypnose. La page sur ce que montrent les études sur l’hypnose et l’anxiété revient sur cette prudence. Le débat est d’ailleurs ancien : le chercheur américain Theodore Barber voyait dans l’état hypnotique un simple prolongement de l’éveil ordinaire, comme le rappelle l’ouvrage Comprendre et maîtriser l’hypnose profonde (2022).
Le cerveau s’endort-il ou se met-il en veille pendant l’hypnose ?
Non, la personne reste éveillée, et les changements mesurés touchent les réseaux de l’attention plutôt que ceux du sommeil.
Dans l’étude de Stanford, le cortex préfrontal ne s’éteint pas. Il reste actif et se relie davantage à l’insula. Vous lirez parfois que l’hypnose « met en veille » le préfrontal : ce n’est pas ce que cette étude a mesuré.
Ce qui baisse, c’est l’activité du cortex cingulaire antérieur dorsal. Cette région trie sans arrêt ce qui se passe autour de vous pour décider de ce qui mérite votre attention. Quand elle se calme, vous êtes moins distrait par l’extérieur et plus absorbé par ce qui se passe en vous. C’est un peu l’état dans lequel on lit un livre sans entendre qu’on nous appelle.
Les ouvrages de référence vont dans le même sens. L’aide-mémoire d’hypnoanalgésie paru chez Dunod (2014) résume les travaux d’imagerie ainsi : un « état de veille modifié et non état de sommeil ». Les auteurs de Comprendre et maîtriser l’hypnose profonde opposent l’hypnose à une perte de connaissance. Dans la perte de connaissance, l’activité du cerveau baisse partout ; en hypnose, les réseaux de l’attention sont plus actifs. Les deux tableaux sont opposés.
Et le contrôle ? Vous entendez la voix du praticien, vous pouvez parler, bouger, ouvrir les yeux. Les idées reçues sur ce point sont traitées dans les mythes et la réalité de l’hypnose thérapeutique. Si c’est votre sommeil qui vous préoccupe, la page hypnose et insomnie fait le point sur ce que l’hypnose peut apporter aux nuits.
Que devient la mémoire quand le cerveau est sous hypnose ?
La plupart des personnes se souviennent de leur séance, parfois avec l’impression que le temps est passé plus vite.
Ce temps raccourci reste une impression fréquente ; aucune étude citée ici ne permet de lui donner un chiffre.
L’oubli existe pourtant en hypnose, mais il ne vient pas tout seul. Il peut être suggéré volontairement, dans un but précis. J’utilise parfois l’oubli suggéré, en visualisation, avec différentes méthodes, pour contourner des résistances. Il s’agit alors d’un outil choisi pour une raison précise, bien différent d’un trou de mémoire subi.
Aucune étude citée ici ne relie cet oubli à une région précise du cerveau, et la carte n’en montre donc aucune. Ce qui se passe concrètement pendant une séance, de l’entrée en transe au retour, est décrit dans le déroulement d’une séance d’hypnose.
Comment je travaille cela en séance
Diplômé de l’Institut Français d’Hypnose Ericksonienne et Humaniste (IFHE), je pratique l’hypnose depuis 2014, avec plus de 2 000 séances à ce jour.
La peur de perdre le contrôle est légitime. Ma façon de pratiquer l’hypnose permet justement que la personne soit actrice de son changement. Ce qui compte surtout, c’est son envie de changer. Elle a juste besoin de faire appel à son imagination, qui n’a pas de limite, pour les métaphores isomorphiques, ces histoires construites sur le modèle de sa situation.
J’adapte les métaphores aux préférences de la personne, pour qu’elle puisse s’en emparer.
Les séances ont lieu au cabinet ou en visio sur Zoom. En visio, il me faut surtout un bon son et voir la personne ; je donne la priorité au son, qui est déterminant pour moi.
Comment le cerveau traite-t-il la douleur sous hypnose ?
Une suggestion hypnotique peut changer le côté désagréable d’une douleur sans changer son intensité, et c’est le cortex cingulaire antérieur qui suit ce changement.
Le trajet, en simplifiant : le signal du corps entre dans le cerveau par le cortex somatosensoriel, le gyrus postcentral sur la carte (la bande bleue). D’autres régions, dont l’insula et le cortex cingulaire antérieur, lui donnent ensuite sa couleur désagréable.
En 1997, Pierre Rainville et son équipe de l’Université de Montréal ont utilisé des suggestions hypnotiques pour rendre une stimulation douloureuse plus ou moins désagréable, sans changer l’intensité ressentie. En imagerie (tomographie par émission de positons), l’activité du cortex cingulaire antérieur suivait ce désagrément, alors que celle du cortex somatosensoriel ne bougeait pas (Rainville et al., 1997).
Une méta-analyse de 85 essais trouve une baisse de la douleur de 42 % chez les personnes très réceptives et de 29 % chez les personnes moyennement réceptives, avec un bénéfice minime chez les autres (Thompson et al., 2019). Ces chiffres portent sur une douleur provoquée en laboratoire, chez des volontaires sains, avec une suggestion directe de soulagement : ce ne sont pas des chiffres de douleur chronique. Pour la douleur chronique, les études trouvent un effet modéré (Langlois et al., 2022). Le nombre de séances à prévoir et la façon de travailler sur une douleur qui dure sont expliqués dans l’hypnose face à la douleur chronique.
L’hypnose ne traite pas la cause d’une douleur. Une douleur nouvelle, ou qui change, demande d’abord un médecin. Le rythme des séances est expliqué dans combien de séances d’hypnose prévoir, et l’autohypnose, très étudiée face à la douleur, dans apprendre l’autohypnose et ses limites.
Pourquoi le cerveau de certaines personnes répond-il plus que d’autres ?
La réceptivité à l’hypnose varie beaucoup d’une personne à l’autre, et elle reste assez stable au fil des années.
L’équipe de Stanford a choisi exprès des personnes aux deux extrêmes, très réceptives et très peu réceptives, pour pouvoir comparer leurs cerveaux. Et pour la douleur, la méta-analyse de Thompson trouve un bénéfice minime chez les moins réceptifs.
Cette réceptivité bouge peu. Des chercheurs de Stanford ont retesté 50 personnes mesurées une première fois quand elles étaient étudiantes, entre 1958 et 1962. Elles ont repassé le test en 1970, puis en 1985, soit environ 25 ans plus tard. Les scores étaient restés proches, avec un changement médian d’un seul point sur une échelle de 12 (Piccione et al., 1989).
La question divise depuis longtemps. L’historien Henri Ellenberger raconte qu’au premier congrès international de psychologie physiologique, tenu à Paris en août 1889 (Sabourin et Cooper, 2014), trois thèses s’affrontaient. Hippolyte Bernheim soutenait que tout le monde peut être hypnotisé, tout en admettant qu’il fallait une certaine impressionnabilité. Pierre Janet pensait que seules les personnes hystériques ou épuisées le pouvaient. Ochorowicz voyait dans la réceptivité une disposition propre à chacun, chez les bien-portants comme chez les malades (The Discovery of the Unconscious, 1970).
Si l’hypnose vous convient peu, d’autres chemins existent pour le même travail, comme la Gestalt-thérapie, une thérapie dite de troisième génération, en thérapie individuelle à Paris 12.
Sources
- Jiang H., White M. P., Greicius M. D., Waelde L. C., Spiegel D. (2017). Brain activity and functional connectivity associated with hypnosis. Cerebral Cortex, 27(8), 4083-4093. doi.org/10.1093/cercor/bhw220
- Landry M., Lifshitz M., Raz A. (2017). Brain correlates of hypnosis: a systematic review and meta-analytic exploration. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 81(Pt A), 75-98. doi.org/10.1016/j.neubiorev.2017.02.020
- Rainville P., Duncan G. H., Price D. D., Carrier B., Bushnell M. C. (1997). Pain affect encoded in human anterior cingulate but not somatosensory cortex. Science, 277(5328), 968-971. doi.org/10.1126/science.277.5328.968
- Thompson T., Terhune D. B. et al. (2019). The effectiveness of hypnosis for pain relief: a systematic review and meta-analysis of 85 controlled experimental trials. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 99, 298-310. doi.org/10.1016/j.neubiorev.2019.02.013
- Langlois P. et al. (2022). Hypnosis to manage musculoskeletal and neuropathic chronic pain: a systematic review and meta-analysis. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 135, 104591. doi.org/10.1016/j.neubiorev.2022.104591
- Piccione C., Hilgard E. R., Zimbardo P. G. (1989). On the degree of stability of measured hypnotizability over a 25-year period. Journal of Personality and Social Psychology, 56(2), 289-295. PubMed 2926631
- Inserm (2015). Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose. inserm.fr
- Célestin-Lhopiteau I., Bioy A. (coord.) (2014). L’aide-mémoire d’hypnoanalgésie et d’hypnosédation en 43 notions. Dunod, Paris (notion 30).
- Comprendre et maîtriser l’hypnose profonde (2022), chapitres « Introduction » et « Activité cérébrale en transe ».
- Sabourin M., Cooper S. (2014). The first International Congress of Physiological Psychology (Paris, August 1889): the birth of the International Union of Psychological Science. International Journal of Psychology, 49(3), 222-232. doi.org/10.1002/ijop.12071
- Ellenberger H. F. (1970). The Discovery of the Unconscious: The History and Evolution of Dynamic Psychiatry. Basic Books, New York.
Ces résultats décrivent des moyennes de groupe. Ils ne prédisent pas ce qu’une séance produira pour vous.
Pour l’hypnose au cabinet dans son ensemble, revenez à la page l’hypnose thérapeutique au Cabinet du Faubourg. Les deux styles appris à l’IFHE sont comparés dans la différence entre hypnose ericksonienne et humaniste.
Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio. Mise à jour le 2 novembre 2026.
Si vous voulez essayer l’hypnose, une séance dure 80 minutes (100 €), au Cabinet du Faubourg ou en visio sur Zoom.
L’hypnose ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. Si une douleur dure, change ou s’aggrave, consultez votre médecin.