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Qu’est-ce qu’une thérapie humaniste ?

Une thérapie humaniste part de l’idée que chaque personne porte en elle une tendance à grandir, et qu’une relation vraie et sans jugement avec le thérapeute l’aide à la retrouver. Née aux États-Unis dans les années 1950 et 1960 avec Carl Rogers, Abraham Maslow et, pour la Gestalt-thérapie, Fritz et Laura Perls, elle regroupe plusieurs approches qui s’intéressent à l’expérience vécue ici et maintenant plutôt qu’au diagnostic.

Thérapie humaniste : l’essentiel

Ce n’est pas une méthode unique mais une famille : l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers, la Gestalt-thérapie, les thérapies existentielles, le focusing, la thérapie centrée sur les émotions. Elles ont en commun de regarder la personne entière plutôt que le symptôme, de faire de la relation le cœur du travail, de partir du présent et de laisser à chacun la responsabilité de ses choix. Dans les années 1970, des études ont mis en doute l’efficacité du mouvement ; depuis, la recherche s’est beaucoup développée.

Je suis Gestalt-thérapeute, formé à l’IFFP. La Gestalt appartient à cette famille, avec des racines qui lui sont propres. J’ai voulu présenter le courant tel que ses auteurs le décrivent, avec ses forces et les reproches qu’on lui a faits.

D’où vient la psychologie humaniste ?

Au milieu du XXe siècle, deux grands courants occupent la psychologie : la psychanalyse, qui explore l’inconscient, et le comportementalisme, qui étudie les comportements observables et la façon dont ils s’apprennent. La psychologie humaniste se présente comme une troisième voie, d’où le nom de « troisième force » qu’on lui donne souvent. Elle veut s’occuper de ce que les deux autres laissent de côté : le sens que la personne donne à sa vie, sa liberté, sa capacité à changer.

Abraham Maslow et la réalisation de soi

Abraham Maslow (1908-1970) est connu pour sa hiérarchie des besoins, décrite en 1943 dans « A Theory of Human Motivation » : besoins du corps, sécurité, affection, estime, puis réalisation de soi. Le psychologue Alain Lieury la résume par le dicton « Ventre vide n’a pas d’oreille », tout en notant que sa validation « reste encore problématique » (Manuel de psychologie générale, Dunod, 1990). Dans Toward a Psychology of Being (1962, rééd. 1968), Maslow s’intéresse aussi aux personnes en bonne santé et à ce qui les fait grandir.

Carl Rogers et l’approche centrée sur la personne

Carl Rogers (1902-1987), psychologue américain, publie Client-Centered Therapy en 1951, puis On Becoming a Person en 1961, traduit en français sous le titre Le développement de la personne. Selon Gro Skottun et Åshild Krüger, sa thérapie reposait sur un thérapeute empathique, qui n’analysait pas son client et ne le jugeait pas (Gestalt Therapy Practice: Theory and Experiential Learning). Les auteurs de Ma bible des psychothérapies, ouvrage collectif de praticiens de la FF2P, retiennent de lui un tournant : le « patient » devient un « client », acteur de son soin, en alliance avec le thérapeute.

Esalen et le mouvement du potentiel humain

L’Institut Esalen, fondé en Californie en 1962, devient un lieu central du mouvement du potentiel humain, qui s’adresse à des personnes sans trouble particulier, désireuses de se développer. Fritz Perls y anime de grandes démonstrations publiques de Gestalt. Skottun et Krüger rappellent que ce mouvement s’inspirait de la psychologie humaniste et de Maslow, avec son idée de réalisation de soi. Cette notoriété a fait connaître la Gestalt, et lui a aussi valu des critiques, comme on le verra plus bas.

Quels sont les grands principes d’une thérapie humaniste ?

La personne avant le symptôme

On ne vient pas pour « une anxiété » ou « une dépression », mais avec toute sa vie : son histoire, son corps, ses liens, ses valeurs. Le symptôme compte, il est pris au sérieux, mais il est regardé comme une partie de l’ensemble. Le thérapeute humaniste ne pose pas de diagnostic médical, ce qui reste le rôle du médecin.

La relation comme moteur du changement

Rogers décrit trois attitudes indispensables chez le thérapeute : comprendre le client de façon empathique, lui porter une considération positive inconditionnelle, et être authentique, c’est-à-dire accorder ce qu’il dit avec ce qu’il ressent (il parle de congruence). Pour les chercheurs Jerold Bozarth et Noriko Motomasa, cités dans Ma bible des psychothérapies, c’est avec les thérapies humanistes que la relation est devenue, en elle-même, « le facteur curatif ».

L’expérience présente

Le travail porte sur ce que la personne vit maintenant, y compris pendant la séance : une émotion qui monte, un geste, une hésitation. Le passé n’est pas ignoré, il est rencontré tel qu’il se rejoue aujourd’hui. Cette attention au présent porte un nom en Gestalt : l’awareness.

La responsabilité et le choix

Ce principe vient de la philosophie de l’existence. Skottun et Krüger reprennent un exemple de Fritz Perls : dire « la tasse m’a glissé des mains » plutôt que « j’ai fait tomber la tasse », c’est se tenir un peu à l’écart de ce qu’on fait. Il ne s’agit pas de chercher un coupable. Se reconnaître acteur de sa vie, c’est aussi retrouver la liberté de choisir autrement.

Quelles sont les principales thérapies humanistes ?

  • L’approche centrée sur la personne (Carl Rogers) : le thérapeute écoute, reformule et accompagne sans diriger ; il fait confiance à la capacité du client à trouver sa voie.
  • La Gestalt-thérapie (Fritz et Laura Perls, Paul Goodman) : elle travaille sur la façon dont on entre en contact avec les autres et avec soi, avec une grande attention au corps, et propose de petites expériences en séance. Voir le guide de la Gestalt-thérapie au cabinet.
  • Les thérapies existentielles (Viktor Frankl, Rollo May, Irvin Yalom) : elles abordent de front les grandes questions de la vie, comme le sens, la solitude, la liberté ou la mort.
  • Le focusing (Eugene Gendlin, qui a travaillé avec Rogers à Chicago) : il apprend à prêter attention à une sensation corporelle encore floue, jusqu’à ce qu’elle prenne sens.
  • La thérapie centrée sur les émotions (Leslie Greenberg, Robert Elliott et leurs collègues) : elle aide à reconnaître, vivre et transformer les émotions.

La Gestalt-thérapie, une thérapie humaniste à part

Pour Philip Brownell, la Gestalt entre au sens large dans la famille humaniste (Gestalt Therapy: A Guide to Contemporary Practice, Springer, 2010). Elle n’est pourtant ni une simple variante de l’approche de Rogers, ni une application des idées de Maslow : c’est un système théorique et clinique complet. Ses racines sont ailleurs. Il y a la psychologie de la forme, née en Allemagne, et la théorie du champ de Kurt Lewin, qui regarde la personne et son environnement comme un tout. Il y a aussi la phénoménologie, qui part de l’expérience telle qu’elle se donne.

Brownell note que, pour les Gestalt-thérapeutes, les idées de Gestalt Therapy, le livre fondateur de Perls, Hefferline et Goodman (1951), sont contemporaines de celles de Rogers sur la relation, voire les précèdent. Laura Perls voyait la Gestalt comme un art, une approche existentielle, fondée sur l’expérience et l’expérimentation, attentive au souffle, à la posture, aux gestes et à la voix (Skottun et Krüger). Voir aussi l’histoire de la Gestalt, de Perls à Goodman.

Le lien avec Rogers reste fort. Un livre collectif dirigé par Ansel Woldt et Sarah Toman le montre bien (Gestalt Therapy: History, Theory, and Practice, Sage, 2005). Un praticien qui travaille avec des adolescents y explique que l’empathie et la considération positive décrites par Rogers sont le point de départ, et que la Gestalt s’en sert comme d’un appui pour un échange plus actif. Fritz Perls, lui, distinguait la réalisation de soi de la réalisation d’une image de soi, ce qu’on croit devoir être (Phil Joyce et Charlotte Sills, Skills in Gestalt Counselling & Psychotherapy). Pour aller plus loin, la page sur le cycle de contact en Gestalt décrit l’un de ses outils propres.

Quelles critiques a-t-on adressées au mouvement ?

Ces critiques sont réelles, et il vaut mieux les connaître. Selon Charles Bowman, dans l’ouvrage dirigé par Woldt et Toman, une série d’études du début des années 1970 a mis en doute l’efficacité des groupes de développement personnel issus du mouvement, et l’on a reproché à ses praticiens un côté quasi religieux. Skottun et Krüger ajoutent l’accusation de narcissisme, que la Gestalt a aussi reçue à cause de la vision très individualiste de Fritz Perls à la fin de sa vie.

Les démonstrations d’Esalen ont laissé une autre trace : la Gestalt a été vue comme une thérapie de techniques, de guérisons rapides, voire de « trucs ». Bowman juge que cette image ne reflétait ni la formation de Perls, ni sa connaissance de la médecine et de la psychanalyse.

Les thérapies humanistes sont-elles efficaces ?

En 2015, Lynne Angus, Jeanne Watson, Robert Elliott, Kirk Schneider et Ladislav Timulak ont fait le point sur vingt-cinq ans de recherche (Psychotherapy Research, 2015, résumé consulté sur PubMed). Selon eux, les études qualitatives et quantitatives, méta-analyses comprises, permettent de considérer ces approches comme des traitements fondés sur des preuves pour plusieurs troubles psychologiques. Ils notent pourtant un écart persistant : beaucoup de recherche, mais peu de place dans les formations universitaires, les financements et les recommandations des autorités de santé.

Cela ne veut pas dire qu’une thérapie humaniste convient à tout le monde, ni qu’elle remplace un traitement médical. Pour la Gestalt en particulier, la page la Gestalt-thérapie est-elle efficace ? Ce que disent les études détaille les travaux récents, dont une étude française, avec leurs limites.

À quoi ressemble une séance de thérapie humaniste ?

Dans une thérapie humaniste, on est en général assis face à face, sans divan ni programme fixé d’avance. On commence par ce qui est là aujourd’hui. Le thérapeute écoute, dit parfois ce qu’il perçoit, pose des questions sur la façon dont vous vivez les choses plutôt que sur leur cause.

Comment je travaille cela en séance

Pour moi, l’humanisme, c’est « remettre l’humain au cœur des problématiques et du système ». En séance, l’approche est centrée sur la personne, et sur toutes ses difficultés.

Le cadre est toujours le même : parler de soi et pas de l’autre, parler de ce que la personne vit et de la façon dont elle le vit.

Ce que je prends chez Carl Rogers, c’est l’écoute empathique : j’observe les mouvements et les émotions de la personne dans sa façon de s’exprimer.

À quelqu’un qui hésite entre plusieurs approches, je dis que ce n’est pas l’outil qui compte, mais le processus dans lequel la personne s’inscrit. Quand je détecte un danger pour la personne, je recommande de consulter un médecin ou un psychiatre.

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Une séance individuelle coûte 75 € au cabinet, dans le 12e arrondissement de Paris, et 70 € en visio. La page thérapie individuelle à Paris 12 présente le cadre en détail.

Thérapie humaniste et hypnose humaniste : ne pas confondre

L’hypnose humaniste est une méthode d’hypnose, enseignée notamment à l’IFHE, l’école où Stéphane Wioland a été diplômé en hypnose ericksonienne et humaniste en 2014. Elle partage avec la thérapie humaniste l’idée que la personne est actrice de son changement, mais ce n’est pas la psychologie humaniste de Rogers et de Maslow : les deux mots se ressemblent, les pratiques diffèrent. Les différences entre ces deux écoles d’hypnose sont détaillées sur la page hypnose ericksonienne ou hypnose humaniste.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une thérapie humaniste et une TCC ?

La TCC (thérapie cognitive et comportementale) cible des pensées et des comportements précis, avec des exercices et souvent un nombre de séances fixé au départ. Une thérapie humaniste part de la personne et de la relation, sans protocole établi d’avance. Le comparatif Gestalt, TCC ou psychanalyse : quelles différences ? met ces approches côte à côte, sur un même cas.

Un psychologue humaniste, c’est quoi ?

C’est un psychologue, titre protégé en France, qui s’appuie sur l’approche humaniste. Des praticiens qui ne sont pas psychologues peuvent aussi travailler dans ce courant, comme les Gestalt-thérapeutes. Pour savoir qui est qui, consultez la page sur la différence entre psychologue, psychothérapeute et psychopraticien.

Combien de temps dure une thérapie humaniste ?

Il n’y a pas de durée type : cela dépend de votre demande et de votre rythme. Pour donner un repère, dans une étude française sur la Gestalt-thérapie, les patients ont suivi 31 séances en moyenne, sur environ 13 mois (Frontiers in Psychiatry, 2025).

Peut-on faire une thérapie humaniste en visio ?

Oui, les séances individuelles se font au cabinet ou en visio, sur Zoom, choisi pour sa sécurité et sa confidentialité, et aucune séance n’est enregistrée. Le jeudi, les séances ont lieu en visio uniquement.

La thérapie humaniste convient-elle à tout le monde ?

Elle demande d’avoir envie de parler de soi et de s’impliquer dans le travail. Elle ne remplace pas un suivi médical : en cas de trouble sévère, de détresse ou de pensées suicidaires, voyez d’abord votre médecin, ou appelez le 3114.

Qui écrit ? Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg, 82 rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 12, et en visio. Son parcours est détaillé sur la page quel thérapeute est Stéphane Wioland.

Mis à jour le 27 octobre 2026. Ouvrages cités et résumé de l’étude d’Angus et al. relus à cette date.

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Cette page informe, elle ne remplace pas un avis médical. Une thérapie humaniste ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. En cas de détresse ou d’idées suicidaires, parlez-en à votre médecin ou appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 heures sur 24.

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