EMDR : l’essentiel
L’EMDR est une méthode qui aide à retraiter un souvenir pénible : on y pense pendant de courtes séries de mouvements des yeux, ou de tapotements, guidées par le thérapeute. L’Organisation mondiale de la santé la cite depuis 2013 parmi les thérapies à envisager pour le trouble de stress post-traumatique. Je la pratique depuis quatre ans, sans certification EMDR, au Cabinet du Faubourg à Paris 12, et uniquement au cabinet.
- C’est une méthode mise au point par Francine Shapiro à la fin des années 1980, qui suit un protocole en huit phases.
- Elle vise surtout le souvenir d’un événement précis qui revient et fait encore mal, comme un accident ou une agression.
- Les études montrent un effet net sur le stress post-traumatique, avec beaucoup d’essais de qualité moyenne ; pour les autres troubles, les preuves manquent.
- Les séances ont lieu du lundi au mercredi, au cabinet ; je ne pratique pas l’EMDR en visio.
- Si vous cherchez un praticien accrédité EMDR Europe, l’annuaire de l’association EMDR France les recense.
Beaucoup de personnes arrivent ici en cherchant un « psychologue EMDR ». Je ne suis ni psychologue ni médecin, mais Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute. La Gestalt-thérapie fait partie des thérapies humanistes.
Qu’est-ce que l’EMDR ?
EMDR veut dire Eye Movement Desensitization and Reprocessing, soit « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ». Francine Shapiro, psychologue américaine, en a eu l’idée en 1987, presque par hasard, puis a publié une première étude en 1989 dans le Journal of Traumatic Stress (Mengin et Rolling, Le grand livre du trauma complexe, de l’enfant à l’adulte).
La méthode s’appuie sur un modèle appelé « traitement adaptatif de l’information ». L’idée de départ : le cerveau aurait une tendance naturelle à digérer les expériences pénibles. Un souvenir traumatique resterait coincé avec les images, les sensations et les pensées du moment, comme « c’est ma faute », et l’EMDR relancerait cette digestion. Ce modèle guide la séance mais n’est pas démontré.
Le regard qui suit les doigts du thérapeute peut être remplacé par des tapotements alternés ou par des sons envoyés d’une oreille à l’autre : on parle donc aujourd’hui de « stimulation bilatérale » (glossaire d’EMDR Solutions II, dir. Robin Shapiro, 2009).
Comment se passe une séance d’EMDR ?
Le protocole standard décrit par Francine Shapiro (Manuel d’EMDR, traduit en 2007) compte huit phases, qui ne tiennent pas en une seule séance.
- Phase 1, l’histoire. On fait le point sur ce qui vous amène, votre parcours et vos ressources, et l’on repère les signes de dissociation, cette impression d’être coupé de soi.
- Phase 2, la préparation. On explique la méthode, on convient d’un signe pour arrêter, et l’on construit un « lieu sûr » imaginaire, un refuge intérieur où revenir si l’émotion devient trop forte.
- Phase 3, la cible. On choisit le souvenir, l’image qui en reste, la pensée négative sur soi qui l’accompagne et la pensée plus juste que l’on aimerait croire, puis on note à quel point il dérange encore.
- Phase 4, la désensibilisation. Vous gardez le souvenir en tête pendant de courtes séries de stimulations, et entre deux séries vous dites ce qui vient, sans trier.
- Phase 5, l’installation. Quand le souvenir dérange moins, on renforce la pensée positive choisie au départ.
- Phase 6, le scanner corporel. Vous repensez à l’événement en observant votre corps, et une tension qui reste est travaillée à son tour.
- Phase 7, la clôture. La séance se termine dans le calme, au besoin en revenant au lieu sûr si le travail n’est pas fini.
- Phase 8, la réévaluation. Au début de la séance suivante, on regarde ce qui a bougé et ce qui reste à reprendre.
L’EMDR est-elle efficace ? Ce que disent les études
Pour le stress post-traumatique
C’est le domaine le mieux étudié. L’Organisation mondiale de la santé a publié en 2013 des lignes directrices sur les troubles liés au stress. Chez l’adulte, elle y retient trois options à envisager : la thérapie cognitive et comportementale centrée sur le trauma, l’EMDR ou la gestion du stress ; chez l’enfant et l’adolescent, les deux premières (synthèse de Tol et al., PLoS Medicine, 2014).
En France, le guide de la Haute Autorité de santé sur les troubles anxieux graves (juin 2007, p. 18) présente l’EMDR, à égalité avec cette même thérapie cognitive centrée sur le trauma, comme le « traitement de choix » du stress post-traumatique. En 2018, la Société internationale d’étude du stress traumatique (ISTSS) a placé elle aussi l’EMDR parmi les quatre psychothérapies qu’elle recommande le plus fortement, comme le rappelle un chapitre du livre de Mengin et Rolling.
La revue Cochrane de Bisson et al. (2013), qui réunit 70 essais et 4 761 adultes, va dans le même sens. La thérapie cognitive centrée sur le trauma et l’EMDR y font mieux qu’une simple attente, et ne se distinguent pas nettement l’une de l’autre juste après le traitement. Les auteurs jugent toutefois la qualité des preuves « très faible » et demandent de lire ces résultats avec prudence.
Les limites
La méta-analyse de Cuijpers et al. (2020), consacrée à l’EMDR, porte sur 76 essais. Face à un groupe témoin, l’effet est important (g = 0,93), mais les résultats varient beaucoup d’un essai à l’autre. Seules 4 des 27 études évaluées sur ce point présentent un faible risque de biais, et certains indices laissent penser que les études défavorables ont été moins souvent publiées. L’EMDR paraît plus efficace que d’autres thérapies, sauf justement dans les études les plus solides.
Pour les phobies et l’anxiété aux examens, quelques résultats positifs existent, mais ils reposent sur quelques études seulement, de faible qualité ; pour les autres troubles, les essais manquent. La place de l’hypnose et des mouvements oculaires est détaillée dans ce que l’on sait des approches face à une peur précise. Les auteurs concluent que l’EMDR peut être efficace à court terme sur le stress post-traumatique, mais que la qualité des études reste trop faible pour trancher.
Pourquoi les yeux ?
Personne ne le sait avec certitude. L’hypothèse la mieux étayée est celle de la mémoire de travail, qui nous sert à garder une information en tête quelques secondes. Si vous gardez un souvenir pénible en tête tout en suivant du regard les doigts du thérapeute, les deux tâches se disputent la même place : le souvenir devient moins net et moins chargé d’émotion. La revue de Landin-Romero et al. (2018), qui a examiné 87 études, trouve un soutien « raisonnable » à cette hypothèse, tout en estimant que la recherche sur le fonctionnement de l’EMDR en est encore à ses débuts.
Pour qui, et pour qui pas ?
L’EMDR s’adresse d’abord aux personnes que poursuit un événement précis : des images qui reviennent, des cauchemars, des sursauts, une peur qui s’est installée après un accident, une agression ou un choc.
Certaines situations demandent de la prudence :
- En cas de trouble psychotique, la HAS indique que l’EMDR est contre-indiquée.
- En cas de dissociation importante ou de traumatismes nombreux et anciens, le protocole prévoit de repérer la dissociation dès la première phase. Pour le trauma complexe, les recommandations internationales proposent d’abord une phase de stabilisation, avant de travailler sur les souvenirs (Mengin et Rolling). La méta-analyse de Coventry et al. (2020) va dans ce sens : les approches par étapes, qui associent l’apprentissage de compétences au travail sur le trauma, sont les plus prometteuses quand les émotions débordent et que les relations deviennent difficiles.
- Après un choc très récent, les symptômes de stress sont souvent passagers et s’apaisent d’eux-mêmes chez beaucoup de personnes (revue Cochrane de Bertolini et al., 2024). Votre médecin est alors le premier interlocuteur.
- Pendant une crise aiguë, avec des idées suicidaires, une détresse qui déborde ou des violences en cours, une séance d’EMDR n’est pas la bonne réponse. La page crise d’angoisse : que faire ? donne les gestes immédiats.
Si des idées noires apparaissent, appelez le 3114 (prévention du suicide), joignable gratuitement jour et nuit. Si vous subissez des violences au sein du couple, le 3919 est gratuit et anonyme ; en cas de danger immédiat, composez le 17 ou le 112. Les questionnaires d’auto-évaluation du cabinet aident à faire le point, sans valoir diagnostic. Pour une anxiété diffuse plutôt qu’un souvenir précis, voyez la page sur la thérapie de l’anxiété et du stress.
Qui peut pratiquer l’EMDR, et que veut dire « certifié » ?
En France, la loi protège des titres, comme psychologue ou psychothérapeute, et non l’usage d’une méthode comme l’EMDR. Le titre de psychothérapeute relève de l’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 et du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010, celui de psychologue de l’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985. La page psychologue, psychothérapeute ou psychopraticien : quelles différences ? explique ce que chaque titre garantit.
Les mots « accrédité » ou « certifié » renvoient à une formation reconnue par un réseau, comme EMDR Europe, que représente en France l’association EMDR France. Celle-ci accrédite des formateurs, des superviseurs et des praticiens. D’après sa page des prérequis, lue le 27 octobre 2026, sa formation est ouverte aux psychiatres, aux psychologues, aux psychothérapeutes inscrits auprès de l’agence régionale de santé et aux internes en psychiatrie dès la troisième année. Un médecin solidement formé à la psychothérapie, avec au moins deux ans de pratique, peut demander une dérogation. D’autres associations proposent leurs propres parcours.
Je n’ai pas cette accréditation. Si c’est un critère important pour vous, ou si un trouble de stress post-traumatique a été diagnostiqué, l’annuaire d’EMDR France permet de trouver un praticien accrédité près de chez vous. C’est un choix légitime, et c’est le vôtre.
Ma pratique de l’EMDR, depuis quatre ans et sans certification
Je pratique l’EMDR depuis quatre ans, sans certification EMDR, et l’hypnose depuis 2014, avec plus de 2 000 séances.
Pour moi, « l’EMDR est très proche de l’hypnose, et le mécanisme est très proche de la Gestalt et de l’hypnose ». Quand une personne hésite entre l’EMDR, l’hypnose et la Gestalt-thérapie, « c’est souvent le client qui choisit ».
L’EMDR se fait uniquement au cabinet, jamais en visio. Et quand je détecte un danger pour la personne, je recommande le médecin ou le psychiatre.
EMDR et hypnose : quels liens ?
Ce rapprochement se retrouve dans la littérature clinique. Dans l’American Journal of Clinical Hypnosis, C. G. Fine et A. S. Berkowitz ont décrit en 2001 un protocole qui imbrique l’hypnose et l’EMDR pour les troubles dissociatifs et le stress post-traumatique chronique. Selon eux, l’EMDR convient bien au traitement du trauma mais peut déstabiliser, alors que l’hypnose sert à stabiliser, à apaiser les émotions et à construire un lieu sûr. Les auteurs réservent ce protocole à des cliniciens expérimentés dans les deux méthodes. Dans le même guide, la HAS note aussi que l’hypnose peut aider sur certains symptômes du stress post-traumatique, comme les douleurs, l’anxiété ou les cauchemars. Ce que disent les études sur l’hypnose et l’anxiété.
Pour aller plus loin, lisez les pages sur l’hypnose thérapeutique à Paris 12 et sur les mythes et la réalité d’une séance d’hypnose. Pour comprendre l’hypnose que je pratique, voyez la différence entre hypnose ericksonienne et humaniste.
Où, quand, et à quel prix ?
Les séances d’EMDR ont lieu au cabinet, près du métro Ledru-Rollin (ligne 8), du lundi au mercredi, de 14 h à 23 h. Le jeudi est réservé à la visio : il n’y a donc pas d’EMDR ce jour-là.
Les tarifs des séances individuelles figurent sur la page thérapie individuelle à Paris 12 ; pour l’EMDR, posez-moi la question à psy@wioland.com avant de réserver. Le paiement se fait par carte bancaire, à la réservation en ligne.
Si vous cherchez un praticien accrédité, l’annuaire d’EMDR France est le bon point de départ ; si vous voulez en parler avec moi, réservez une séance au cabinet.
Questions fréquentes sur l’EMDR
Combien de séances d’EMDR faut-il ?
Personne ne peut le dire à l’avance. Cela dépend du souvenir travaillé, de votre histoire et de votre stabilité du moment. Quand les traumatismes sont nombreux ou anciens, les recommandations prévoient d’abord une phase de stabilisation, ce qui allonge le travail. Côté hypnose, la page combien de séances d’hypnose donne des repères de rythme.
Est-ce que l’on revit le traumatisme pendant la séance ?
Le souvenir est rappelé, et des émotions fortes peuvent monter pendant une série. Mais vous restez conscient et vous gardez la main : un signe convenu à l’avance suffit pour arrêter, et la phase de clôture permet de finir la séance au calme.
Peut-on faire de l’EMDR en visio ?
Certains praticiens la proposent. Je ne le fais pas : chez moi, l’EMDR se pratique seulement au cabinet, à Paris 12. La thérapie individuelle, elle, est possible en visio.
Faut-il une ordonnance pour faire de l’EMDR ?
Non, aucune ordonnance n’est nécessaire. Si vous êtes suivi par un médecin ou si vous prenez un traitement, parlez-lui de votre démarche, et ne modifiez jamais un traitement sans son avis.
L’EMDR est-elle remboursée ?
Mes séances ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie. Certaines mutuelles prévoient un forfait pour ce type d’accompagnement : vérifiez votre contrat avant de commencer.
Qui écrit ? Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg, 82 rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 12. Son parcours est détaillé sur la page quel thérapeute est Stéphane Wioland.
Mis à jour le 27 octobre 2026. Recommandations de l’OMS et de la HAS, revues Cochrane, méta-analyses et site d’EMDR France relus à cette date.
Cette page informe, elle ne remplace pas un avis médical. L’EMDR ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. En cas de détresse ou d’idées suicidaires, parlez-en à votre médecin ou appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 heures sur 24.