06 58 17 83 35 psy@wioland.com

L'hypnose peut aider à vivre une douleur chronique en changeant la façon dont le cerveau traite le signal, sans réparer ce qui la cause. Les études trouvent un effet modéré, net surtout à partir de huit séances : c'est un travail de plusieurs semaines, en complément du suivi médical.

Cette page explique ce qu'est une douleur chronique, le rôle d'une petite région cachée du cerveau, l'insula, ce que les études permettent de dire, et comment se passe le travail en séance. Pour l'hypnose au Cabinet du Faubourg en général, voyez la page hypnose thérapeutique à Paris 12 et en visio.

Hypnose et douleur chronique : l'essentiel

L'hypnose agit sur la manière dont la douleur est perçue et vécue. Elle ne répare ni un disque usé, ni un nerf abîmé, ni une articulation.

Dans les essais sur les douleurs chroniques des muscles, des articulations et des nerfs, l'effet est modéré. Il devient net à partir de huit séances ; en dessous, la différence n'était pas significative.

Les résultats varient d'une personne à l'autre, en particulier selon la réceptivité à l'hypnose.

La douleur doit d'abord avoir été explorée par un médecin, et l'hypnose ne remplace aucun traitement.

Au Cabinet du Faubourg, un exercice d'autohypnose à pratiquer à la maison accompagne très souvent les séances. Une séance dure 80 minutes et coûte 100 €, au cabinet ou en visio.

Pourquoi une douleur qui dure ne se résume pas à la zone qui fait mal ?

La Haute Autorité de santé reprend la définition de l'association internationale qui étudie la douleur (IASP). Une douleur chronique est une douleur « qui persiste ou se reproduit pendant plus de 3 mois » (HAS, 2023). Le même guide précise que le but du soin est rarement de faire disparaître la douleur. Il s'agit surtout de réduire la gêne qu'elle entraîne et d'améliorer la qualité de vie.

La douleur n'est pas un simple câble qui irait du genou au cerveau. Le manuel de neurosciences de Bear, Connors et Paradiso le rappelle : la même activité des capteurs de la douleur ne produit pas toujours la même douleur. Selon le contexte, elle paraît plus ou moins forte. L'aide-mémoire d'hypnoanalgésie paru chez Dunod décrit ainsi plusieurs faces de la douleur, que le soin peut viser une par une. Il y a sa force et son endroit, le sens qu'on lui donne, l'émotion qui l'accompagne et la façon dont elle change le comportement.

L'intensité et le désagrément sont deux choses différentes. En 1997, l'équipe de Pierre Rainville, à Montréal, a utilisé des suggestions hypnotiques pour rendre une même chaleur plus ou moins désagréable, sans changer son intensité. L'imagerie a montré que l'activité du cortex cingulaire antérieur suivait ce désagrément, alors que celle de la zone qui reçoit les sensations du corps ne bougeait pas (Rainville et al., 1997). L'expérience portait sur des volontaires et une douleur provoquée, mais elle explique pourquoi on peut souffrir moins d'une douleur qui reste présente.

Avec le temps, la douleur chronique déborde aussi sur la vie entière. L'aide-mémoire de Dunod cite le manque de sommeil, la fatigue, l'irritation, l'isolement, la colère et la culpabilité. Si ce sont vos nuits qui en pâtissent, la page hypnose et sommeil fait le point sur ce que l'on sait.

Qu'est-ce que l'insula, et quel rôle joue-t-elle dans la douleur ?

Carte fonctionnelle du cerveau vu de côté, avec les lobes, le gyrus postcentral qui reçoit les sensations du corps, et un encadré sur l'insula, cachée sous les lobes frontal, pariétal et temporal.
L'insula n'apparaît qu'une fois les replis du cerveau écartés. Schéma simplifié. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

L'insula est une partie du cortex enfouie au fond du sillon latéral, sous les lobes frontal, pariétal et temporal. On ne la voit pas de l'extérieur. Sur la carte, la zone qui reçoit le toucher, la température et la douleur est le gyrus postcentral, en surface ; l'insula, elle, se trouve en profondeur.

Elle reçoit en continu des informations venues de l'intérieur du corps : battements du cœur, respiration, état de l'estomac, tension. Les chercheurs appellent cela l'intéroception. Le neuroanatomiste Bud Craig voit dans l'insula antérieure le lieu où ces signaux deviennent un ressenti, ce qui expliquerait sa présence dans des expériences très variées (Craig, 2009).

Le désagrément d'une douleur, on l'a vu, suit l'activité du cortex cingulaire antérieur (Rainville, 1997). L'insula, qui travaille en réseau avec lui (Ferraro et al., 2022), participerait aussi à ce qui rend une douleur pénible. Dire que « l'insupportable se décide » dans l'insula serait aller trop loin : aucune étude ne le montre, c'est une simple image.

Chez les personnes qui souffrent depuis longtemps, comparées en groupe à des personnes sans douleur, l'insula réagit différemment. Une méta-analyse de 2022 a regroupé des études d'imagerie menées pendant une douleur provoquée, chez des patients douloureux chroniques et chez des personnes sans douleur. Le résultat le plus constant concerne l'insula antérieure gauche, dont la réactivité est déréglée chez les patients (Ferraro et al., 2022). Les auteurs notent que les méta-analyses précédentes ne trouvaient pas d'altération commune : le sujet reste ouvert.

Une des hypothèses est que le cerveau, à force de recevoir le signal, finit par l'attendre et le surveiller. Le lien entre l'insula et l'effet de l'hypnose sur une douleur chronique reste, lui aussi, une hypothèse de travail. Aucune étude ne montre qu'une séance « règle » l'insula.

Ce que l'hypnose change dans le cerveau, et ce qu'elle ne change pas

En 2017, une équipe de l'université Stanford a observé le cerveau pendant l'hypnose. Elle a retenu 57 personnes très réceptives ou très peu réceptives, choisies parmi 545 volontaires en bonne santé. Pendant l'hypnose, l'activité d'une zone de vigilance, le cortex cingulaire antérieur dorsal, baissait. Le cortex préfrontal, qui oriente l'attention, devenait plus relié à l'insula (Jiang et al., 2017).

On peut lire ces résultats ainsi : la partie qui décide reprend la main sur la partie qui amplifie. Cette lecture reste une hypothèse, car l'étude portait sur des personnes en bonne santé, sans douleur chronique. Ce que montre l'imagerie du cerveau pendant l'hypnose, au-delà de la douleur, est expliqué dans que fait le cerveau pendant l'hypnose.

Ce que l'hypnose ne change pas doit être dit aussi clairement. Elle ne répare ni un disque, ni un nerf, ni un cartilage. Elle ne remplace ni le médecin, ni le kinésithérapeute, ni les médicaments prescrits. Elle agit sur la façon dont la douleur est perçue et vécue, et c'est déjà beaucoup quand elle dure depuis des mois.

Que disent les études sur l'hypnose et la douleur chronique ?

Deux méta-analyses donnent une idée assez juste de ce que l'on sait aujourd'hui.

Étude Ce qui a été testé Ce qu'on peut en dire
Thompson et al., 2019 85 essais, 3 632 volontaires sains, douleur provoquée en laboratoire Avec une suggestion directe d'analgésie, baisse de la douleur de 42 % chez les très réceptifs et de 29 % chez les moyennement réceptifs ; bénéfice minime chez les peu réceptifs
Langlois et al., 2022 9 essais randomisés, 530 patients, douleur chronique des muscles, des articulations ou des nerfs, hypnose ou autohypnose Effet modéré sur l'intensité de la douleur et sur sa gêne au quotidien ; net à partir de 8 séances, non significatif en dessous

La méta-analyse de Thompson et al. (2019) montre que l'hypnose peut soulager une douleur, mais en laboratoire, chez des volontaires sains. Ses auteurs le disent eux-mêmes : il faut des essais de qualité chez les patients douloureux chroniques. C'est ce qu'apporte la revue de Langlois et al. (2022), la plus utile pour cette page. Elle conclut qu'un traitement d'au moins huit séances pourrait être une approche complémentaire efficace.

Le rapport de l'Inserm (2015) n'a pas évalué la douleur chronique : la revue Cochrane sur ce sujet n'était alors qu'en préparation. Son résumé fait une remarque générale, appuyée sur des études qualitatives, surtout sur l'accouchement : l'hypnose réduirait l'impact émotionnel de la douleur plus que son intensité. Si c'est le cas, les essais qui ne mesurent que l'intensité peuvent passer à côté. Toutes ces études donnent des moyennes de groupe, qui ne prédisent pas ce qu'une séance produira pour vous. Le rapport est résumé dans ce que dit l'Inserm sur l'efficacité de l'hypnose.

Combien de séances d'hypnose pour une douleur chronique ?

Le nombre dépend de la problématique : une douleur installée depuis dix ans dans le dos ne se travaille pas comme une douleur de quelques mois. Le seul repère chiffré sérieux vient des études. Dans la revue de Langlois, l'effet était net dans les essais qui comptaient huit séances ou plus, et non significatif dans ceux qui en comptaient moins.

Mieux vaut le savoir avant de commencer : aucune séance ne fait de miracle à elle seule. Pour une douleur chronique, il faut prévoir un travail sur plusieurs semaines. Le rythme entre les séances et leur durée sont expliqués dans combien de séances d'hypnose prévoir.

Comment se passe le travail en séance ?

L'aide-mémoire d'hypnoanalgésie de Dunod rappelle que la douleur chronique relève d'une clinique bien différente de la douleur aiguë, avec un accompagnement plus long. Le travail commence par une description précise de la sensation : chaude, froide ou brûlante, sourde ou lancinante, avec parfois une couleur, une taille, une forme.

Le praticien choisit ensuite ses suggestions selon la personne, et elles peuvent changer d'une séance à l'autre. L'ouvrage en donne plusieurs exemples. On peut partir d'un souvenir de froid qui engourdit, comme une bataille de boules de neige sans gants. On peut aussi demander à la personne de décrire sa douleur comme un objet, puis l'inviter à en changer une dimension, la couleur par exemple. Le même livre précise ce que demande le plus souvent une personne douloureuse : être soulagée de ce qui rend la douleur intolérable, plus que de toute sensation.

Ce que la douleur a pris dans la vie (le sommeil, le travail, la place dans le couple, le découragement) peut aussi se travailler en Gestalt-thérapie. Dans mes séances d'hypnose, je garde d'ailleurs ma position de Gestalt-thérapeute. Le déroulé d'une séance d'hypnose, de l'entrée en transe au retour, est décrit dans les mythes et la réalité de l'hypnose.

Comment je travaille avec une douleur chronique

Diplômé de l'Institut Français d'Hypnose Ericksonienne et Humaniste (IFHE), je pratique l'hypnose depuis 2014, avec plus de 2 000 séances à ce jour.

Je reçois des personnes pour une douleur chronique. Le nombre de séances dépend de la problématique. L'hypnose ne remplace pas le suivi médical.

Très souvent, je propose un exercice court d'autohypnose à refaire chez soi entre les séances. Pendant les séances, j'explique à la personne, dans son processus, ce qu'elle peut faire au quotidien : c'est une autohypnose personnalisée. Je ne donne pas d'enregistrement audio : l'exercice reste très individualisé.

En visio, il me faut surtout un bon son et voir la personne ; je donne la priorité au son, qui est déterminant pour moi.

Les études sur la douleur citées par l'aide-mémoire de Dunod portaient sur une pratique quotidienne de l'autohypnose. La façon de l'apprendre, et ses limites, sont décrites dans apprendre l'autohypnose.

Pour qui, et quand voir d'abord un médecin ?

L'hypnose s'adresse aux personnes dont la douleur a déjà été explorée par un médecin, et pour qui le traitement en cours ne suffit pas. Elle vient en complément, jamais à la place.

  • Une douleur nouvelle, ou qui change de nature, demande d'abord un avis médical.
  • Une douleur accompagnée de fièvre ou d'une perte de poids inexpliquée aussi.
  • N'arrêtez jamais un traitement de vous-même parce que vous commencez l'hypnose.

Quand la douleur résiste, le médecin peut orienter vers une structure spécialisée dans la douleur chronique. Le guide de la HAS cite l'hypnose parmi les approches qui peuvent y être proposées.

Une douleur qui dure use le moral. Si le découragement tourne aux idées noires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.

Questions fréquentes sur l'hypnose et la douleur chronique

L'hypnose marche-t-elle pour la fibromyalgie ?

L'aide-mémoire de Dunod cite la fibromyalgie parmi les douleurs où l'autohypnose a été étudiée. La revue de Langlois regroupe des douleurs musculaires, articulaires et nerveuses de toutes sortes, et son résumé ne donne pas de résultat à part pour la fibromyalgie. On peut donc dire que l'hypnose y a été étudiée, pas promettre un résultat.

Une seule séance peut-elle suffire ?

Pour une douleur chronique, c'est peu probable. Dans les essais regroupés par Langlois et ses collègues, l'effet n'était net qu'à partir de huit séances. Une séance peut apaiser un moment, mais le travail se fait sur plusieurs semaines.

Peut-on faire l'hypnose pour la douleur en visio ?

Oui, les séances ont lieu au cabinet ou en visio sur Zoom. À distance, la qualité du son compte plus que tout pour moi, et j'ai besoin de voir la personne. Le cadre est décrit dans la page sur la thérapie en visio.

L'hypnose est-elle remboursée ?

Chez un hypnothérapeute qui n'est ni médecin ni psychologue, les séances ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie. Certaines mutuelles prévoient un forfait pour ce type de consultation : renseignez-vous auprès de la vôtre.

Et si je suis peu réceptif à l'hypnose ?

La méta-analyse de Thompson montre un bénéfice minime chez les personnes peu réceptives, en laboratoire. En pratique, on ne le sait vraiment qu'en essayant. Si l'hypnose ne vous convient pas, il y a d'autres chemins à explorer.

Sources

  • Haute Autorité de santé (2023). Parcours de santé d'une personne présentant une douleur chronique. Guide. has-sante.fr
  • Langlois P., Perrochon A., David R. et al. (2022). Hypnosis to manage musculoskeletal and neuropathic chronic pain: a systematic review and meta-analysis. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 135, 104591. doi.org/10.1016/j.neubiorev.2022.104591
  • Thompson T., Terhune D. B. et al. (2019). The effectiveness of hypnosis for pain relief: a systematic review and meta-analysis of 85 controlled experimental trials. Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 99, 298-310. doi.org/10.1016/j.neubiorev.2019.02.013
  • Rainville P., Duncan G. H., Price D. D., Carrier B., Bushnell M. C. (1997). Pain affect encoded in human anterior cingulate but not somatosensory cortex. Science, 277(5328), 968-971. doi.org/10.1126/science.277.5328.968
  • Jiang H., White M. P., Greicius M. D., Waelde L. C., Spiegel D. (2017). Brain activity and functional connectivity associated with hypnosis. Cerebral Cortex, 27(8), 4083-4093. doi.org/10.1093/cercor/bhw220
  • Craig A. D. (2009). How do you feel, now? The anterior insula and human awareness. Nature Reviews Neuroscience, 10(1), 59-70. doi.org/10.1038/nrn2555
  • Ferraro S. et al. (2022). Dysregulated anterior insula reactivity as robust functional biomarker for chronic pain: meta-analytic evidence from neuroimaging studies. Human Brain Mapping, 43(3), 998-1010. doi.org/10.1002/hbm.25702
  • Inserm (2015). Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose. Rapport. inserm.fr
  • Célestin-Lhopiteau I., Bioy A. (coord.) (2014). L'aide-mémoire d'hypnoanalgésie et d'hypnosédation en 43 notions. Dunod, Paris.
  • Bear M. F., Connors B. W., Paradiso M. A. (2016). Neurosciences : à la découverte du cerveau. Chapitre « Système sensoriel somatique ».

Les autres motifs pour lesquels on consulte en hypnose, et le cadre des séances, sont présentés sur la page hypnose thérapeutique au Cabinet du Faubourg.

Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio. Mise à jour le 2 novembre 2026.

Si votre douleur a déjà été explorée par un médecin et que vous voulez essayer l'hypnose en complément, une séance dure 80 minutes (100 €), au Cabinet du Faubourg ou en visio sur Zoom.

Réserver votre séance

L'hypnose ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. Si une douleur est nouvelle, change ou s'aggrave, consultez votre médecin ; en cas d'idées noires, appelez le 3114.

📅 Réserver votre séance
G★★★★★4,9 sur Google · 66 avis