Faire le point sur son couple, c’est se donner un rendez-vous régulier, 15 minutes ou plus chaque semaine, pour se dire ce qui a compté, ce qui a pesé et ce dont chacun a besoin. Ce temps sert à vérifier que la relation reste ajustée à l’un et à l’autre : un couple s’use rarement faute d’efforts, plutôt quand les efforts ne vont plus dans le même sens.
Cette page explique pourquoi une relation peut fatiguer alors que chacun fait de son mieux, puis donne le bilan de la semaine, temps par temps, avec ce que la recherche en dit et ce qu’elle n’a pas testé. Pour la thérapie de couple au Cabinet du Faubourg en général, voyez la page thérapie de couple à Paris 12 et en visio.
Le bilan de couple : l’essentiel
Une fois par semaine, à deux et au calme, pendant 15 minutes ou plus, toujours au même moment et au même endroit, choisis par le couple.
Avant de commencer, on fait le point sur sa fatigue ; on peut par exemple la situer de 1 à 5. Si l’un des deux est épuisé, on reporte le bilan.
Viennent ensuite six temps, dans cet ordre :
- ce qui m’a touché ;
- le moment où je me suis senti proche de l’autre ;
- ma plus grande difficulté, et le soutien que j’attends ;
- ce dont j’ai besoin ;
- ce que nous pourrions améliorer à deux ;
- ce que je demande à l’autre de transformer, et ce qu’il me demande.
Chacun parle de soi, à son tour. On laisse un silence avant de répondre, et on s’arrête à l’heure prévue.
Le bilan suppose de pouvoir parler sans crainte. En cas de peur de l’autre ou de violences, appelez le 3919.
Pourquoi une relation peut épuiser alors que chacun fait des efforts
Quand un couple me dit qu’il s’épuise malgré sa bonne volonté, j’y lis ceci : cela parle des efforts de chacun, qui ne sont pas vraiment harmonisés. Chacun donne, mais pas dans la même direction ni au même rythme. L’un multiplie les attentions pendant que l’autre attend surtout qu’on l’écoute, et les deux finissent par se sentir peu reconnus.

L’infographie propose une grille de lecture en quatre plans : le sens, la communication, la qualité des échanges et le rythme. Ce n’est pas une loi : elle aide à repérer l’endroit où les efforts se perdent.
Sait-on vers quoi l’on va ensemble ?
Quand chacun imagine l’avenir à sa façon, les priorités se heurtent et chaque décision devient un bras de fer. Ce qui se joue alors est décrit dans la page sur la lutte de pouvoir dans le couple. Si la fatigue vient d’une période plus large, la page sur les crises du couple aide à la situer.
Dit-on ce que l’on attend de l’autre ?
Beaucoup d’attentes ne sont jamais dites. On devine ce que l’autre veut, on suppose qu’il a compris, et le malentendu s’installe sans bruit. Dire clairement ce que l’on attend, puis vérifier qu’on s’est compris, change déjà beaucoup. La communication non violente en couple donne des outils précis pour cela.
Au quotidien, plutôt critique ou plutôt soutien ?
Les petits gestes comptent. Dans une étude où des couples tenaient un journal chaque jour, la reconnaissance ressentie envers le partenaire allait de pair avec une meilleure qualité de la relation, pour les deux membres du couple (Algoe et al., 2010). Une autre équipe a observé que les personnes qui se sentent appréciées par leur partenaire lui sont plus reconnaissantes. Et les partenaires reconnaissants sont plus attentifs aux besoins de l’autre et restent plus souvent ensemble avec le temps (Gordon et al., 2012).
Le rythme, entre trop près et trop loin
Chacun a son propre besoin de proximité et de temps pour soi. Les Gestalt-thérapeutes norvégiennes Gro Skottun et Åshild Krüger décrivent l’être humain comme pris entre deux besoins qui se contrarient : celui d’être proche et celui de garder de la distance (Gestalt Therapy Practice, 2022). Dans l’ouvrage collectif dirigé par Ansel Woldt et Sarah Toman, le chapitre consacré au couple va plus loin. Selon ses auteurs, ce qui met le plus souvent un couple en difficulté n’est pas le manque d’intimité, mais la mauvaise façon de prendre la distance dont chacun a besoin. Quand l’un se fond dans l’autre, la Gestalt parle de confluence, expliquée dans la page sur les interruptions du contact.
Le corps n’est pas étranger à tout cela. Une méta-analyse de 126 articles, portant sur plus de 72 000 personnes, montre que la qualité de la relation de couple va de pair avec la santé, avec des effets petits, du même ordre que ceux de l’alimentation. Ces études ne prouvent pas que l’un cause l’autre (Robles et al., 2014).
Le bilan de la semaine, en sept temps
Le bilan donne un moyen simple de vérifier, chaque semaine, que vos efforts vont encore dans le même sens. Les questions se posent à la première personne : chacun parle de ce qu’il a vécu et laisse de côté ce que l’autre aurait mal fait.

0. Où en est ma fatigue ?
Avant chaque échange, il est très important pour moi de mesurer son niveau de fatigue, parce qu’il joue sur la tolérance et sur la façon d’accueillir l’autre. Si l’un des deux est épuisé, je conseille de reporter le bilan à un autre jour plutôt que de le forcer.
Une façon simple de mesurer sa fatigue, proposée par l’infographie : chacun se situe sur une jauge allant de 1, reposé, à 5, épuisé, et le dit à l’autre en une phrase.
Une étude va dans ce sens. Quand les deux partenaires avaient peu dormi, la discussion d’un problème de couple était plus hostile que lorsque l’un des deux au moins avait dormi davantage (Wilson et al., 2017). Sentir où l’on en est, au lieu de passer outre, rejoint ce que la Gestalt appelle l’awareness.
1. Appréciation
« Cette semaine, qu’est-ce que l’autre a fait qui m’a touché ? » On commence par ce qui a fait du bien, un geste précis, même petit. Ce début met chacun en confiance pour la suite.
2. Lien
« À quel moment de la semaine me suis-je senti le plus proche de l’autre ? » Il s’agit de repérer les instants où l’on s’est retrouvés, souvent plus nombreux qu’on ne le croyait.
3. Ce qui a été difficile
« Qu’est-ce que j’ai le plus mal vécu cette semaine, ou quelle a été ma plus grande difficulté ? Où ai-je besoin de soutien ? » La difficulté ne vient pas forcément du couple : le travail, la famille ou les amis pèsent aussi. La dire permet à l’autre de comprendre une humeur qu’il aurait pu prendre pour lui.
4. Besoins
« De quoi ai-je le plus besoin en ce moment ? » On dit son besoin, sans attendre que l’autre y réponde tout de suite. Le dire suffit déjà à le rendre visible.
5. À améliorer ensemble
« Quelle petite chose pourrions-nous améliorer à deux ? » Une seule, concrète, pensée pour vous deux. Viser une liste entière décourage vite.
6. Demandes
« Qu’est-ce que je demande à l’autre de transformer ? Et qu’est-ce que l’autre souhaite me demander de transformer ? » Chacun formule une demande précise et écoute celle de l’autre. Une demande n’est pas un reproche. En séance, face à un reproche, je pose cette question : « Quel besoin se cache derrière ce reproche ? » La même question peut servir à la maison.
Trois consignes pour que le bilan reste un bilan
- Chacun parle à son tour. Pendant que l’un parle, l’autre ne coupe pas.
- On laisse 20 à 30 secondes de silence avant de répondre. C’est la consigne que je donne aux couples. Pendant ce silence, on ressent ce qui se passe à l’intérieur de soi : comment cela nous touche, et ce que cela touche en nous.
- On s’arrête à l’heure prévue, même si tout n’a pas été dit. La semaine suivante reprendra ce qui reste.
Que dit la recherche sur les bilans réguliers ?
À notre connaissance, aucune étude ne teste un bilan hebdomadaire mené à deux, sans professionnel. La recherche a évalué autre chose, et il faut le dire honnêtement.
Le programme américain Marriage Checkup propose aux couples un bilan avec un professionnel, une fois par an. Dans un essai portant sur 215 couples mariés, deux bilans à un an d’écart ont amélioré l’intimité et le sentiment d’être accepté par l’autre, avec des effets petits à moyens, suivis sur deux ans (Cordova et al., 2014). Une reprise au Danemark, auprès de 233 couples reçus en cabinet privé, a trouvé des effets petits après le premier bilan, plus nets après le second ; ses auteurs parlent de résultats préliminaires (Trillingsgaard et al., 2016). Plus largement, une méta-analyse de 117 études sur les programmes d’éducation au couple trouve des effets modestes sur la qualité de la relation et la communication (Hawkins et al., 2008).
L’idée d’un rendez-vous régulier n’est pas neuve. Virginia Satir faisait commencer par les appréciations la réunion qu’elle conseillait aux familles, la « lecture de température », pour poser la confiance avant les soucis (The Satir Model, 1991). Le psychologue américain John Gottman et son institut proposent de leur côté une conversation hebdomadaire entre partenaires, qu’ils appellent « State of the Union » (Gottman Institute). Ces idées sont voisines, mais elles ne prouvent pas que le bilan de cette page fonctionne.
Quand le bilan tourne à la dispute
Cela arrive. S’il y a dispute, c’est qu’il y a désaccord. Plutôt que d’insister, je conseille de revenir assez vite à une question simple : « Sur quoi sommes-nous d’accord ? » Repartir de ce point commun renoue le lien avant de reprendre le sujet. C’est la même question que je pose aux couples pris dans un bras de fer où chacun veut avoir raison.
Parler en « je » plutôt qu’en « tu » aide aussi : « je me suis senti seul mardi » s’entend mieux que « tu n’es jamais là ». Si la même dispute revient chaque semaine, la page se disputer tout le temps en couple explique ce mécanisme. Et si rien ne bouge malgré les bilans, voyez les signes qui doivent faire consulter.
Le bilan suppose que chacun puisse parler sans crainte. Quand l’un des deux craint la réaction de l’autre, la priorité est de se mettre à l’abri et de demander de l’aide : appelez le 3919 (Violences Femmes Info), gratuit et anonyme, ou le 17 en cas de danger immédiat, et consultez le site arretonslesviolences.gouv.fr.
Comment je travaille avec ce bilan
Je propose aux couples de prendre 15 minutes ou plus chaque semaine pour parler de leur relation : leurs difficultés, leurs demandes, ce qu’ils ont mal vécu. C’est une routine que je propose, pour créer et nourrir l’intimité du couple. Je conseille de ritualiser ce rendez-vous : toujours le même créneau et le même endroit, choisis par le couple, pour que chacun puisse s’y préparer et « sacraliser » ce moment.
J’ai gardé quatre questions classiques (l’appréciation, le lien, ce que l’on peut améliorer ensemble, les besoins) et j’en ai ajouté deux. La première invite chacun à partager sa plus grande difficulté de la semaine, même en dehors du couple, et l’endroit où il a besoin de soutien. La seconde porte sur ce que je peux demander à l’autre de transformer, et ce que l’autre peut me demander de transformer.
Avant chaque échange, je fais mesurer son niveau de fatigue. Le cadre reste celui de mes séances : parler de soi et pas de l’autre, de ce que l’on vit et de la façon dont on le vit.
Le bilan se fait à la maison, à deux. En séance, nous sommes trois, et je ne le refais pas tel quel : j’y travaille surtout la qualité de l’expression, pour que chacun parte de son besoin plutôt que du reproche.
Ce que j’observe : les couples qui prennent le temps de se retrouver renforcent leur intimité relationnelle et leur lien.
Faire ce point avec un thérapeute de couple
Quand les bilans tournent en rond, ou quand l’un des deux n’arrive plus à parler, un tiers aide à retrouver le fil. Une séance de couple dure 1 h 20 : 140 € au cabinet, à Paris 12e, et 120 € en visio sur Zoom. Je reçois du lundi au mercredi de 14 h à 23 h, au cabinet ou en visio, et le jeudi en visio uniquement. En visio, chaque partenaire peut se connecter de son côté. Le déroulé est décrit dans la première séance de thérapie de couple ; si votre partenaire refuse de venir, voyez la thérapie de couple quand on vient seul.
Questions fréquentes sur le bilan de couple
Faire le point toutes les semaines, ce n’est pas trop ?
Le bilan prend 15 minutes ou plus. Je le propose chaque semaine, au même moment et au même endroit, pour que chacun puisse s’y préparer, et pour créer et nourrir l’intimité du couple. Il ne s’agit pas de tout régler à chaque fois : on s’arrête à l’heure prévue.
Et si mon partenaire ne veut pas faire le point ?
Rien ne sert de l’exiger. Vous pouvez commencer par dire vous-même ce qui vous a touché dans la semaine, sans rien demander en retour. Si le dialogue reste fermé, un travail est possible seul : voyez la page sur la thérapie de couple quand l’autre ne vient pas.
Faut-il un questionnaire ou un test pour faire le bilan de son couple ?
Non. Les questions de cette page suffisent. Un test donne un score ; le bilan sert à se parler et à s’écouter, ce qu’aucun score ne fait à votre place.
Peut-on faire le point en couple à distance ?
Oui, le bilan peut se faire en appel vidéo, avec les mêmes consignes. Pour une thérapie quand vous vivez dans deux villes ou deux pays, voyez la thérapie de couple à distance.
Un bilan peut-il remplacer une thérapie de couple ?
Non, pas quand les disputes reviennent sans cesse, quand l’un des deux souffre de la situation ou quand l’un a peur de l’autre. Dans ce dernier cas, appelez le 3919, et le 17 si le danger est immédiat.
Sources
- Cordova J. V., Fleming C. J. E., Morrill M. I. et al. (2014). The Marriage Checkup: a randomized controlled trial of annual relationship health checkups. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 82(4), 592-604. doi.org/10.1037/a0037097
- Trillingsgaard T., Fentz H. N., Hawrilenko M., Cordova J. V. (2016). A randomized controlled trial of the Marriage Checkup adapted for private practice. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 84(12), 1145-1152. doi.org/10.1037/ccp0000141
- Hawkins A. J., Blanchard V. L., Baldwin S. A., Fawcett E. B. (2008). Does marriage and relationship education work? A meta-analytic study. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 76(5), 723-734. doi.org/10.1037/a0012584
- Algoe S. B., Gable S. L., Maisel N. C. (2010). It’s the little things: everyday gratitude as a booster shot for romantic relationships. Personal Relationships, 17(2), 217-233. doi.org/10.1111/j.1475-6811.2010.01273.x
- Gordon A. M., Impett E. A., Kogan A., Oveis C., Keltner D. (2012). To have and to hold: gratitude promotes relationship maintenance in intimate bonds. Journal of Personality and Social Psychology, 103(2), 257-274. doi.org/10.1037/a0028723
- Wilson S. J., Jaremka L. M., Fagundes C. P. et al. (2017). Shortened sleep fuels inflammatory responses to marital conflict: emotion regulation matters. Psychoneuroendocrinology, 79, 74-83. doi.org/10.1016/j.psyneuen.2017.02.015
- Robles T. F., Slatcher R. B., Trombello J. M., McGinn M. M. (2014). Marital quality and health: a meta-analytic review. Psychological Bulletin, 140(1), 140-187. doi.org/10.1037/a0031859
- Skottun G., Krüger Å. (2022). Gestalt Therapy Practice: Theory and Experiential Learning. Routledge, chapitres sur le contact et la confluence.
- Woldt A. L., Toman S. M. (dir.) (2005). Gestalt Therapy: History, Theory, and Practice. Sage, chapitre sur la thérapie de couple.
- Satir V., Banmen J., Gerber J., Gomori M. (1991). The Satir Model: Family Therapy and Beyond. Science and Behavior Books.
- The Gottman Institute. How to Have a State of the Union Meeting. gottman.com
Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute, hypnothérapeute et thérapeute de couple au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio. Mise à jour le 3 novembre 2026.
Si vos bilans tournent en rond ou si l’un de vous n’arrive plus à parler, une séance de couple dure 1 h 20 : 140 € au cabinet, 120 € en visio sur Zoom.
Le bilan de couple aide à se parler ; il ne remplace ni un avis médical ni une thérapie. En cas de peur ou de violences dans le couple, appelez le 3919 (gratuit, anonyme) ou le 17 en cas de danger immédiat.