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Après une infidélité : peut-on reconstruire le couple ?

Reconstruire le couple après une infidélité : l’essentiel

Oui, un couple peut se reconstruire après une infidélité. Les études présentées plus bas montrent que des couples touchés par une infidélité progressent en thérapie de couple, même quand ils arrivent plus en détresse que les autres. Les approches citées sur cette page décrivent un même ordre : regarder d’abord la blessure, comprendre ensuite ce qui s’est produit et ce que cela dit de la relation, puis décider ensemble de la suite, qui peut aussi être une séparation.

Un essai américain de 2005 va dans ce sens : les couples dont l’infidélité avait été dite avant ou pendant le suivi ont progressé au moins autant que les autres. Une séance de couple dure 1 h 20 et coûte 140 € au cabinet (Paris 12e) ou 120 € en visio.

Que faire, et que ne pas faire, dans les premiers jours ?

La découverte d’une infidélité peut provoquer un effondrement. La psychologue américaine Shirley Glass parle même, dans le sous-titre de son livre, du « traumatisme de la trahison » (Not « Just Friends », Free Press, 2003). Le psychiatre Laurent Schmitt décrit les émotions qui s’expriment alors : la peine, l’incompréhension, le sentiment d’injustice, la tristesse (Premiers pas en psychothérapie, Elsevier Masson, 2010, p. 112-113).

Ces émotions ne disent pas pour autant ce que deviendra le couple : dans les études citées plus bas, des couples arrivés très en détresse ont ensuite progressé.

Ne pas prendre de décision définitive à chaud

Faut-il partir tout de suite, ou tout pardonner pour que la douleur s’arrête ? Un résultat invite à se donner du temps : dans l’étude menée en Allemagne et en Autriche, présentée plus bas, les couples touchés par une infidélité progressaient encore une demi-année après leur dernière séance. Rien ne presse donc pour vendre l’appartement, annoncer une séparation à la famille ou promettre que « tout est oublié ».

Protéger les enfants

Laurent Schmitt observe que, lorsqu’un couple se déchire, les enfants deviennent souvent les instruments du conflit : on en fait des messagers, des témoins, parfois des juges (p. 111). Les tenir à l’écart des détails de l’infidélité leur épargne ce rôle. On peut leur dire, avec des mots simples, que les parents traversent un moment difficile et qu’ils s’en occupent.

Se confier, et être écouté autrement

Laurent Schmitt le remarque : la personne qui consulte s’est en général déjà confiée à des amis, à des proches, à sa famille. L’entretien avec un thérapeute apporte autre chose, un apaisement qui vient du sentiment d’être écouté et une façon différente de réfléchir à ce qui s’est passé (p. 117-118).

Quelles étapes traversent souvent les couples ?

Les quatre temps qui suivent ne forment pas un programme. Ce sont des repères, tirés des auteurs cités sur cette page.

Le choc. C’est le temps de la trahison et, parfois, de l’effondrement. Le Gottman Institute défend l’idée de laisser la personne blessée exprimer sa colère, son ressentiment, sa peur et son sentiment de rejet, plutôt que de chercher à calmer ces émotions (programme « Treating Affairs and Trauma »). Si la jalousie s’installe durablement après la découverte, voyez quand la jalousie s’installe après la découverte.

Le récit. La personne trompée a besoin de comprendre ce qui s’est passé. Laurent Schmitt décrit deux questions qui reviennent dans ces moments : qu’est-ce qui s’est passé, et qu’est-ce qui fait le plus mal ? Il note aussi que la douleur est d’autant plus forte qu’elle réveille des blessures plus anciennes, que le couple avait recouvertes (p. 112-113). Le but du récit est de retrouver des repères fiables.

Le sens. Vient ensuite la question de ce que l’infidélité dit de la relation, et de chacun. Pour Stéphane Wioland, elle est bien souvent un symptôme de la relation, né d’une accumulation de non-dits et de besoins non exprimés (voir l’encadré plus bas). Comprendre n’est pas excuser : celui qui a trompé reste responsable de son choix. Apprendre à dire ces besoins sans attaquer s’apprend : voyez comment dire un besoin à son conjoint avec la CNV.

La décision. Rester, partir, ou se donner encore du temps. La séparation fait partie des issues possibles, comme le montre la section qui lui est consacrée plus bas.

John Gottman et Julie Schwartz Gottman décrivent un parcours proche en trois phases, qu’ils appellent réparer la faute, se réaccorder puis se rattacher (« atone, attune, attach »), présentées dans le même programme. Dans ce modèle, la confiance se reconstruit après que la blessure a été regardée, pas avant.

Infidélité physique, infidélité émotionnelle : quelle différence pour le couple ?

Une relation peut-elle blesser autant sans aucun geste physique ? Pour Shirley Glass, oui. Elle définit l’infidélité comme tout lien secret, sexuel, amoureux ou affectif, qui rompt un engagement d’exclusivité, et elle estime qu’une liaison affective peut abîmer un couple plus encore qu’une aventure sexuelle (entretien de Shirley Glass sur CBS News).

Elle propose une image simple : un couple solide a des murs face à l’extérieur et des fenêtres ouvertes entre les deux partenaires. Dans une liaison, même sans sexualité, le schéma s’inverse. Une fenêtre s’ouvre vers une tierce personne, et un mur s’élève dans le couple. Parmi les signes qu’une amitié a franchi la limite, elle cite le secret : on cesse peu à peu de parler de cette personne à son partenaire.

Esther Perel, dans The State of Affairs (Harper, 2017), rappelle que les personnes infidèles ne cherchent pas toujours à quitter leur partenaire. Selon elle, elles cherchent parfois une autre version d’elles-mêmes, une part d’elles qu’elles ne trouvent plus dans leur vie actuelle. Cette lecture n’excuse rien et ne retire rien à la douleur de celui qui a été trompé.

Pour le travail en couple, une question compte alors davantage que la frontière entre « physique » et « émotionnel » : quel accord, peut-être jamais dit, chacun a-t-il vécu comme rompu ?

Que montrent les études sur la thérapie de couple après une infidélité ?

Trois études publiées donnent des repères. Leurs auteurs en signalent eux-mêmes les limites.

Atkins et ses collègues, 2005. Dans un essai clinique randomisé de thérapie de couple portant sur 134 couples, 19 couples étaient concernés par une infidélité. Ils arrivaient plus en détresse que les autres. Pourtant, ceux qui avaient révélé l’infidélité avant ou pendant la thérapie semblent avoir davantage progressé en satisfaction que les couples sans infidélité (Journal of Consulting and Clinical Psychology, 2005). Les auteurs parlent eux-mêmes d’une étude exploratoire : 19 couples, c’est peu.

Atkins et ses collègues, 2010. Une seconde analyse, menée en Allemagne et en Autriche, compare 145 couples concernés par une infidélité à 385 couples venus pour d’autres raisons. Au départ, les premiers sont plus en détresse et ont plus de symptômes dépressifs. Ils continuent pourtant de progresser jusqu’à la fin de la thérapie et six mois après, au point de ne plus se distinguer des autres couples (Journal of Family Psychology, 2010). Limite signalée par les auteurs : beaucoup de données manquantes.

Peluso, Irvine et Marquez, 2026. Cette étude suit 35 couples ayant terminé une thérapie selon la méthode Gottman après une infidélité. Les deux partenaires vont mieux en fin de thérapie, et l’on observe que plus celui qui a été infidèle montre de confiance et d’engagement au départ, plus son partenaire retrouve confiance et engagement à la fin (Psychotherapy Research, 2026). L’étude n’a pas de groupe de comparaison, et seuls les couples allés au bout de la thérapie sont comptés.

Ces études portent sur des couples volontaires, qui avaient choisi de consulter ensemble. Elles ne promettent pas que chaque couple restera uni. Elles montrent que l’infidélité ne condamne pas d’avance le travail en couple, et que celui-ci peut aider les deux partenaires, y compris sur le plan de l’humeur.

Ce que la Gestalt-thérapie apporte : ce qui se passe entre vous maintenant

La Gestalt-thérapie travaille sur ce qui se passe entre les partenaires au moment présent : comment ils se parlent, s’évitent, se cherchent. Le chapitre sur le couple de Gestalt Therapy: History, Theory, and Practice (Woldt et Toman, Sage, 2005) range l’infidélité parmi les ruptures de la frontière du couple, au même titre que les addictions ou un travail qui envahit tout. Pour ses auteurs, ces ruptures sont une bonne raison d’entreprendre une thérapie de couple.

Gordon Wheeler et Lena Axelsson reprennent une image de Paul Goodman : la séance comme une « urgence sans danger » (Gestalt Therapy, American Psychological Association, 2015). Les vieilles réactions se réveillent, comme dans la vie, mais en présence d’un tiers qui aide à les ralentir et à les regarder. Après une infidélité, la dispute qui explose à la maison peut ainsi, en séance, être ralentie et regardée à deux.

Un exemple composite

L’exemple qui suit est composé à partir de plusieurs situations ; il ne décrit aucune personne réelle. Hélène découvre que David échange depuis des mois des messages intimes avec une collègue. En séance, elle revient sans cesse aux mêmes questions sur les dates et les mots employés. David répond, puis se ferme. Le travail porte moins sur les messages eux-mêmes que sur ce moment précis où David se ferme et où Hélène insiste davantage. David finit par dire qu’il se ferme ainsi depuis longtemps, bien avant la collègue, dès qu’Hélène est inquiète. Hélène, elle, découvre qu’elle insiste parce qu’elle ne se sent pas entendue. Ce qui se rejoue sous leurs yeux devient alors un point de départ, quelle que soit la décision qu’ils prendront ensuite. Quand ce va-et-vient entre celui qui insiste et celui qui se ferme revient à chaque dispute, la page sur les disputes qui reviennent sans cesse dans le couple décrit cette boucle.

Philip Brownell décrit une femme décidée à rester avec son mari infidèle, mais qui n’arrivait pas à lâcher prise : sa tête voulait avancer, son cœur voulait se protéger (Gestalt Therapy: A Guide to Contemporary Practice, Springer, 2010).

Comment je travaille cela en séance

Lors de la première séance après la découverte, j’explique que l’infidélité est bien souvent un symptôme de la relation, et qu’il est possible de réajuster les fondations de cette relation.

La personne trompée peut vivre une trahison forte, parfois un effondrement. Pour moi, l’infidélité vient avant tout d’une accumulation de non-dits et de besoins non exprimés. Le mensonge est souvent une protection de soi ou de l’autre, ce qui amène à des situations désastreuses.

Faut-il des séances séparées ou ensemble ? Que faire si la liaison continue ? Cela dépend des situations, du contexte et de la volonté de chacun. Parfois, je joue le rôle de médiateur. Certains couples choisissent de prendre de la distance après la découverte : la page sur la pause dans le couple détaille les règles à fixer avant.

Pardonner, est-ce obligatoire ?

Non. Aucune des études ni des approches citées sur cette page ne fait du pardon une condition pour avancer.

Un maintien du couple par culpabilité a même un coût. Le médecin et thérapeute Alexander Lowen observait que la culpabilité installée dans un couple nourrit le ressentiment des deux côtés. Celui qui agit par culpabilité en veut à l’autre, et l’autre lui en veut en retour (The Betrayal of the Body, 1967, p. 273).

Quand la séparation est-elle la meilleure issue ?

Parfois, le travail en couple aboutit à une séparation. Le chapitre sur le couple de l’ouvrage de Woldt et Toman note que certains couples arrivent en séance « trop tard », alors qu’un accord, parfois jamais formulé, de mettre fin à la relation est déjà là. L’un attend alors un miracle, l’autre attend que la thérapie échoue.

Laurent Schmitt rapproche le vécu d’une séparation de celui d’un deuil : il faut accepter l’idée du « plus jamais » (p. 111).

Si vous traversez ce moment, la page sur la rupture amoureuse et la façon de la traverser peut vous aider. La page renforcer son couple ou se séparer aborde aussi cette question plus largement.

Si l’infidélité s’accompagne de violences ou de menaces

La découverte d’une infidélité peut déclencher des réactions graves : menaces, surveillance du téléphone imposée, contrôle des sorties, coups. Rien de cela n’est une réaction « normale » à la trahison, quelle que soit la douleur. La violence peut venir de l’un comme de l’autre partenaire.

Dans ces situations, la sécurité de chacun passe avant tout travail de couple. En France, le 3919 (Violences Femmes Info) est gratuit et anonyme, 24 heures sur 24. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou envoyez un SMS au 114. Votre médecin peut aussi vous orienter. Si des idées noires apparaissent, le 3114 (prévention du suicide) répond jour et nuit.

Comment se passe une thérapie de couple après une infidélité ?

Les séances de couple durent 1 h 20 et réunissent en général les deux partenaires ; selon la situation, des séances séparées sont aussi possibles. Elles ont lieu au cabinet, 82 rue du Faubourg Saint-Antoine (métro Ledru-Rollin), pour 140 €, ou en visio pour 120 €, du lundi au mercredi de 14 h à 23 h, et le jeudi en visio uniquement. Le déroulé général est décrit sur la page comment se déroule une thérapie de couple, durée et prix. Pour savoir à quoi vous attendre, la page sur la première séance de thérapie de couple décrit son déroulé.

Si vous vivez dans deux villes différentes, chacun peut se connecter de son côté : voir la thérapie de couple à distance, chacun chez soi. Et si vous vous demandez si l’écran change quelque chose, la page sur l’efficacité de la thérapie de couple en ligne fait le point sur les études. L’approche générale est présentée sur la page principale de la thérapie de couple à Paris 12 et en visio, et la page sur les différentes crises que traverse un couple replace l’infidélité parmi les autres épreuves.

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Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour se remettre d’une infidélité ?

Il n’y a pas de durée fixe. Dans l’étude d’Atkins et ses collègues (2010), les couples concernés continuaient de progresser jusqu’à six mois après la fin de la thérapie.

Faut-il tout savoir sur la liaison pour avancer ?

Le psychiatre Laurent Schmitt ne s’en tient pas au récit des faits : il invite aussi la personne à dire ce qui, pour elle, est le plus douloureux (Premiers pas en psychothérapie, p. 112-113).

Une thérapie de couple est-elle utile si la liaison continue ?

Tout dépend du contexte et de ce que veut chacun. Des séances séparées ou ensemble, ou une thérapie individuelle, peuvent alors aider chacun à y voir plus clair sur ce qu’il veut.

Et si mon partenaire refuse de venir en thérapie de couple ?

Vous pouvez commencer seul ou seule. Le travail porte alors sur ce que vous vivez et sur ce que vous voulez pour la suite. Une thérapie individuelle au cabinet ou en visio peut être un premier pas. Vous pouvez aussi lire la page sur la thérapie de couple seul(e), quand le partenaire ne veut pas venir.

Le thérapeute va-t-il prendre parti ?

Non. Le rôle du thérapeute de couple est de ne pas arbitrer, de ne pas distribuer les torts, et de permettre aux deux partenaires d’être entendus. La recherche va dans ce sens : quand le lien de confiance avec le thérapeute est déséquilibré entre les partenaires, la thérapie donne de moins bons résultats (Friedlander et al., 2018).

Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute, au Cabinet du Faubourg, Paris 12e. Il est en supervision, avec plus de 250 heures de supervision cumulées. Mise à jour le 27 octobre 2026.

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Cet accompagnement ne remplace pas un suivi ou un traitement médical. En cas de détresse importante, parlez-en à votre médecin ou appelez le 3114 (prévention du suicide, joignable depuis la France). En cas de violences conjugales, appelez le 3919. Hors de France, contactez les secours locaux.

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