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La boussole des personnalités : les troubles de la personnalité relus par la Gestalt

Le DSM-5 décrit dix troubles de la personnalité, rangés en trois groupes : A (décrits comme bizarres ou excentriques : paranoïaque, schizoïde, schizotypique), B (dramatiques, émotifs ou erratiques : antisociale, borderline, histrionique, narcissique) et C (anxieux ou craintifs : évitante, dépendante, obsessionnelle-compulsive). La boussole des personnalités, une grille de lecture gestaltiste, relit ces portraits sur cinq axes : la sensibilité, l’humeur, la dépendance, l’agressivité et le comportement. On parle de trouble quand une personne reste figée au bout d’un axe, et de santé quand elle peut passer d’un pôle à l’autre selon la situation.

Cette page ne pose aucun diagnostic : seul un psychiatre ou un psychologue clinicien le fait, au cours d’entretiens.

La boussole des personnalités : l’essentiel

Le DSM-5 (Association américaine de psychiatrie) compte dix troubles de la personnalité, répartis en trois groupes, A, B et C.

La boussole est une grille gestaltiste à cinq axes. Chaque axe a deux pôles, et les troubles décrits par le DSM se trouvent aux extrêmes.

Sur cette grille, la santé tient à la souplesse : pouvoir aller vers un pôle ou vers l’autre quand la situation le demande. Se tenir toujours au milieu n’en est pas le signe.

Un trait de caractère marqué n’est pas un trouble. On parle de trouble quand le trait est rigide, envahissant et source de souffrance.

Le questionnaire d’auto-observation donne un profil sur les cinq axes, jamais le nom d’un trouble.

Qu’est-ce qu’un trouble de la personnalité ?

Le manuel de l’Association américaine de psychiatrie le définit ainsi : une manière durable de vivre les choses et de se conduire, qui s’écarte nettement de ce qu’attend la culture de la personne. Envahissante et rigide, elle apparaît à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, reste stable et fait souffrir ou gêne la vie (DSM-IV-TR, traduction Guelfi et Crocq ; même définition reprise pour le DSM-5 par Serban Ionescu dans 15 approches de la psychopathologie).

L’Assurance maladie parle plus simplement de traits d’une intensité inhabituelle et rigides, qui pèsent sur la vie de tous les jours et rendent moins capable de s’adapter. Ces troubles exposent davantage à la dépression, à l’anxiété et aux addictions (ameli.fr).

Un point surprend souvent : la personne concernée ne vit pas toujours son trouble comme un problème, car ces façons d’être font partie d’elle (Cyrille Bouvet et Abdel Halim Boudoukha, Les 22 grandes notions de la psychologie clinique et de la psychopathologie, Dunod, 2021). Ce sont souvent les conséquences, une rupture ou un conflit, qui l’amènent à consulter.

Trait de personnalité ou trouble : où passe la frontière ?

Un trait de personnalité est une façon stable de percevoir les autres, de penser et d’entrer en relation. Pour le DSM, il ne devient un trouble que s’il est rigide, mal adapté, et cause une souffrance ou une gêne importante. L’intensité d’un moment ne suffit pas : on peut être très méfiant pendant une période difficile sans avoir une personnalité paranoïaque.

La Gestalt-thérapie regarde la même frontière depuis la relation. Philip Brownell explique que chacun a un style de contact avec les autres ; quand ce style devient fixe, rigide et source de problèmes relationnels, on commence à soupçonner un trouble de la personnalité (Gestalt Therapy: A Guide to Contemporary Practice, Springer, ch. 9). La question utile n’est donc pas « suis-je comme ceci ? », mais « est-ce que je peux faire autrement quand il le faut ? ».

Les 10 troubles de la personnalité en 3 groupes (A, B, C)

Groupe Comment le DSM le décrit Troubles Ce qui domine
A Bizarres ou excentriques Paranoïaque, schizoïde, schizotypique La méfiance, le retrait, des perceptions ou des idées inhabituelles
B Dramatiques, émotifs ou erratiques Antisociale, borderline, histrionique, narcissique L’impulsivité, l’intensité des émotions, le besoin d’attention ou d’admiration, le mépris des règles
C Anxieux ou craintifs Évitante, dépendante, obsessionnelle-compulsive La peur du jugement, de la séparation ou de l’erreur
  • La personnalité paranoïaque se marque par une méfiance soupçonneuse envers les autres, dont les intentions sont lues comme malveillantes.
  • La personnalité schizoïde se tient à l’écart des relations et exprime peu d’émotions.
  • La personnalité schizotypique associe une gêne aiguë dans les relations proches, des perceptions ou des idées étranges et une conduite excentrique.
  • La personnalité antisociale méprise les droits des autres et tend à les transgresser.
  • La personnalité borderline se reconnaît à une impulsivité marquée et à l’instabilité des relations, de l’image de soi et des émotions.
  • La personnalité histrionique réagit de façon émotionnelle excessive et cherche l’attention.
  • La personnalité narcissique associe un sentiment de grandeur, un besoin d’être admiré et un manque d’empathie.
  • La personnalité évitante se sent inhibée en société et doute d’être à la hauteur ; elle est très sensible au jugement négatif.
  • La personnalité dépendante a un besoin excessif d’être prise en charge, qui la pousse à se soumettre et à redouter la séparation.
  • La personnalité obsessionnelle-compulsive est préoccupée par l’ordre, la perfection et le contrôle, au détriment de la souplesse.

Le DSM lui-même juge ces groupes utiles pour l’enseignement et la recherche, mais limités : une même personne présente souvent des traits de plusieurs groupes (DSM-IV-TR, chapitre « Troubles de la personnalité »). Les Manuels MSD ajoutent que la plupart des personnes concernées ont aussi un autre trouble, anxiété ou dépression, qui le masque souvent.

Pourquoi le DSM n’a plus d’« axes » depuis 2013

Le DSM-IV classait chaque situation sur cinq axes : troubles cliniques (axe I), troubles de la personnalité et retard mental (axe II), maladies physiques (III), problèmes psychosociaux (IV) et fonctionnement global (V). Le DSM-5, en 2013, a supprimé ce système et réuni tous les diagnostics sur un seul plan (Bouvet et Boudoukha, 2021).

Les cinq axes de la boussole n’ont aucun rapport avec ceux-là : ils décrivent des tendances entre deux pôles, alors que ceux du DSM-IV servaient de rubriques de classement.

Ce que changent le modèle alternatif du DSM-5 et la CIM-11

Les classifications officielles s’éloignent elles-mêmes des cases. La section III du DSM-5 propose un modèle alternatif à cinq grands domaines de traits : l’affectivité négative, le détachement, l’antagonisme, la désinhibition et le psychoticisme (Oldham, World Psychiatry, 2015).

La CIM-11 de l’Organisation mondiale de la santé, en vigueur depuis 2022, va plus loin. Elle ne garde qu’un diagnostic de trouble de la personnalité (code 6D10), précisé par un degré de gravité puis par les domaines de traits marqués, dont l’anankastie, c’est-à-dire le besoin de contrôle et de perfection. Un « motif borderline » a été gardé en option, après de longs débats (Tyrer et al., Annual Review of Clinical Psychology, 2019). On passe ainsi de catégories à des dimensions, avec des degrés : c’est aussi l’esprit de la boussole.

La boussole des personnalités : 5 axes, 10 pôles

Cette grille m’a été transmise pendant ma formation en Gestalt-thérapie à l’IFFP, d’après Serge Ginger, qui a fait connaître la Gestalt en France. Je n’ai plus le manuel d’où elle venait. Je l’ai redessinée pour mes propres supports. Je la présente ici comme une grille de lecture, mise en regard des trois groupes du DSM-5, qui aide à comprendre sans servir à classer quelqu’un.

La boussole des personnalités, d'après Serge Ginger : cinq axes en étoile, sensibilité, humeur, dépendance, agressivité et comportement. Au centre, peu de mouvement ; autour, un anneau de souplesse ; au-delà, le figement. Aux extrêmes : paranoïaque, schizoïde, narcissique, dépendante, obsessionnelle-compulsive, histrionique, antisociale. Le borderline frôle tous les pôles à la fois.
La boussole des personnalités : cinq axes à deux pôles et le cercle de souplesse. Les noms de troubles n’apparaissent qu’aux extrêmes. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

La boussole a aussi des points cardinaux. En haut, on trouve la maîtrise, et en bas la dépendance. À gauche, l’intériorisation : ce qu’on garde en soi. À droite, l’extériorisation : ce qu’on met dehors. Dans les coins, l’activité en haut à droite et la passivité en bas à gauche.

Les petites scènes qui suivent sont composites. Elles mêlent des situations fréquentes et ne décrivent personne.

L’axe de la sensibilité : hypersensible ou insensible

À un pôle, la personne perçoit tout, au dedans comme au dehors, jusqu’au moindre changement de ton. À l’autre, elle sent peu, ou se met à distance.

Souple, l’hypersensibilité repère vite qu’un ami va mal ; l’insensibilité garde la tête froide quand tout s’agite. Aux extrêmes, la grille place la maîtrise des idées et la méfiance, du côté de la personnalité paranoïaque, et le retrait de l’autre, du côté des personnalités schizoïde et schizotypique.

En réunion, Inès entend dans chaque remarque une critique cachée, et passe la soirée à la ruminer. Son collègue, lui, n’a rien remarqué du malaise de l’équipe. Ni l’un ni l’autre n’a de trouble ; chacun a une pente.

L’axe de l’humeur et des affects : activité ou vide

D’un côté, l’élan, l’envie de faire, parfois jusqu’au stress ; de l’autre, le vide, le manque d’envie, la fatigue de tout.

Aux extrêmes de cet axe, la grille place la manie et la dépression, qui relèvent des troubles de l’humeur (le trouble bipolaire, par exemple) et sortent du champ des troubles de la personnalité. L’axe sert ici à repérer votre rythme d’énergie.

Souple, l’activité mène un projet au bout ; le vide, souple, ressemble au repos. Thibault, lui, enchaîne les dossiers sans pause jusqu’au vendredi, puis s’effondre tout le week-end sans pouvoir se lever du canapé. Il passe d’un bout à l’autre sans jamais traverser le milieu.

Deux questions pour cet axe : qu’est-ce qui vous active ? Qu’est-ce qui vous démotive ?

L’axe de la dépendance : besoin de l’autre ou fausse autonomie

À un pôle, on a besoin de l’autre pour décider, se rassurer, exister. À l’autre, on affirme n’avoir besoin de personne : la grille parle de « fausse autonomie », une indépendance affichée qui tient l’autre à distance.

Souple, le besoin de l’autre permet de demander de l’aide ; l’autonomie, de se débrouiller seul. Aux extrêmes, la grille situe la personnalité dépendante d’un côté, et la personnalité narcissique de l’autre, qui se veut sans besoin de personne.

Margot ne choisit pas un restaurant sans demander l’avis de son compagnon, et s’inquiète dès qu’il tarde à répondre. Son frère refuse toute aide pour son déménagement et finit seul, épuisé, en disant que « c’était plus simple ». Cet axe se rejoue souvent dans le couple, où chacun peut tenir un pôle pour deux.

L’axe de l’agressivité : vers l’autre ou vers soi

Le mot agressivité désigne ici une énergie qui va vers l’extérieur ou se retourne vers soi. Tournée vers l’autre, elle sert à dire non et à poser une limite ; tournée vers soi, sous une forme souple, à se remettre en question.

Aux extrêmes, la grille place d’un côté la personnalité antisociale, qui transgresse les droits des autres. De l’autre côté, elle parle de personnalité « masochiste » : la dévalorisation, la recherche d’une perfection impossible, une façon de se mettre en échec. Ce terme appartient à la grille, pas au DSM : une personnalité « autodestructrice » figurait en annexe du DSM-III-R, en 1987, puis a été retirée.

Après une remarque de son responsable, Romain claque la porte et répond par un message cinglant. Sa collègue, pour la même remarque, se répète toute la nuit qu’elle est nulle. La même colère a pris deux directions.

Les questions de cet axe : qu’est-ce qui vous rend agressif envers les autres ? Et qu’est-ce qui vous rend agressif envers vous-même ?

L’axe du comportement : rigide ou labile

Cet axe pose une question très gestaltiste : est-ce que je m’ajuste, ou non ? À un pôle, la rigidité : des règles et des rituels qui ne bougent pas. À l’autre, la labilité : on change d’avis, d’humeur ou de projet au gré du moment.

Souple, la rigueur tient un cadre ; la labilité permet d’improviser quand le plan tombe à l’eau. Aux extrêmes, la grille place la personnalité obsessionnelle-compulsive du côté rigide, et la personnalité histrionique du côté labile. La personnalité borderline n’a pas de pôle fixe : la grille la montre frôlant tous les pôles à la fois.

Élise ne peut pas commencer sa journée si la cuisine n’est pas rangée dans un ordre précis, et un imprévu la met hors d’elle. Son ami décide le matin de partir en week-end et annule le soir même. La Gestalt appelle ajustement créateur une réponse neuve à une situation neuve ; à l’extrême de cet axe, la réponse est écrite d’avance.

Une personnalité peu mobile, souple ou figée ? Ce que dit le cercle

La boussole est entourée de cercles. Au centre, la personne reste près du milieu de chaque axe, sans souffrance particulière, mais avec peu de mouvement. Dans l’anneau qui l’entoure, elle va vers un pôle ou vers l’autre selon la situation : c’est la zone de la souplesse. Au-delà, les traits se figent à l’extrême d’un axe, et c’est là que la grille place les portraits du DSM.

« Borderline » veut dire ligne frontière. Sur la boussole, la personnalité borderline n’a pas de pôle propre : elle frôle tous les pôles à la fois, toujours près de la limite entre souplesse et figement.

Cette idée rejoint les auteurs de la Gestalt. Pour Phil Joyce et Charlotte Sills, un fonctionnement sain répond à chaque situation nouvelle par la meilleure position sur l’axe, plutôt que par un automatisme (Skills in Gestalt Counselling & Psychotherapy, Sage, 2014). Gro Skottun et Åshild Krüger, à la suite d’Erving et Miriam Polster, décrivent la tendance à se figer dans une seule image de soi, du genre « je suis quelqu’un qui… » (Gestalt Therapy Practice, Routledge, 2021).

Une position marquée n’est donc pas un problème en soi ; il commence quand on ne peut plus en sortir. Le travail de la Gestalt sur le cycle de contact va dans le même sens : retrouver du choix là où une habitude décide à notre place.

Où se placent les groupes A, B, C sur la boussole ?

Axe Pôle 1 Pôle 2 Personnalités décrites aux extrêmes (DSM-5) Groupe
Sensibilité Hypersensible (maîtrise des idées) Insensible (retrait de l’autre) Paranoïaque ; schizoïde, schizotypique A
Humeur et affects Activité Vide Aucune : manie et dépression sont des troubles de l’humeur Sans objet
Dépendance Fausse autonomie Besoin de l’autre Narcissique ; dépendante B ; C
Agressivité Vers autrui Vers soi Antisociale ; « masochiste » (terme de la grille, hors DSM) B ; hors DSM
Comportement Rigide Labile Obsessionnelle-compulsive ; histrionique (borderline : sans pôle propre, il frôle tous les pôles) C ; B

Vue ainsi, la répartition du DSM prend une forme. Le groupe A se trouve aux deux bouts de l’axe de la sensibilité. Dans le groupe B, les personnalités narcissique et histrionique se trouvent du côté de l’extériorisation ; la personnalité antisociale est au bout de l’axe de l’agressivité tournée vers autrui. Dans le groupe C, les personnalités obsessionnelle-compulsive et dépendante se trouvent du côté de l’intériorisation : la crainte, la retenue, ce qu’on garde pour soi.

Ce rapprochement est proposé par un praticien. Aucune étude ne l’a validé ; il aide à se repérer, il ne permet pas de classer quelqu’un.

Ce que la Gestalt y ajoute : interruptions du contact et contraintes existentielles

La Gestalt-thérapie décrit plusieurs façons d’interrompre le contact avec soi ou avec l’autre : la confluence, l’introjection, la projection, la rétroflexion, l’égotisme et la déflexion. Elles sont détaillées, avec leur forme saine, dans la page sur les interruptions du contact. La grille associe à chaque personnalité extrême celles qui reviennent le plus, et la contrainte existentielle avec laquelle elle se débat.

Personnalité aux extrêmes Interruptions du contact les plus présentes Contrainte existentielle en jeu
Obsessionnelle Rétroflexion, confluence, introjection Responsabilité évitée par l’obéissance aux normes ; perfection recherchée et contrôlée
Narcissique Rétroflexion, projection, égotisme Crainte de la solitude, avec les autres et face à l’existence ; responsabilité mise en avant
Antisociale Égotisme, déflexion, pas de rétroflexion Responsabilité écartée
Borderline Toutes, avec peu de rétroflexion du côté de l’extériorisation ; déflexion, rétroflexion et « invalidation » du côté de l’intériorisation Finitude et solitude, vécue comme terrifiante ; responsabilité évitée ; recherche de sens
Histrionique Déflexion de l’intimité, projection de la séduction, confluence Responsabilité niée ; crainte de la solitude
Dépendante Confluence très marquée, introjection Responsabilité déléguée à autrui ; solitude insupportable
« Masochiste » (terme de la grille) « Invalidation », déflexion, rétroflexion Crainte de la solitude ; perfection recherchée

« Invalidation » est un mot de la grille : il désigne le fait de disqualifier ce qu’on ressent ou ce que l’autre propose. Il ne fait pas partie de la liste classique des interruptions du contact.

La troisième colonne s’appuie sur les contraintes existentielles telles que les présente Noël Salathé. Il en compte six : la solitude, la finitude, la responsabilité, le sens, la perfection et la sexualité. Skottun et Krüger notent que ces grandes questions surgissent souvent quand on travaille sur les pôles d’une personne. Sur la boussole, une personnalité figée est souvent une façon de ne pas regarder l’une d’elles en face.

Reste le diagnostic : pour Brownell, en Gestalt, le sens de ce qui se passe se construit à deux, dans la relation, et non par une étiquette posée sur quelqu’un.

Où en êtes-vous sur chaque axe ? Un questionnaire d’auto-observation

Ce questionnaire situe votre position du moment sur chacun des cinq axes, et votre marge de mouvement entre les pôles. Il compte huit questions par axe, soit quarante en tout. Pour chacune, vous placez une case entre deux phrases opposées, celle qui vous ressemble le plus en ce moment.

Ce n’est pas un test et il ne pose aucun diagnostic. Il ne donne aucun nom de trouble, aucun score global, et rien de ce que vous cochez n’est enregistré ni transmis : le calcul se fait dans votre navigateur. Construit pour cette page à partir de la grille, il n’a pas été validé par une étude.

Pour chaque ligne, cochez l’une des cinq cases entre les deux phrases, selon ce qui vous ressemble le plus en ce moment. La case du milieu veut dire « ni l’un ni l’autre », ou « cela dépend ». Il n’y a pas de bonne réponse. Comptez une dizaine de minutes. Il faut au moins six réponses par axe pour tracer la boussole.

Sensibilité

1. Quand l’ambiance est tendue autour de moi…
je le sens tout de suite, parfois tropsouvent, je ne m’en rends pas compte
2. Mes émotions…
elles me submergent vitej’ai du mal à savoir ce que je ressens
3. Une remarque un peu sèche…
je l’oublie presque aussitôtelle me reste en tête des heures
4. Mon corps (fatigue, tension, faim)…
je le sens très fort, il me parle sans arrêtje m’en aperçois tard, quand ça déborde
5. Un film ou une musique triste…
me bouleverse facilementme laisse plutôt de marbre
6. Quand quelqu’un me confie sa peine…
je comprends, mais ça ne me touche pas beaucoupje la ressens presque comme si c’était la mienne
7. Le bruit, la foule, la lumière forte…
me fatiguent vitene me gênent pas
8. Quand une personne me parle…
je capte aussi ce qu’elle ne dit pas, au point de m’en chargerj’entends surtout ses mots, et je pense déjà à ma réponse

Humeur

9. Au quotidien…
j’ai besoin d’être en mouvement, d’en faire beaucoupje manque souvent d’élan, tout me coûte
10. Quand la pression monte…
j’accélèreje ralentis, je m’éteins
11. Ce qui me met en route…
peu de choses me donnent envie en ce momentbeaucoup de choses m’enthousiasment, parfois trop à la fois
12. Le soir…
j’ai du mal à décrocher, ma tête tourne encoreje me sens vidé(e), sans énergie
13. Une journée sans rien de prévu…
m’agite, je me trouve vite quelque chose à faireme fait glisser, je n’arrive pas à m’y mettre
14. Mes projets…
j’ai du mal à en imaginerj’en lance beaucoup, j’en finis moins
15. Mon humeur ces dernières semaines…
plutôt survoltée, tendueplutôt basse, grise
16. Une bonne nouvelle…
je m’emballe, je fais mille projets d’un coupj’ai du mal à m’en réjouir vraiment

Dépendance

17. Pour une décision importante…
je tranche seul(e), je n’aime pas demanderj’ai besoin de l’avis des autres pour décider
18. Être seul(e)…
ça me ressourceça m’angoisse vite
19. Demander de l’aide…
me vient facilement, parfois avant d’avoir essayém’est difficile, je préfère me débrouiller
20. Quand un proche ne répond pas vite…
je n’y pense pasje m’inquiète, j’imagine qu’il y a un problème
21. Dans un couple ou une amitié…
j’ai besoin de beaucoup d’espace à moij’aime qu’on fasse presque tout ensemble
22. Dire non à quelqu’un que j’aime…
me coûte beaucoup, j’ai peur de le perdrene me pose pas de problème
23. Mon moral…
dépend surtout de moidépend beaucoup de la façon dont les autres me traitent
24. Quand je doute de l’autre dans une relation…
je prends mes distances sans rien direj’ai besoin qu’il me rassure, souvent, quitte à vérifier

Agressivité

25. Quand on me blesse…
je réagis, je le dis, parfois fortje me tais et je m’en veux
26. Après une erreur…
j’en veux surtout aux circonstances ou aux autresje me le reproche longtemps
27. Quand je suis en colère…
je la garde pour moi, elle me rongeça sort, les autres le voient
28. Une critique…
je la conteste ou je contre-attaqueje la prends pour moi, même quand elle est injuste
29. Quand quelque chose ne va pas dans un groupe…
je cherche qui en est responsableje me demande ce que j’ai mal fait
30. Mes paroles dures…
je les adresse plutôt à moi-mêmeje les adresse plutôt aux autres
31. Quand je suis à bout…
je peux devenir cassant(e) avec mon entourageje me néglige ou je me mets en danger
32. Quand quelqu’un me manque de respect…
je le remets à sa place sur-le-champ, parfois durementje dis que ce n’est rien, et je le rumine ensuite

Comportement

33. Face à un imprévu…
j’ai besoin que les choses se passent comme prévuje change de plan très facilement, parfois trop
34. Mes habitudes et mes règles…
elles me rassurent, j’y tiensj’ai du mal à tenir un cadre
35. Mon avis sur une question…
il varie selon la personne à qui je parleune fois fait, j’en change rarement
36. Le rangement, l’ordre…
j’ai besoin que tout soit à sa placeje laisse facilement les choses en vrac
37. Mes envies…
je m’y tiens longtempselles changent vite, je passe d’une chose à l’autre
38. Quand quelqu’un fait autrement que moi…
je m’adapte, quitte à m’oublierj’ai du mal à le laisser faire
39. Mes émotions dans une même journée…
elles restent assez stableselles montent et descendent vite
40. Face à quelque chose de nouveau…
je reste dans ce que je connais, ça me sécuriseje fonce, quitte à me disperser
0 réponse sur 40

Pour lire votre profil, regardez moins la position que la marge : ce qui compte, c’est de pouvoir bouger quand la situation le demande. Si vos réponses vous inquiètent, ou si une façon d’être vous fait souffrir depuis longtemps, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de santé mentale.

Si vous avez des idées de suicide, ou si vous vous inquiétez pour un proche, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.

Peut-on changer sa personnalité ?

Les traits de personnalité sont stables, mais ils ne sont pas figés pour la vie. Les Manuels MSD indiquent que certains troubles, comme les troubles antisocial et borderline, tendent à s’atténuer avec l’âge.

Le trouble borderline est le mieux étudié. Une revue Cochrane de 2020 a réuni 75 essais contrôlés, soit 4 507 participants. Les psychothérapies adaptées réduisent la gravité des symptômes par rapport aux soins habituels, avec un niveau de preuve modéré. Les plus étudiées sont la thérapie comportementale dialectique et la thérapie basée sur la mentalisation ; sur l’automutilation et les idées suicidaires, les preuves restent de faible qualité (Storebø et al., 2020).

À ma connaissance, aucun essai publié n’a évalué la Gestalt-thérapie dans les troubles de la personnalité. Je ne prétends donc pas qu’elle les traite. Pour la Gestalt en général, voyez ce que disent les études sur la Gestalt. Une personne qui souffre d’un trouble de la personnalité a besoin d’un suivi médical, auquel un travail en Gestalt peut parfois s’ajouter.

Comment j’utilise la boussole en séance

J’utilise peu la boussole en séance. Il m’arrive de dessiner un ou deux axes au marqueur sur le miroir du cabinet, pour aider une personne à comprendre ce qui se passe pour elle. C’est ce que j’appelle de la psychopédagogie : expliquer avec une image simple.

Ce n’est jamais un diagnostic. Je suis Gestalt-thérapeute, je ne pose pas de diagnostic psychiatrique, et je ne range personne dans une case du DSM.

Questions fréquentes

Quels sont les 10 troubles de la personnalité ?

Le DSM-5 en décrit dix, en trois groupes : A (paranoïaque, schizoïde, schizotypique), B (antisociale, borderline, histrionique, narcissique) et C (évitante, dépendante, obsessionnelle-compulsive). Le tableau plus haut résume ce qui domine dans chaque groupe.

Quelle différence entre un trait et un trouble de la personnalité ?

Un trait est une façon habituelle d’être et de réagir, que tout le monde possède. Il devient un trouble quand il est rigide, envahissant, présent depuis l’adolescence ou le début de l’âge adulte, et qu’il fait souffrir ou gêne nettement la vie. Être très ordonné est un trait ; ne plus pouvoir vivre avec un imprévu peut relever d’autre chose.

Un test en ligne peut-il dire si j’ai un trouble de la personnalité ?

Non. Un questionnaire en ligne peut aider à réfléchir, mais il ne remplace jamais un diagnostic. Le diagnostic demande des entretiens avec un psychiatre ou un psychologue clinicien. Pour savoir qui fait quoi, voyez qui peut poser un diagnostic.

La boussole des personnalités est-elle un outil du DSM ?

Non. C’est une grille de lecture gestaltiste, mise en regard des trois groupes du DSM-5. Le DSM-5 n’a d’ailleurs plus d’axes depuis 2013, et les cinq axes de la boussole n’ont rien à voir avec ceux de l’ancien DSM-IV.

Est-il possible de se débarrasser d’un trouble de la personnalité ?

Personne ne peut le promettre, mais ce n’est pas une condamnation : certains troubles s’atténuent avec l’âge, et des psychothérapies spécialisées réduisent la gravité du trouble borderline. Le premier pas est d’en parler à un médecin ou à un psychiatre.

Que faire si je reconnais mon conjoint dans un de ces portraits ?

Évitez de lui coller une étiquette : c’est souvent le début d’une impasse. Parlez plutôt de ce qui se passe entre vous et de ce dont vous avez besoin. Ces mouvements se rejouent souvent à deux, comme la lutte de pouvoir dans le couple, et une thérapie de couple peut aider à en sortir. Si vous subissez des violences, appelez le 3919, gratuit et anonyme.

Sources

  • American Psychiatric Association (2022). DSM-5-TR, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, section II (troubles de la personnalité) et section III (modèle alternatif), présenté sur psychiatry.org.
  • American Psychiatric Association. DSM-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, traduction française coordonnée par J. D. Guelfi et M.-A. Crocq, chapitres « Évaluation multiaxiale » et « Troubles de la personnalité ».
  • Oldham J. M. (2015). The alternative DSM-5 model for personality disorders. World Psychiatry, 14(2), 234-236.
  • Tyrer P., Mulder R., Kim Y.-R., Crawford M. J. (2019). The Development of the ICD-11 Classification of Personality Disorders. Annual Review of Clinical Psychology, 15, 481-502.
  • Storebø O. J. et al. (2020). Psychological therapies for people with borderline personality disorder. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD012955.
  • Assurance maladie. Troubles de la personnalité de l’adulte, ameli.fr.
  • Manuels MSD, version grand public. Présentation des troubles de la personnalité.
  • Ionescu S. 15 approches de la psychopathologie. Dunod, chapitre 1.
  • Bouvet C., Boudoukha A. H. (2021). Les 22 grandes notions de la psychologie clinique et de la psychopathologie. Dunod.
  • Brownell P. Gestalt Therapy: A Guide to Contemporary Practice. Springer, chapitre 9, « Assessment in Gestalt Therapy ».
  • Joyce P., Sills C. (2014). Skills in Gestalt Counselling & Psychotherapy, 3e édition. Sage, Londres.
  • Skottun G., Krüger Å. (2021). Gestalt Therapy Practice: Theory and Experiential Learning. Routledge, chapitres sur la théorie du self et sur les polarités.

Pour aller plus loin, voyez les différences entre Gestalt, TCC et psychanalyse, et l’awareness en Gestalt-thérapie, qui aide à remarquer ses mouvements au moment où ils se produisent.

Page écrite par Stéphane Wioland, Gestalt-thérapeute et hypnothérapeute au Cabinet du Faubourg (Paris 12) et en visio. Mise à jour le 6 novembre 2026.

Une position marquée sur un axe se comprend mieux à deux, dans une relation, qu’avec un score. Une séance individuelle dure 45 minutes et coûte 75 € au cabinet, dans le 12e arrondissement de Paris, ou 70 € en visio (Zoom).

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Cette page informe et ne remplace pas un avis médical. Si une façon d’être vous fait souffrir, consultez votre médecin ou un psychiatre ; en cas d’idées noires, appelez le 3114.

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